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Titre : Traquenard à Miami
Fandom : Rick & Morty - Pocket Mortys
Rating : Explicit (inceste et non-con)
Genre : porn et romance slash (un poil de hurt/comfort et de characters study)
Pairing : Miami Rick/Miami Morty (il n'y a pas de non-con entre eux)
Nombre de mots : 9019
Commentaire : Cette fois je recommande ce fanart qui est totalement SFW (contrairement à cette fic)

Il n'est pas nécessaire d'avoir lu Loin de Miami pour lire cette fic-ci. Mais c'est quand même conseillé.



Le sénateur Gene Vagina menait une vie convenable. Ancien proviseur de lycée, il était devenu l'un des dirigeants de la religion têtiste au tout début de l'apparition de celle-ci, lors du Grand Bouleversement. Sa popularité et la montée croissante du mouvement lui ont permis de passer au Congrès, et il était désormais un homme comblé, avec Rolex en or, limousine conduite par un chauffeur, et une magnifique épouse permanentée.

Il lui arrivait néanmoins d'avoir besoin de se détendre. L'un de ses petits vices était le jeu : il n'était pas un accro patenté, et il pouvait se permettre de jouer de grosses sommes tout en restant raisonnable. C'était son dada, et tant que ce n'était pas interdit pas La Tête Géante Dans Le Ciel, il pouvait s'y consacrer autant qu'il voulait.

Ce soir-là, il avait déjà perdu plusieurs fois à la roulette, mais il s'obstinait, en se disant qu'il finirait bien par gagner quelque chose.

Il remarqua alors ce garçon, à l'air androgyne, qui le regardait de l'autre côté de la table en léchant sa sucette. Sa tenue le faisait ressembler à une pute de bas étage, cependant il ne déparait pas dans ce casino de Miami où toutes les extravagances vestimentaires étaient permises. Toutefois Gene se demandait qui avait bien pu le faire entrer. Il était beaucoup trop jeune pour avoir le budget. On ne pouvait que supposer qu'il avait fait quelque chose de très peu catholique pour avoir le droit d'entrer – et en le regardant laper sensuellement sa friandise, Gene n'avait aucun doute sur ce qu'il avait dû commettre. Et le pire, c'était qu'il commençait à bander en y pensant.

Il tenta de se concentrer sur le jeu, mais il n'arrêtait pas de perdre. Jurant entre ses dents et le regrettant tout de suite après – et si La Tête Géante Dans Le Ciel l'entendait – il fut surpris de sentir un bras prendre le sien.

Il tourna la tête, et le garçon était là, souriant, accroché à son bras. De plus près, Gene pouvait apercevoir les paillettes dorées qui accentuaient l'effet de son bronzage et la courbure enfantine de ses joues. Ses longs cheveux blonds décolorés était retenus par un bandana turquoise que Gene se voyait bien lui arracher, afin d'agripper sa crinière pendant qu'il le besognerait par derrière comme une pute à deux dollars.

Avec le garçon à son bras, il n'osait plus bouger. Il avait l'impression que tous les regards étaient rivés sur lui. Le croupier lui jeta un coup d’œil après avoir demandé aux joueurs de faire leur jeu ; Gene ne voulait plus perdre, surtout avec l'attention nouvelle qu'il recevait. Mais il était paralysé.

« Mon chiffre préféré, c'est le sept. », chuchota lascivement l'adolescent à son oreille.

Gene déglutit et plaça sa mise la plus importante sur le numéro sept. S'il perdait, il arrêterait, même si c'était déprimant de voir s'en aller une somme aussi importante. Il ne pouvait pas se permettre d'aller plus loin.

« Les jeux sont faits ! », lâcha le croupier. Puis il lança la bille. « Rien ne va plus. »

Le sénateur regarda à la dérobée le garçon pendu à son bras ; il semblait fasciné par le tournoiement de la bille en ivoire. Celle-ci claqua une dernière fois contre le métal de la case où elle se arrêta sa course folle. Gene écarquilla les yeux.

« Sept rouge impair et manque » s'exclama le croupier, faisant presque sursauter le sénateur.

Il récupéra ses jetons qu'on lui tendait et lorsqu'il baissa les yeux, l'adolescent le regardait, ayant relevé ses lunettes de soleil roses sur son front, et lui souriait.

« Qu'est-ce que tu comptes faire avec tes gains ce soir ? Tu veux fêter ça ? », demanda-t-il en lui caressant doucement le flanc.

C'était tellement facile de craquer que Gene n'entendit même pas la voix de sa conscience l'avertir qu'il faisait le mauvais choix.


Arrivés dans la chambre d'hôtel, ils ne perdirent pas de temps. Le garçon se jeta avidement sur ses lèvres et le sénateur se débarrassa de son costume encombrant. En chemise, la bite dressée sur son ventre proéminent, il approcha du jeune homme qui s'était assis sur le lit pour enlever son manteau, son mini-top et son slip de bain rose. Ne restaient plus que ses chaussures à plateformes, qu'il tendit vers Gene pour que celui-ci les lui enlève. Il batailla un moment avec l'ouverture mais réussit néanmoins à les lui retirer des pieds. Ceux-ci étaient petits et mignons, avec les ongles colorés de toutes les couleurs. Le sénateur commença de les embrasser et remonta lentement le long d'une de ses jambes toutes fines. Puis il l'embrassa et l'adolescent saisit son pénis à pleine main en gémissant. Le bruit envoya une décharge d'excitation dans le bas-ventre de Gene, qui s'allongea sur le garçon pour le dominer de toute sa stature. Ce dernier enroula vivement ses jambes autour de sa taille et ondula en soupirant. Ses cheveux blonds étalés sur l'oreiller formaient un halo autour de son visage enfantin, décuplant sa séduction. Le vieux sénateur saisit son sexe et le guida entre les cuisses du garçon, tâtonnant jusqu'à trouver l'orifice contre lequel il se mit à pousser.

L'anus s'ouvrit sans problème et Gene constata avec plaisir que le jeune prostitué s'était soigneusement lubrifié pour lui faciliter le passage. Il s'engouffra à l'intérieur dans un râle de plaisir brut, écrasant l'adolescent sous lui. Lorsqu'enfin, ses testicules frappèrent le petit cul de son amant, il se mit à haleter :

- Ah, c'est bon...tu es bon...par la Tête Dans Le Ciel, qu'est-ce que c'est bon !

Le garçon lui caressa la nuque et susurra :

- Tu peux m'appeler par des noms....je sais que tu en as envie...

Gene le dévisagea, les yeux menaçant de sortir de ses orbites d'un instant à l'autre. Le sourire mutin de l'adolescent s'élargit, devenant prédateur.

- J'aime quand c'est brutal, chuchota-t-il comme une confession.

Le self-contrôle du sénateur l'abandonna complètement.


« Sale petite pute ! Tu aimes ça hein ? Dis-le que t'aimes ça ! »

- Oh oui ! Oh OH ! Han !

Le claquement humide des chairs s'accéléra. Rick grimaça et baissa le volume avant de s'emparer des jumelles pour observer par la fenêtre de la chambre qu'occupaient Morty et le sénateur Vagina. Lui-même se trouvait dans le bâtiment d'en face, avec tout le matériel d'enregistrement dont il avait besoin : les écrans montraient déjà ce qu'il se passait dans la chambre grâce aux caméras qu'il avait caché sur place, mais l'image était bien plus nette avec les jumelles électroniques qu'il avait fabriqué. Il pouvait ainsi voir Morty à quatre pattes sur le lit, se faire tringler par le gros et vieux Gene Vagina. Ce dernier tenait le garçon par la taille, ne portant que sa chemise, et le besognait aussi vite qu'il pouvait, rouge comme une tomate et soufflant comme un bœuf.

Un reflux gastrique lui envoya une giclée de vomi dans la gorge. Il l'avala en grimaçant et vérifia que le son et l'image enregistraient bien. Ils allaient avoir de quoi le faire chanter, et c'était exactement ce pour quoi Morty acceptait de se taper l'immonde sénateur à tête de cul – de l'avis strictement esthétique de Rick.

Ça ne devrait pas l'atteindre, mais il était quand même un peu jaloux. Il n'aimait pas qu'on touche à ses affaires.

- Salope !, rugit le sénateur en martelant frénétiquement les petites fesses de Morty. T'aimes ça hein ? Si jeune et déjà à vendre son cul...tu dois aimer ça ! Sale putain de...

- Ah ! AH ! Oui ! Ouiiiiii !, s'écria faussement la voix de Morty, le ton un peu trop strident pour être tout à fait sincère. C'est trop bon ! J'aime ça ! Oh oui ! OUI !

Il se forçait un peu – même si de toute évidence, il aimait ça, Vagina n'était pas assez bon pour le faire crier spontanément. Il faisait ça pour exciter le sénateur et ça marchait plutôt bien, à en juger par l'orgasme qui le submergea peu après. Malheureusement – ou heureusement – pour lui, il en fallait plus pour Morty pour jouir. Lorsque Vagina se laissa retomber sur le lit, Morty massa son pénis et le prit en bouche.

Rick le regarda sucer le sénateur en grinçant des dents. Il aurait voulu que ce soit sa queue dont Morty s'occupe avec tant de dévouement.

Quand la bite du sénateur fut redevenue bien dure, Morty lui tourna le dos et s'empala dessus. Ainsi Rick pouvait le voir de face, voir le plaisir déformer ses traits, ses yeux rouler dans leurs orbites, et ses joues rouges, la façon dont il mordillait sa lèvre pour se retenir de jouir tout de suite.

Rick adorait le regarder faire ça. Quand il était celui qui en était la cause.

Morty finit pas sombrer lui aussi dans le plaisir et son sperme jaillit sur le drap et sur ses cuisses.

Derrière lui, le sénateur lui agrippa la taille et s'arquebouta pour continuer de s'enfoncer alors que Morty ne bougeait plus sur lui, ravagé par l'orgasme et la fatigue. Le vieil homme finit par atteindre le septième ciel, et cette fois il se laissa retomber dans le lit en étoile de mer.

Après quelques secondes à reprendre son souffle, le jeune homme se dégagea. Il rampa à quatre pattes sur le lit et ramassa ses affaires pour les enfiler.

- Tu pars déjà ?, grogna Gene.

- Eh ? On s'est bien amusé, mais il est à peine minuit, répliqua Morty. J'ai autre chose à faire.

Rick sourit. Son brave petit Morty et sa langue bien pendue.

Quand il remit son manteau, il en profita pour recompter le paiement du sénateur. Plutôt rentable comme nuit. Il quitta la chambre sans rien prononcer d'autre.

Se désintéressant alors des écrans, Rick se pencha par la fenêtre avec ses jumelles pour guetter Morty à la sortie de l'hôtel. Celui-ci apparut après quelques minutes et leva le pouce dans sa direction.

Le scientifique ferma le store dans un claquement sec, plongeant ainsi la pièce dans le noir. Elle était vide, aussi s'assit-il à même le sol, près des fils électriques branchés sur la prise murale. Il détestait ce qu'il ressentait, et pour l'oublier, il tira sa flasque de sa veste rose pastel pour y boire une gorgée. Puis il glissa un cure-dent entre ses lèvres, qu'il commença à ronger.

La porte devant lui s'ouvrit et Morty entra.

- J'étais comment ?, minauda-t-il en jetant un rapide coup d’œil aux caméras de sécurité montrant le sénateur sous sa douche – spectacle quelque peu effrayant pour les âmes sensibles, ce que Morty n'était pas.

- Tu as été parfait, comme UUURP d'habitude, grommela laconiquement Rick en faisant rouler son cure-dent dans sa bouche.

- Tu as aimé ?, susurra le jeune homme en s'accoudant aux écrans empilés, dans une pose aguicheuse mettant en valeur ses longues jambes glabres et bronzées.

Son grand-père se renfrogna en détournant les yeux ; le petit salopard savait trop bien l'effet qu'il pouvait avoir sur les gens. Parfois, Rick se demandait s'il était réellement attaché à lui, ou s'il était juste un énième nom sur son tableau de chasse. La seule fois où ils avaient...parlé de leurs sentiments, il était complètement bourré et le temps passant, ça devenait de plus en plus flou. Il avait pu facilement se laisser manipuler pour tomber dans les bras de ce petit arriviste. Ce ne serait pas la première fois que quelqu'un utilisait ses émotions contre lui.

Et probablement pas la dernière.

Il se leva, soudain bien trop sobre à son goût ; réfléchir sur ce qu'il éprouvait lui rappelait pourquoi il préférait être ivre la plupart du temps.

- Hey, tu ne veux pas me parler?, chuchota Morty en s'approchant et en posant la main sur sa poitrine. On n'est pas obligé de parler si tu veux.

Il passa deux doigts dans la ceinture du vieil homme. Celui-ci le regarda enfin, en haussant un sourcil.

- T'en as pas euUUURP assez ?

- Mais ce n'était pas toi..., murmura doucement Morty, en rosissant, ses lunettes de soleil remontées sur son front pour le dévisager de ses grands yeux verts.

Rick cracha son cure-dent et s'empara de ses lèvres, prenant son petit visage entre ses grandes mains arachnéennes.

L'adolescent gémit contre sa langue et se blottit contre lui, avide de contact.

- J'ai envie de toi, haleta-t-il. R-Rick, je...j'ai envie de toi, tout de suite.

- Il fallait le UUURP il fallait le dire tout de suite, trésor, rétorqua le scientifique.

Il le plaqua contre le mur et couvrit sa gorge de baisers. Le garçon renversa la tête en arrière, geignant de plaisir, et enfouit ses petites mains dans la masse de cheveux bleus de son savant fou de grand-père. Ce dernier attrapa l'adolescent par en dessous et le souleva en s'appuyant contre le mur.

Morty poussa un petit couinement et enroula vivement ses jambes autour de la taille de Rick. Celui-ci esquissa un sourire carnassier en tirant sur le slip rose et dénuder ses fesses. Il les caressa avidement, glissant un doigt dans la raie. Comme il s'y attendait, c'était poisseux et il grommela contre l'oreille du garçon :

- T'aurais pu lui faire pUUUURP porter une capote...

Il se rappelait avoir déjà dit cette phrase. Morty soupira en ondulant des reins contre lui, lascif :

- Mais j'aime ça sans. Et de toute façon il était bien trop excité pour prendre le temps d'en mettre une.

Rick dézippa sa braguette et se démena pour sortir son sexe rigide.

- Je vais devoir te la mettre bien p-profond, MoEUUURGHty. Pour que ton p'tit cul se rappelle à qui il appartient.

L'adolescent frissonna contre lui. Il pouvait sentir son sexe dur coincé entre leur ventre. Ils s'embrassèrent.

- Oh Rick !, geignit Morty en fermant les yeux lorsque le gland se posa sans crier gare contre sa rondelle humide et encore sensible.

Il était encore jeune, et il était encore tout excité. Il voulait baiser ; mais avec celui qu'il voulait le plus.

Alors Rick se mit à pousser, et pousser encore jusqu'à rentrer petit à petit à l'intérieur. Il sentait Morty palpiter autour de son membre, et il savait que le jeune homme le sentait parfaitement. Il était gros et bien plus long que le sénateur Vagina. C'était aussi pour ça que Morty reviendrait toujours vers lui au final : il était le meilleur coup qu'il ait jamais eu.

- Oh ! OH ! Rick ! Riiiick ! Ah !

- C'est bien Morty, souffla le vieil homme en lui caressant les reins. Tu prends tout comme un pro maintenant. Hnnnn, tellement serré....comme un fourreau pour ma queue.

Le jeune homme tressauta. Rick se mit à le buriner contre le mur, sans se retenir. Un sentiment de possessivité l'envahissait et il voulait prouver à Morty qu'il était son propriétaire.

Lorsqu'il fut à bout de souffle, il donna un dernier coup de rein et laissa l'orgasme le submerger, remplissant le garçon de semence.

Après ça, ses bras commencèrent à trembler. Même si Morty était léger, ses muscles n'étaient plus de toute première jeunesse.

Le jeune homme se remit debout maladroitement, le sperme coulant entre ses cuisses.

- Ah, ça déborde de partout, grogna Morty en essayant de s'essuyer.

Rick le retînt par le poignet.

- T'avais qu'à pas en redemandUUUURP-der quand t'étais avec lui, gronda-t-il. Maintenant si t'as la chiasse, t'as pas intérêt à te plaindre.

Vexé et embarrassé, Morty le fusilla d'un regard noir.

- Très délicat Rick !

- A ton service.

- Ouais ben...ben, ben...va te faire foutre !, répliqua le garçon avec un mélange de fougue et d'hésitation.

Le vieil homme eut un rictus :

- C'est ce que je viens de faire, Moeuuuuuurghty. Et en parlant de foutre, t'as le mien qui coule sur tes UUUUURP cuisses.

Visiblement choqué par ses mots, même s'il essayait de n'en rien paraître, Morty remonta son slip et s'enroula dans son manteau, l'expression peinée.

- Dans ce cas, si tu n'as plus besoin de moi, je vais rentrer à la maison.

- C'est ça Morty. Je me suis vidé les couilles, c'est bon, tu peux dégager, cracha Rick en lui tournant le dos.

Il entendit l'adolescent s'étrangler. Il avait été un peu – beaucoup – trop dur dans ses paroles. Ce n'était pas ce qu'il ressentait. Mais il ne voulait pas y penser, il ne voulait penser à rien d'autre qu'au fric qu'il allait soutirer à ce connard de Gene Vagina qui avait osé toucher à son petit-fils.

La porte claqua derrière lui. Il serra les dents.

La présence de Morty lui manquait déjà et il détestait ça.


Rick était un trouduc et il se comportait exactement comme d'habitude. Ça n'aurait pas dû l'affecter plus que ça. Le fait qu'ils baisent ensemble ne voulait pas dire pour autant que leur relation avait changé. Pour quelle raison Rick deviendrait-il plus gentil avec lui ? Bien sûr, ils s'étaient déjà échangé des mots doux, dans le feu de l'action, mais Morty savait bien que le plaisir pouvait faire dire n'importe quoi.

Il aimait le sexe avec Rick. Le problème, c'était qu'il aimait ça plus qu'avec quiconque. C'était devenu incroyablement addictif, tant et si bien qu'il avait envie de le faire tout le temps. Il aimait quand Rick l'appelait « bébé » et « trésor » pendant qu'il lui défonçait le cul, ses baisers et la force de ses coups de rein, comme s'il voulait imprimer sa marque en lui.

Il aimait la taille de sa queue, la façon dont elle comblait parfaitement son fondement, comme s'il était fait pour ça, fait pour elle, pour se la prendre dans le rectum – et pour aimer ça. C'était à la fois embarrassant parce que ça le faisait se sentir comme un objet, et bizarrement réconfortant parce que ça voulait dire aussi qu'il avait une place dans cet univers – il n'était pas juste un Morty parmi tant d'autres.

Il était le Morty de son Rick. Le seul.

Il aurait simplement voulu que Rick le traite en tant que tel. Mais peut importait combien il tentait de le séduire, son grand-père restait fidèle à lui-même, ne se laissant jamais atteindre, ne faisant jamais preuve de « sensiblerie ».

C'était à prendre ou à laisser. Et il n'était pas prêt à le laisser.

Tout obnubilé par ses problèmes qu'il était, il ne vit pas le van noir ralentir à son niveau. Des hommes masqués en sortirent et l'attrapèrent. Il essaya aussitôt de crier et de se débattre, mais on lui plaqua la main sur la bouche en le tirant à l'intérieur.


Quand Rick entendit son portable sonner – le solo de saxo dans « Barker Street » de Gerry Rafferty – il sut tout de suite de qui il s'agissait. Au bout de la troisième sonnerie, il s'empara de l'appareil avec un sourire satisfait et décrocha :

- C'est bon, t'as UUUURP fini de faire la gueule ? T'es vraiment qu'une pleurnicheuse, Moeuuurghty ! Y avait pas de quoi le prendre aussi mal !

- On tient ton petit-fils, Sanchez.

La voix au téléphone n'était clairement pas celle de Morty. Rick se glaça :

- Qui c'est ? Cortez ? Santiago ? Cassidy ? Pour lequel de ces fils de pute vous travaillez ?

- Ça n'a pas d'impo...

- Britney Spears ?

- Ça n'a pas d'importance !, répéta le kidnappeur avec agacement. Tout ce que tu dois savoir, c'est qu'on le tient, et si tu veux le récupérer en un seul morceau...

- Ouais ouais, je sais, je sais. Tu crois être le premier à me la faire ? Passe-moi mon petit-fils, que je vérifie qu'il est vivant. Sinon pas d'échange.

- Aouch !, s'exclama Morty dans le combiné alors qu'on arrachait un scotch de sa bouche.

- Tu n'as rien ?, demanda le vieil homme en essayant d'avoir l'air naturel malgré la boule qui était en train de se former dans sa gorge.

- Je-je...non, ça va, répondit brièvement le garçon.

- Dans ce cas ferme-la et repasse-moi l'autre gars...

- Quoi, c'est tout ? J'ai été enlevé et c'est tout ce que tu trouves à dire ? Espèce de s...

- Retrouve-nous avec l'argent à Liberty City. Je t'envoie l'adresse. T'as intérêt à venir seul...

- Qu'est-ce que c'est original dis donc !, railla Rick.

L'autre commença une phrase mais Rick coupa la communication. Ils avaient peut-être Morty, mais pour l'instant, ils ne pouvaient pas lui faire grand chose. Il ne s'inquiétait pas – pas trop – pour lui : Morty savait s'en sortir, il avait déjà connu des situations plus ou moins similaires dans l'espace.

Avoir maille à partir avec un cartel de la drogue terrien, à côté, c'était de la gnognotte.

Plus important, il lui fallait trouver un plan pour faire payer ces enfoirés et rétablir l'équilibre naturel – à savoir qu'on n'emmerde pas Rick Sanchez si on tient à ses plumes.

Du sang allait gicler ce soir.


Il était tard et ils n'avaient pas dîner. Alors Antonio avait été désigné pour rapporter la bouffe ; il revînt à la planque avec un énorme sac plastique, et referma la porte en maugréant :

- J'avais pas assez de monnaie alors...

Il se figea.

Ses camarades – Diego, Rico, Jesus et Alban – étaient réunis en cercle autour de leur otage, qui les suçait à tour de rôle, une queue dans chaque main. Ça ressemblait au début d'un film porno.

- Qu'est-ce que vous foutez ?, gronda-t-il.

- On s'amuse un peu, répondit Diego. Et c'est lui qui a commencé.

- Il a dit, haleta Jesus, il a dit qu'il en avait marre de se taper des vieillards et...et...

- Sérieusement, tu l'as regardé ?, grogna Alban en appuyant sur la tête du garçon pour enfoncer son sexe plus profondément dans sa bouche.

Antonio déglutit. Il regarda son portable en posant son sac de bouffe sur la table.

- Il nous reste une heure avant qu'il n'arrive. Finissez...ce que vous êtes en train de faire et rejoignez-moi au hangar.

Ignorant la réaction de son entrejambe au spectacle, il prit avec lui une barquette de frites et sortit pour rejoindre le grand hangar où ils avaient donné rendez-vous à Rick Sanchez.

C'était sans compter le couteau qui appuya contre sa gorge.

- Je suis M. Meeseeks. Regardez-moi !!, s'exclama son assaillant sur un ton strident dérangeant.

Une silhouette longiligne sortit des ombres et Antonio déglutit, ses frites se répandant sur le sol.

- Sanchez...

Le criminel et génial savant fou ne souriait pas. Il fit un signe à M. Meeseeks, et celui-ci appuya davantage sa lame contre le cou d'Antonio.

Ce dernier couina misérablement.

- Il-Il est à l'intérieur, avoua-t-il rapidement, espérant que cela lui vaudrait la vie sauve.

- C'est pas pour ça que je suis venu, le détrompa Sanchez. Je veux savoir pour qui vous travaillez.

- On l'a jamais vu ! Il nous a simplement donné les instructions en nous envoyant du cash par un intermédiaire...pitié !

- Quel intermédiaire ?, coupa Rick. Son nom. Tout de suite.

Antonio paniqua :

- C'était une fille !, s'écria-t-il. Une jolie petite rouquine toute pâle, toute fragile. Mais quand Benicio lui a mis la main au cul, elle lui a pété le nez, il est toujours à l'hôpital !

Rick plissa les yeux. Il ne connaissait qu'une seule rouquine qui pouvait faire ça.

Il pianota sur son téléphone, se connecta à instagram, et montra une photo à Antonio.

- C'est elle ?

Le type détailla la photo de Summer en maillot de bain sur la plage dans une pose sexy.

- Non, c'est pas elle ! S'il vous plaît, je ne sais rien, laissez-moi partir. Je n'ai rien fait de mal, je vous promets que je n'ai pas touché votre petit-fils. C'est les autres qui voulaient...

- Quoi ?, l'interrompit brusquement Rick. Qu'est-ce qu'ils ont fait ?

- Ils ont dit que c'était lui qui voulait. Mais je vous promets que je lui ai rien fait moi. Je m'intéresse pas aux garçons...

- Estropie-le, ordonna Rick à M. Meeseeks avant de s'éclipser.



Partie 2
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