Entry tags:
The Untamed - Fluff anthologie : Comment faire à trois
Il s'agit d'un petit recueil de ficlets fluffy pour Kujaku basé sur l'ua moderne de notre RP, sur le pairing Xue Yang/Xiao Xingchen/Lan Song. Il y a 2500 mots environ...
Silencieusement, Lan Song remonta le plaid sur les épaules de Xingchen pour le laisser dormir.
Il en avait bien besoin.
Il remarqua alors que Xue Yang l'observait du coin de l'oeil.
"Quoi ?", marmonna-t-il froidement, aussi froidement qu'il pouvait sans élever le ton, ce qui voulait dire pas beaucoup finalement.
- Tu es attentionné, dit simplement Xue Yang.
Lan s'attendait à ce que l'affirmation soit suivie d'une moquerie quelconque, pourtant rien ne vînt.
- Je l'aime, déclara Lan.
Il était fier de ses sentiments pour Xingchen, et d'autant plus maintenant qu'ils avaient été accepté par l'intéressé.
Xue Yang ne pouvait pas le railler pour ça.
Après tout, ils ressentaient tous deux la même chose.
- Tu sais le montrer, répondit Xue Yang.
C'était peut-être la première fois qu'il lui parlait sans agressivité manifeste. Lan Song était à la fois intrigué et sur ses gardes.
- Je...suppose ?
Il ne savait pas quoi répondre à cela, et visiblement Xue Yang ne savait pas non plus comment poursuivre cette conversation. Recroquevillé dans son fauteuil, il détourna la tête, faisant mine de l'ignorer.
Lan ne savait pas comment interpréter ça. Il ne savait pas ce que ça voulait dire.
- Tu veux un café ? Je vais en préparer...
- Ça va faire du bruit non ?, grogna Xue Yang.
Il était soucieux du sommeil de Xingchen. C'était une petite chose, mais ça toucha Lan.
- Pas si j'utilise la cafetière italienne...
Xue Yang se déplia lentement.
- La caf...c'est quoi ?
- C'est dans la cuisine, je vais te montrer. Comme ça, tu pourras aussi t'en servir.
C'était une main tendue, et Lan Song espérait qu'il n'allait pas le regretter. Xue Yang avait toujours des attitudes imprévisibles, c'était impossible de deviner comment il allait prendre l'invitation.
Apparemment, le jeune homme sembla débattre avec lui-même pendant un instant, les sourcils froncés. Lan pinça les lèvres, prêt à recevoir une de ces répliques cinglantes dont il avait le secret.
- OK, grommela Xue Yang en s'extrayant de sa place.
Et c'est ainsi que Lan Song se retrouva à apprendre à Xue Yang comment faire du café avec une cafetière italienne.
La jalousie.
Xue Yang est habitué. Comme un gosse, chaque nouveau jouet qui lui fait envie et qui est inaccessible le met en rage.
Il veut. Maintenant. Tout de suite.
Il n'est pas habitué à partager.
La colère.
C'est enrageant de voir à quel point Xingchen est attaché à Lan Song. Pourquoi ? Que lui trouve-t-il de si intéressant ?
(Xue Yang est mille fois, un million de fois mieux !)
La tendresse et la complicité que partagent Xingchen et Lan Song lui donne envie de vomir.
Le dégoût.
Si Xingchen aime Lan Song, c'est sans doute qu'il y a quelque chose chez lui qui ne le satisfait pas. Quelqu'un comme Xingchen a besoin de quelqu'un de gentil à ses côtés.
(Xue Yang n'est pas gentil)
Lan Song est capable de choses à la fois futiles et importantes, comme d'apporter le thé pile à la bonne heure, de tendre le bras pour aider Xingchen pile quand celui-ci est fatigué de deviner les obstacles, de dire les mots qui soulagent et apaisent.
La tristesse.
Xue Yang aimerait être ça pour Xingchen aussi. Mais il est trop...
Orgueilleux
pour demander à Lan Song des conseils. De toute façon, celui-ci le déteste.
Xue Yang ne l'aime pas non plus.
Mais il ne le déteste pas. Pas vraiment.
Puisque Xingchen l'aime, et que Xingchen est une une petite part de lui, alors une petite part de lui l'aime aussi.
C'est le silence qui alerta Xingchen et le sortit du sommeil. Il tâtonna dans le lit et trouva place vide là où Xue Yang était sensé dormir.
"Il est parti fumer dehors." déclara la voix douce de Lan.
Xingchen tendit la main et Lan la saisit, entremêlant leurs doigts.
- Tu es sûr ? Il va revenir ?
Il s'en voulut de douter, et plus encore de l'imposer à Lan. Il savait que c'était difficile pour ce dernier de le partager, et chaque preuve d'affection pour Xue Yang était une petite éraflure.
Il se rapprocha et de son autre main, toucha le visage de Lan Song, ses lèvres, pour pouvoir les atteindre avec les siennes.
Ils s'embrassèrent doucement, tranquillement, puis Lan s'écarta juste assez pour chuchoter :
- Je suis sûr.
Il l'enlaça et le serra tendrement contre lui. Le coeur de Xingchen battait à tout rompre. Il se lova contre le torse de Lan, l'oreille aux aguets.
La porte ne tarda pas à s'ouvrir.
- Tch...
Il sentit le matelas s'affaisser derrière lui tandis que Xue Yang revenait les rejoindre dans le lit. Il laissa tomber sa veste sur le sol, Xingchen l'entendit glisser et s'en amusa : il ne l'avait pas balancée sur une chaise, ça aurait fait trop de bruit et il ne voulait pas les réveiller. Il ignorait qu'ils l'étaient déjà.
La chaleur de Xue vînt couvrir son dos, et son nez dans sa nuque lui arracha un frisson. Puis un bras vînt se nouer autour de sa taille, sous celui de Lan, et Xue Yang se moula contre lui étroitement, comme un enfant avec son doudou.
Peu à peu, Xingchen se détendit. Il n'avait jamais connu un tel sentiment de paix et de sécurité.
L'esprit calme, apaisé, il se laissa sombrer à nouveau dans le sommeil.
Les cheveux de Xue Yang sont une catastrophe. Xiao Xingchen passe des heures à les démêler, d'autant que Yang ne sait pas rester en place. Il a toujours besoin de bouger, d'aller chercher quelque chose, de manger, de parler.
Il a tout d'un enfant hyperactif, et quelques fois Xingchen se demande si c'est pour cela qu'il est sorti du système scolaire si tôt. Que n'ayant pas été diagnostiqué, il avait laissé de côté par les enseignants, abandonné par le système éducatif.
Cela le rend triste. Xue Yang est d'une intelligence redoutable, il a sa propre culture, ses codes et ses connaissances, il est rusé et très fin, très vif.
C'est injuste que la seule voie qui se soit ouverte à lui soit celle du crime, car il aurait probablement fait des merveilles, quelque soit le travail qu'il aurait choisi.
C'est pourquoi Xingchen ne renonce pas. Il démêle ses cheveux lentement avec le peigne, glissant ses doigts souples dans les noeuds pour les défaire, lissant la belle chevelure brillante. Il fait filer la brosse dans les cheveux soyeux de Xue Yang en lui rappelant çà et là qu'il pourrait faire tellement plus, tellement mieux que ce qu'il fait actuellement. Il n'a pas besoin de voler, lui dit-il, il pourrait gagner sa vie facilement, s'il y mettait du sien.
Il est doué, il est intéressant et il n'aurait aucun mal à trouver une voie plus honnête, lui répète-t-il en lui caressant la tête, savourant le contact.
Il sait que Xue Yang aime ça tout autant qu'il déteste ce qu'il dit. Il ne le croit pas vraiment mais il aime l'entendre. Il ne veut pas se laisser convaincre pourtant ça le rend heureux que l'on croit en lui.
Xingchen n'arrêtera jamais. Il continuera d'encourager Xue Yang dans la bonne direction autant de temps qu'il le faudra.
Depuis qu'ils se connaissent, Lan Song n'a jamais vu Xiao rire autant que depuis qu'il est avec Xue Yang. Ça lui fait mal de devoir l'admettre, mais le jeune homme sait exactement comment amuser leur partenaire, quelle intonation prendre, quelle réplique lancer, mi humoristique, mi cruelle.
Lan Song n'aurait jamais cru que Xiao puisse apprécier une telle impertinence, mais il n'est pas surpris : Xiao a toujours été le plus patient d'eux deux, c'est lui qui aurait dû être professeur.
Xue Yang est sarcastique et ce qu'il dit est souvent méchant, mais Xiao rit comme si ce n'était rien, et vraiment, Lan est impressionné par sa capacité à voir l'enfant rebelle chez Xue Yang, à le traiter comme tel, et à s'en faire aimer.
Avec Xiao, Xue Yang devient plus calme mais tout aussi moqueur, mais jamais, jamais à l'encontre de Xiao. C'est le meilleur indice pour Lan que Xue Yang tient à Xiao, car il ne cherche pas à lui faire du mal, il veut le faire rire.
Lan Song ne sait pas faire cela. Mais il est content que quelqu'un y parvienne, et si ce quelqu'un est Xue Yang, il est bien forcé de l'accepter à leur côté pour un temps.
Même si, à côté de ça, Xue Yang ne se gêne pas pour le railler dès qu'il le peut.
Toutefois, ça ne blesse pas Lan Song, au contraire. Car à chaque fois que Xiao l'entend, il se met en colère, et ces moments-là font fondre le coeur de Lan, parce que Xiao ne rit que pour Xue Yang, mais il ne se met en colère que pour Lan Song.
L'une des activités dont Xingchen a été privé par la cécité est le dessin.
Il n'a jamais été un grand artiste, manquant d'imagination pour créer, mais il aimait regarder des images.
A présent, toutes les images sont dans sa tête.
Il sirote son thé et entend Lan donner des instructions à Xue Yang pendant que celui-ci tente de tracer les symboles qu'ils vont afficher sur la devanture de la clinique. Xue Yang a insisté pour être celui qui le ferait, alors même qu'il n'avait jamais fait de calligraphie de sa vie. Lan Song s'était gardé d'émettre toute protestation devant lui mais Xingchen devinait son manque d'approbation. Pourtant, quand Xue Yang s'y était mis, gâchant feuilles après feuilles en les tartinant de gros pâté d'encre, il avait imposé à Xue Yang de l'écouter pour apprendre, sinon il n'y arriverait pas.
Bien sûr, au départ, Xue Yang avait refusé son aide, le couvrant d'insultes, et Xingchen s'était montré très sec. Il détestait que Xue Yang manque de respect à Lan.
Parfois, il se demandait si Xue Yang n'aimait pas être rabroué. Lorsque ça arrivait, il devenait étonnamment silencieux, et en définitive, il avait finit par docilement écouter les instructions de Lan, même s'il continuait tout de même à bougonner dans sa barbe.
Lan n'était pas un professeur sévère, et il encourageait Xue Yang quand ce dernier s'appliquait. Ce dernier lui chuchotait d'aller se faire foutre, mais Xingchen avait beau être aveugle, il entendait bien dans sa voix qu'il disant cela sans venin.
Peu à peu, Lan s'était détendu, et au son de sa voix, Xingchen devinait qu'il s'était agenouillé à la table basse pour examiner comment Xue Yang traçait ses idéogrammes, et celui-ci ne le repoussait pas. Lorsqu'il eut terminé, il y eut un froissement de feuille et Xue Yang marmonna "C'est bon comme ça ?", ce à quoi Lan émit un bruit d'assentiment discret, qui ravit Xingchen.
Ce n'était pas grand chose, mais ils commençaient à s'entendre un peu mieux. Il était fier de leur évolution, et enchanté d'afficher le résultat de leur collaboration sur la devanture de sa clinique.
La tête posée entre les jambes croisées de Xingchen, la main de ce dernier caressant doucement ses cheveux, Xue Yang écoutait d'une oreille distraite les poèmes récités par Lan Song.
Il n'était pas fan de poésie, mais Xingchen aimait ça, alors il ne disait rien. Même qu'il ne pouvait pas critiquer Lan Song, car ce dernier faisait vraiment un effort pour rendre le texte vivace, il prenait des intonations inhabituelles, avec de l'émotion, et ça troublait Xue Yang qui se disait que c'est peut-être comme ça qu'il devrait être en réalité, que c'était peut-être ce Lan Song dont Xingchen était amoureux, celui qui déclamait de la poésie avec passion.
Il se tourmentait si bien l'esprit là-dessus qu'il en oubliait presque les tendres caresses de Xingchen. Mais parfois, celui-ci se penchait pour déposer un baiser sur son oreille ou son front, lui chuchoter quelques mots d'affection qui lui rappelaient aussi qu'il était aimé et choyé.
Alors il continuait d'écouter. La voix de Lan Song, c'était tout ce que Xingchen pouvait percevoir, alors Xue Yang ferma les yeux pour tenter de se mettre à sa place. Il tendit l'oreille et se laissa bercer par les métaphores, les allitérations et les assonances.
"Lan Song"
Lan s'interrompit au milieu d'un vers. Xingchen lui sourit en posant son index sur ses lèvres.
Xue Yang dormait à poings fermés.
L'envie de hurler est forte, mais Lan Song la retient.
La cuisine est un véritable capharnaüm. Il y a de la farine partout, des ustensiles sales et de la vaisselles disposées en vrac dans l'évier, et Xue Yang en train d'éventer pour chasser la fumée noire qui sort du four vers la fenêtre ouverte.
"Qu'est-ce que tu fous là ?"
- J'ai été alerté par la sonnerie du détecteur de fumée, rétorque Lan. Toi, qu'est-ce que tu fiches ?
Le "fous" lui reste en travers de la gorge, il ne s'abaissera pas à utiliser le même langage que lui mais son agacement l'y pousse et il doit convoquer tout son self control pour s'empêcher de céder.
- C'est l'anniversaire de Xingchen, siffle Xue Yang. Tu as déjà oublié ?
Lan Song, qui en dix ans d'amitié avec Xingchen, n'a jamais oublié une seule fois son anniversaire, et dont le cadeau bien emballé est soigneusement dissimulé au fond de sa penderie, grimace d'énervement.
- Et tu essayes de mettre le feu à sa cuisine ?
- J'essaye de préparer un gâteau !, s'insurge Xue Yang. Mais ces putains de recettes, c'est de la merde ! Ça ne marche pas, ça gonfle pas et c'est....putain !
Il donne un coup de pied dans la poubelle, qui part valdinguer avec fracas contre le mur. Lan Song est à la limite de craquer, mais quelque chose le retient.
- Tu faisais un gâteau...pour Xingchen ?
Xue Yang le fusille d'un regard noir :
- Tu te fous de ma gueule j'te bute, siffle-t-il en resserrant ses doigts sur le manche de sa spatule.
Lan Song n'est pas très impressionné.
- Tu peux faire ça...ou tu peux me laisser t'aider pour essayer de rattraper ce désastre avant qu'il rentre du boulot.
Il jette un coup d'oeil rapide à la pendule du micro-onde.
- Il nous reste à peine deux heures. A toi de voir.
Soudain, les épaules de Xue Yang s'abaissent et il semble se dégonfler comme un ballon.
- Fais chier, murmure-t-il.
Lan Song tourne les talons, prêt à le laisser se débrouiller avec ses problèmes, mais Xue Yang le retient :
- Attends !
Lan le regarde avec commisération. Xue Yang n'est pas à l'aise, il a l'air en colère, mais il demande tout de même :
- File-moi un coup de main. Sois pas vache.
- Demande plus poliment.
Xue Yang grince des dents, mais accepte de faire cette concession :
- Ô Grand Lan Song suprême, daigneras-tu m'apporter ton aide pour créer un délicieux miracle culinaire pour notre Xingchen adoré ?
Le début, Lan n'y fait pas vraiment attention, mais le "notre" finit de le décider, car il y a une acceptance dans ce mot, de la part de Xue Yang, qui lui donne envie de lui donner la sienne.
- Très bien, dit-il en remontant ses manches. Commençons par nettoyer ton bordel, et on va reprendre à zéro...
Silencieusement, Lan Song remonta le plaid sur les épaules de Xingchen pour le laisser dormir.
Il en avait bien besoin.
Il remarqua alors que Xue Yang l'observait du coin de l'oeil.
"Quoi ?", marmonna-t-il froidement, aussi froidement qu'il pouvait sans élever le ton, ce qui voulait dire pas beaucoup finalement.
- Tu es attentionné, dit simplement Xue Yang.
Lan s'attendait à ce que l'affirmation soit suivie d'une moquerie quelconque, pourtant rien ne vînt.
- Je l'aime, déclara Lan.
Il était fier de ses sentiments pour Xingchen, et d'autant plus maintenant qu'ils avaient été accepté par l'intéressé.
Xue Yang ne pouvait pas le railler pour ça.
Après tout, ils ressentaient tous deux la même chose.
- Tu sais le montrer, répondit Xue Yang.
C'était peut-être la première fois qu'il lui parlait sans agressivité manifeste. Lan Song était à la fois intrigué et sur ses gardes.
- Je...suppose ?
Il ne savait pas quoi répondre à cela, et visiblement Xue Yang ne savait pas non plus comment poursuivre cette conversation. Recroquevillé dans son fauteuil, il détourna la tête, faisant mine de l'ignorer.
Lan ne savait pas comment interpréter ça. Il ne savait pas ce que ça voulait dire.
- Tu veux un café ? Je vais en préparer...
- Ça va faire du bruit non ?, grogna Xue Yang.
Il était soucieux du sommeil de Xingchen. C'était une petite chose, mais ça toucha Lan.
- Pas si j'utilise la cafetière italienne...
Xue Yang se déplia lentement.
- La caf...c'est quoi ?
- C'est dans la cuisine, je vais te montrer. Comme ça, tu pourras aussi t'en servir.
C'était une main tendue, et Lan Song espérait qu'il n'allait pas le regretter. Xue Yang avait toujours des attitudes imprévisibles, c'était impossible de deviner comment il allait prendre l'invitation.
Apparemment, le jeune homme sembla débattre avec lui-même pendant un instant, les sourcils froncés. Lan pinça les lèvres, prêt à recevoir une de ces répliques cinglantes dont il avait le secret.
- OK, grommela Xue Yang en s'extrayant de sa place.
Et c'est ainsi que Lan Song se retrouva à apprendre à Xue Yang comment faire du café avec une cafetière italienne.
La jalousie.
Xue Yang est habitué. Comme un gosse, chaque nouveau jouet qui lui fait envie et qui est inaccessible le met en rage.
Il veut. Maintenant. Tout de suite.
Il n'est pas habitué à partager.
La colère.
C'est enrageant de voir à quel point Xingchen est attaché à Lan Song. Pourquoi ? Que lui trouve-t-il de si intéressant ?
(Xue Yang est mille fois, un million de fois mieux !)
La tendresse et la complicité que partagent Xingchen et Lan Song lui donne envie de vomir.
Le dégoût.
Si Xingchen aime Lan Song, c'est sans doute qu'il y a quelque chose chez lui qui ne le satisfait pas. Quelqu'un comme Xingchen a besoin de quelqu'un de gentil à ses côtés.
(Xue Yang n'est pas gentil)
Lan Song est capable de choses à la fois futiles et importantes, comme d'apporter le thé pile à la bonne heure, de tendre le bras pour aider Xingchen pile quand celui-ci est fatigué de deviner les obstacles, de dire les mots qui soulagent et apaisent.
La tristesse.
Xue Yang aimerait être ça pour Xingchen aussi. Mais il est trop...
Orgueilleux
pour demander à Lan Song des conseils. De toute façon, celui-ci le déteste.
Xue Yang ne l'aime pas non plus.
Mais il ne le déteste pas. Pas vraiment.
Puisque Xingchen l'aime, et que Xingchen est une une petite part de lui, alors une petite part de lui l'aime aussi.
C'est le silence qui alerta Xingchen et le sortit du sommeil. Il tâtonna dans le lit et trouva place vide là où Xue Yang était sensé dormir.
"Il est parti fumer dehors." déclara la voix douce de Lan.
Xingchen tendit la main et Lan la saisit, entremêlant leurs doigts.
- Tu es sûr ? Il va revenir ?
Il s'en voulut de douter, et plus encore de l'imposer à Lan. Il savait que c'était difficile pour ce dernier de le partager, et chaque preuve d'affection pour Xue Yang était une petite éraflure.
Il se rapprocha et de son autre main, toucha le visage de Lan Song, ses lèvres, pour pouvoir les atteindre avec les siennes.
Ils s'embrassèrent doucement, tranquillement, puis Lan s'écarta juste assez pour chuchoter :
- Je suis sûr.
Il l'enlaça et le serra tendrement contre lui. Le coeur de Xingchen battait à tout rompre. Il se lova contre le torse de Lan, l'oreille aux aguets.
La porte ne tarda pas à s'ouvrir.
- Tch...
Il sentit le matelas s'affaisser derrière lui tandis que Xue Yang revenait les rejoindre dans le lit. Il laissa tomber sa veste sur le sol, Xingchen l'entendit glisser et s'en amusa : il ne l'avait pas balancée sur une chaise, ça aurait fait trop de bruit et il ne voulait pas les réveiller. Il ignorait qu'ils l'étaient déjà.
La chaleur de Xue vînt couvrir son dos, et son nez dans sa nuque lui arracha un frisson. Puis un bras vînt se nouer autour de sa taille, sous celui de Lan, et Xue Yang se moula contre lui étroitement, comme un enfant avec son doudou.
Peu à peu, Xingchen se détendit. Il n'avait jamais connu un tel sentiment de paix et de sécurité.
L'esprit calme, apaisé, il se laissa sombrer à nouveau dans le sommeil.
Les cheveux de Xue Yang sont une catastrophe. Xiao Xingchen passe des heures à les démêler, d'autant que Yang ne sait pas rester en place. Il a toujours besoin de bouger, d'aller chercher quelque chose, de manger, de parler.
Il a tout d'un enfant hyperactif, et quelques fois Xingchen se demande si c'est pour cela qu'il est sorti du système scolaire si tôt. Que n'ayant pas été diagnostiqué, il avait laissé de côté par les enseignants, abandonné par le système éducatif.
Cela le rend triste. Xue Yang est d'une intelligence redoutable, il a sa propre culture, ses codes et ses connaissances, il est rusé et très fin, très vif.
C'est injuste que la seule voie qui se soit ouverte à lui soit celle du crime, car il aurait probablement fait des merveilles, quelque soit le travail qu'il aurait choisi.
C'est pourquoi Xingchen ne renonce pas. Il démêle ses cheveux lentement avec le peigne, glissant ses doigts souples dans les noeuds pour les défaire, lissant la belle chevelure brillante. Il fait filer la brosse dans les cheveux soyeux de Xue Yang en lui rappelant çà et là qu'il pourrait faire tellement plus, tellement mieux que ce qu'il fait actuellement. Il n'a pas besoin de voler, lui dit-il, il pourrait gagner sa vie facilement, s'il y mettait du sien.
Il est doué, il est intéressant et il n'aurait aucun mal à trouver une voie plus honnête, lui répète-t-il en lui caressant la tête, savourant le contact.
Il sait que Xue Yang aime ça tout autant qu'il déteste ce qu'il dit. Il ne le croit pas vraiment mais il aime l'entendre. Il ne veut pas se laisser convaincre pourtant ça le rend heureux que l'on croit en lui.
Xingchen n'arrêtera jamais. Il continuera d'encourager Xue Yang dans la bonne direction autant de temps qu'il le faudra.
Depuis qu'ils se connaissent, Lan Song n'a jamais vu Xiao rire autant que depuis qu'il est avec Xue Yang. Ça lui fait mal de devoir l'admettre, mais le jeune homme sait exactement comment amuser leur partenaire, quelle intonation prendre, quelle réplique lancer, mi humoristique, mi cruelle.
Lan Song n'aurait jamais cru que Xiao puisse apprécier une telle impertinence, mais il n'est pas surpris : Xiao a toujours été le plus patient d'eux deux, c'est lui qui aurait dû être professeur.
Xue Yang est sarcastique et ce qu'il dit est souvent méchant, mais Xiao rit comme si ce n'était rien, et vraiment, Lan est impressionné par sa capacité à voir l'enfant rebelle chez Xue Yang, à le traiter comme tel, et à s'en faire aimer.
Avec Xiao, Xue Yang devient plus calme mais tout aussi moqueur, mais jamais, jamais à l'encontre de Xiao. C'est le meilleur indice pour Lan que Xue Yang tient à Xiao, car il ne cherche pas à lui faire du mal, il veut le faire rire.
Lan Song ne sait pas faire cela. Mais il est content que quelqu'un y parvienne, et si ce quelqu'un est Xue Yang, il est bien forcé de l'accepter à leur côté pour un temps.
Même si, à côté de ça, Xue Yang ne se gêne pas pour le railler dès qu'il le peut.
Toutefois, ça ne blesse pas Lan Song, au contraire. Car à chaque fois que Xiao l'entend, il se met en colère, et ces moments-là font fondre le coeur de Lan, parce que Xiao ne rit que pour Xue Yang, mais il ne se met en colère que pour Lan Song.
L'une des activités dont Xingchen a été privé par la cécité est le dessin.
Il n'a jamais été un grand artiste, manquant d'imagination pour créer, mais il aimait regarder des images.
A présent, toutes les images sont dans sa tête.
Il sirote son thé et entend Lan donner des instructions à Xue Yang pendant que celui-ci tente de tracer les symboles qu'ils vont afficher sur la devanture de la clinique. Xue Yang a insisté pour être celui qui le ferait, alors même qu'il n'avait jamais fait de calligraphie de sa vie. Lan Song s'était gardé d'émettre toute protestation devant lui mais Xingchen devinait son manque d'approbation. Pourtant, quand Xue Yang s'y était mis, gâchant feuilles après feuilles en les tartinant de gros pâté d'encre, il avait imposé à Xue Yang de l'écouter pour apprendre, sinon il n'y arriverait pas.
Bien sûr, au départ, Xue Yang avait refusé son aide, le couvrant d'insultes, et Xingchen s'était montré très sec. Il détestait que Xue Yang manque de respect à Lan.
Parfois, il se demandait si Xue Yang n'aimait pas être rabroué. Lorsque ça arrivait, il devenait étonnamment silencieux, et en définitive, il avait finit par docilement écouter les instructions de Lan, même s'il continuait tout de même à bougonner dans sa barbe.
Lan n'était pas un professeur sévère, et il encourageait Xue Yang quand ce dernier s'appliquait. Ce dernier lui chuchotait d'aller se faire foutre, mais Xingchen avait beau être aveugle, il entendait bien dans sa voix qu'il disant cela sans venin.
Peu à peu, Lan s'était détendu, et au son de sa voix, Xingchen devinait qu'il s'était agenouillé à la table basse pour examiner comment Xue Yang traçait ses idéogrammes, et celui-ci ne le repoussait pas. Lorsqu'il eut terminé, il y eut un froissement de feuille et Xue Yang marmonna "C'est bon comme ça ?", ce à quoi Lan émit un bruit d'assentiment discret, qui ravit Xingchen.
Ce n'était pas grand chose, mais ils commençaient à s'entendre un peu mieux. Il était fier de leur évolution, et enchanté d'afficher le résultat de leur collaboration sur la devanture de sa clinique.
La tête posée entre les jambes croisées de Xingchen, la main de ce dernier caressant doucement ses cheveux, Xue Yang écoutait d'une oreille distraite les poèmes récités par Lan Song.
Il n'était pas fan de poésie, mais Xingchen aimait ça, alors il ne disait rien. Même qu'il ne pouvait pas critiquer Lan Song, car ce dernier faisait vraiment un effort pour rendre le texte vivace, il prenait des intonations inhabituelles, avec de l'émotion, et ça troublait Xue Yang qui se disait que c'est peut-être comme ça qu'il devrait être en réalité, que c'était peut-être ce Lan Song dont Xingchen était amoureux, celui qui déclamait de la poésie avec passion.
Il se tourmentait si bien l'esprit là-dessus qu'il en oubliait presque les tendres caresses de Xingchen. Mais parfois, celui-ci se penchait pour déposer un baiser sur son oreille ou son front, lui chuchoter quelques mots d'affection qui lui rappelaient aussi qu'il était aimé et choyé.
Alors il continuait d'écouter. La voix de Lan Song, c'était tout ce que Xingchen pouvait percevoir, alors Xue Yang ferma les yeux pour tenter de se mettre à sa place. Il tendit l'oreille et se laissa bercer par les métaphores, les allitérations et les assonances.
"Lan Song"
Lan s'interrompit au milieu d'un vers. Xingchen lui sourit en posant son index sur ses lèvres.
Xue Yang dormait à poings fermés.
L'envie de hurler est forte, mais Lan Song la retient.
La cuisine est un véritable capharnaüm. Il y a de la farine partout, des ustensiles sales et de la vaisselles disposées en vrac dans l'évier, et Xue Yang en train d'éventer pour chasser la fumée noire qui sort du four vers la fenêtre ouverte.
"Qu'est-ce que tu fous là ?"
- J'ai été alerté par la sonnerie du détecteur de fumée, rétorque Lan. Toi, qu'est-ce que tu fiches ?
Le "fous" lui reste en travers de la gorge, il ne s'abaissera pas à utiliser le même langage que lui mais son agacement l'y pousse et il doit convoquer tout son self control pour s'empêcher de céder.
- C'est l'anniversaire de Xingchen, siffle Xue Yang. Tu as déjà oublié ?
Lan Song, qui en dix ans d'amitié avec Xingchen, n'a jamais oublié une seule fois son anniversaire, et dont le cadeau bien emballé est soigneusement dissimulé au fond de sa penderie, grimace d'énervement.
- Et tu essayes de mettre le feu à sa cuisine ?
- J'essaye de préparer un gâteau !, s'insurge Xue Yang. Mais ces putains de recettes, c'est de la merde ! Ça ne marche pas, ça gonfle pas et c'est....putain !
Il donne un coup de pied dans la poubelle, qui part valdinguer avec fracas contre le mur. Lan Song est à la limite de craquer, mais quelque chose le retient.
- Tu faisais un gâteau...pour Xingchen ?
Xue Yang le fusille d'un regard noir :
- Tu te fous de ma gueule j'te bute, siffle-t-il en resserrant ses doigts sur le manche de sa spatule.
Lan Song n'est pas très impressionné.
- Tu peux faire ça...ou tu peux me laisser t'aider pour essayer de rattraper ce désastre avant qu'il rentre du boulot.
Il jette un coup d'oeil rapide à la pendule du micro-onde.
- Il nous reste à peine deux heures. A toi de voir.
Soudain, les épaules de Xue Yang s'abaissent et il semble se dégonfler comme un ballon.
- Fais chier, murmure-t-il.
Lan Song tourne les talons, prêt à le laisser se débrouiller avec ses problèmes, mais Xue Yang le retient :
- Attends !
Lan le regarde avec commisération. Xue Yang n'est pas à l'aise, il a l'air en colère, mais il demande tout de même :
- File-moi un coup de main. Sois pas vache.
- Demande plus poliment.
Xue Yang grince des dents, mais accepte de faire cette concession :
- Ô Grand Lan Song suprême, daigneras-tu m'apporter ton aide pour créer un délicieux miracle culinaire pour notre Xingchen adoré ?
Le début, Lan n'y fait pas vraiment attention, mais le "notre" finit de le décider, car il y a une acceptance dans ce mot, de la part de Xue Yang, qui lui donne envie de lui donner la sienne.
- Très bien, dit-il en remontant ses manches. Commençons par nettoyer ton bordel, et on va reprendre à zéro...