Alone in god's arms (1)
Jan. 27th, 2011 03:40 amTitre : Alone in god's arms
Auteur : Anders Andrew
Fandom : In god's arms, de Yonezou Nekota
Rating : NC 17 (because shota et lime)
Notes : Ce sera un two-shots. J'aurais voulu écrire le deuxième chapitre à la suite, mais il est déjà tard, et j'ai passé une bonne partie de la journée dessus, à retravailler la tournure du schmilblick.
J'ai découvert ce manga yaoi dans Be Boy. Le couple Won/Shio m'intéresse particulièrement parce que A) shotaaaa, et B) la scène un peu "hot" du chapitre trois (dans Be Boy 9) m'a vraiment émue. J'ai trouvé qu'elle était à la fois touchante, douce, et douloureuse. Les personnages font preuve d'un tas d'émotions contradictoires : désir, peur, incompréhension, tendresse...
Il fallait que je retranscrive quelque chose dessus. ça a donné un sorte de résumé du manga, par voie écrite. C'est peu original, mais j'essaye ainsi de coller au mieux au manga, et je m'attèle à tenter de faire parler plutôt les pensées et les émotions des personnages. Alors c'est peut-être une expérience puérile, prétentieuse au possible et sans intérêt, mais c'est ce que j'ai passé plusieurs heures à peaufiner...
Au fait, il a été inspiré par le thème "la première impression" du 25 janvier 2011 de la communauté
31_jours (je n'ai pas pu le poster à la date, qui était dépassée)
Enjoy
Il faisait nuit quand ils se sont rencontrés. C’était en plein mois de mars et le gamin était apparu devant lui si soudainement qu’une fraction de secondes, il avait cru à quelques manifestation fantomatique. Le cadre s’y prêtait bien; il faisait si froid que leur souffle faisait de la buée, et les arches anciennes plongées dans l’obscurité faisait paraître les lieux plus sinistres encore, comme hantés par des souvenirs moyenâgeux de tortures et de cris.
Ce n’était pourtant qu’un petit garçon, frissonnant de froid dans sa chemise de nuit. Il avait les pieds nus sur le pavé, et Won s’était demandé pourquoi il n’avait pas pris la peine de mettre ses chaussures; le sol en marbre devait être glacé.
En levant les yeux, l’adolescent avait compris que l’enfant se souciait peu de ce genre de chose. Son visage, ses yeux…ils arboraient une expression si désespérée…
Ce n’était qu’une première impression, un premier face à face, mais Won le trouva d’une beauté fulgurante.
Au bord des larmes, les joues délicatement teintées de rose, Shio eut un mouvement de recul. Won le retînt par réflexe; une fois la surprise passée, il voulait savoir.
« Attends ! Qu’est-ce que tu fais dehors à cette heure-ci ? »
Son cœur battait quasiment dans sa gorge et sa voix lui paraissait étranglée. Pourtant il s’efforçait d’avoir l’air calme, mais toute sa physionomie devait dévoiler son trouble.
Sa main attrapa le bras fin du garçon. C’était incroyablement fragile et léger, comme un oiseau que l’on pourrait briser rien qu’en serrant le poing.
- Les sorties après l’extinction des feux sont…
Son cri jaillit, comme un pépiement affolé; sa voix était sèche et suppliante à la fois.
- Lâche-moi !
Il réussit à se dégager et à s’enfuir. Sans se retourner.
C’était comme une pierre dans le ventre de Won. Il décida de ne pas prêter plus d’attention à l’incident.
…
Lorsqu’ils se sont rencontrés à nouveau, il faisait grand soleil. Le climat était tempéré et certains élèves se promenaient en chemise.
A la sortie de la chapelle, Shio fût interpellé par Strauss. Celui-ci lui passa un savon pour être sorti en cachette après le couvre-feu.
Mais le jeune garçon n’écoutait pas. Il fusillait son délateur du regard. Qui était-il ? Pourquoi son regard glissait-il sur lui sans méfiance aucune et avec une certaine arrogance ?
Ne savait-il pas qui il était ?
« Où est-ce que tu regardes ? Je te parle ! »
L’attention de Shio revînt sur le chef du comité de discipline. Il se sentait mal rien qu’à l’entendre. Le prêtre essaya de le défendre, mais ce fût inutile. Et Shio se sentait de plus en plus mal, parce qu’il ne savait quoi dire. Que valaient ses cauchemars à la lueur du soleil ? Seulement des chimères de gosses, des peurs nocturnes sans intérêt que les autres ne feraient que considérer avec mépris. Et puis il était trop timide pour parler franchement de ces choses là. Il n’en avait pas le cran; c’était le genre d’aveux qu’il n’était pas prêt à faire.
Won s’en alla. Shio le vit du coin de l’œil, et cela, sans qu’il sache pourquoi, l’agaça plus encore.
Comment pouvait-il l’ignorer après l’avoir autant surpris ?
Vraiment, sa première impression était la plus mauvaise qui soit.
…
Won était allongé dans l’herbe. Des livres gisaient sur sa veste étalée sur le sol. Il avait les bras croisés sous sa nuque et rêvassait, le poids rassurant d’un bouquin ouvert sur son ventre. Il se sentait bien, apaisé.
Soudain une ombre sembla passer à travers ses paupières, et il perçut une présence hostile qui se fit connaître par le son d’une voix qu’il avait déjà entendu quelque part.
- TOI !!
Il ouvrit les yeux.
- Enfin, je te trouve ! Qu’est-ce qu’il t’as pris de cafarder, sale lâche !!, s’exclama Shio, penché sur lui.
Won put contempler son visage en pleine lumière, de face, pour le première fois. Il avait des traits plaisants, aux rondeurs encore enfantines. Ses grands yeux clairs débordaient d’une naïveté vexée délicieusement amusante; l’indignation lui faisait froncer les sourcils et son index était pointé vers lui, accusateur. Won eut un pâle sourire de dérision, contemplant les prunelles chocolatées avec une petite pointe de gourmandise; il était vraiment mignon, il ne s’était pas trompé. Cependant, il fallait aussi voir la situation dans laquelle ils étaient.
- Tiens ? On se croise bien souvent !
C’est tout ce qu’il avait trouvé à dire.
- Imbécile !! C’est parce que je te cherchais !, s’écria le gosse.
Il avait l’air véritablement en colère…et Won ne parvenait pas à deviner exactement pourquoi. Il était juste intrigué par la familiarité avec laquelle Shio s’empara de son col en l’insultant.
- Es…pèce…de…ça n’a pas l’air de te gêner de m’avoir dénoncé !
Il rougissait. Trop mignon, sincèrement.
Intérieurement, Won arborait un large sourire moqueur; ce gosse avait des réactions tellement candides et prévisibles que s’en était presque attachant. Ou stupide.
- Tu me soûles. Je suis fatigué, alors dégage !
Oh oui, il savait qu’en disant cela, il ne ferait que jeter de l’huile sur le feu; alors il atténua ses paroles, se justifiant. Il commençait à avoir un peu honte de l’avoir trahi, cet adorable petit idiot…
Dont l’expression désemparée, sous la lune, heurtait son cœur à chaque fois qu’il y repensait.
…
C’était une personne bizarre. Au début, il avait cru que ce type se foutait de lui. Il était mortifié et l’avait agressé par dépit. Pourtant ça n’avait rimé à rien, l’autre n’avait pas eu la moindre attitude de repli. Il ne s’était même pas excusé.
Won était décidément quelqu’un d’étrange. Il avait le droit de se balader comme il le voulait. Shio trouvait cela injuste, et il ne comprenait pas en quoi la position de Won était supérieure à la sienne. Néanmoins, ce n’était pas du mépris ou du rejet qu’il ressentait chez ce jeune homme. Ses paroles étaient un mélange d’agacement et de neutralité. Il parlait comme quelqu’un qui était sûr de lui et qui ne s’en laissait pas compter; mais quelqu’un de juste, qui n’imposait pas son opinion aux autres.
Cet aspect, en plus de son apparence, calmèrent un peu Shio.
Won était beau. Il avait les yeux en amande, des cheveux noirs ressemblant à des fils de soie. Son visage était légèrement allongé, lui donnant un air racé et mature. Sa stature faisait qu’il était plus grand que Shio, mais il n’était pas imposant; plutôt mince, inoffensif, il inspirait confiance, et c’est ainsi le petit garçon se retrouva à lui confesser la cause de ses fugues nocturnes. Ses cauchemars.
L’angoisse le tenaillait si fort qu’il sentit ses entrailles se nouer; il pressa ses doigts dans ses paumes, enfonçant ses ongles dans la peau. Ses bras tremblaient, tendus, tandis que ses poings reposaient sur ses cuisses. Il ne savait pas ce qu’il attendait de Won à cet instant là…mais sa réponse dépassa ses espérances.
- Si tu veux…je pourrais dormir avec toi, déclara le brun avec un sourire empreint de compassion goguenarde.
…
- Mais…tu n’as pas peur…de moi ?
La voix de Shio montrait toute son incrédulité, si son visage ne l’avait pas suffisamment évoqué. Il avait les yeux un peu écarquillés, les lèvres entrouvertes.
L’étonnement de Won vis-à-vis de cette réplique inattendue fût de courte durée, car leur dialogue fût interrompu par l’arrivée d’Emilio.
Peu après, le timide Shio s’enfuit.
- Dommage, j’aurais bien aimé lui parler, dit le coureur de jupons.
Cette phrase, ainsi que tout ce qu’elle pouvait sous-entendre, associée à l‘avidité évidente qu‘il manifestait à cette idée, hérissèrent littéralement Won, qui décida de l’ignorer purement et simplement.
- Tu sais qui c’est, au moins ?
« un saint ? »
Et la représentation d’un chérubin lui vînt rapidement à l’esprit sans qu’il prit la peine de la convoquer. Il l’évacua vivement et écouta les explications de son ami, concernant les stigmatisés et leur statut particulier. Il apprit ainsi la rumeur qui circulait sur Shio et ses soi-disants « pouvoirs ».
Pourtant cela ne changeait rien à ce qu’il avait vu. Cette solitude…et ce désespoir.
…
Face à une situation de crise, l’être humain recherche toujours quelque chose à quoi se raccrocher.
Après un nouveau cauchemar, Shio se réveilla. Il eut pour premier réflexe de vouloir se précipiter à l’église mais…soudain, il se rappela de ce que Won avait dit l’après-midi même.
« Si tu veux, je pourrais dormir avec toi »
Il hésita, debout au milieu du couloir.
…
Quand Won le découvrit devant sa porte, il n’en croyait pas ses yeux.
Doucement, gentiment, il l’a accueillit, parce que c’était la seule chose à faire. Il n’y avait pas de sarcasme possible, de refus hypothétique. Shio était si pathétique - et adorable, tellement adorable - qu’on avait forcément envie de le protéger.
Won l’accueillit pour la première fois dans son lit. Et il n’y avait là aucune connotation charnelle…pour le moment.
Auteur : Anders Andrew
Fandom : In god's arms, de Yonezou Nekota
Rating : NC 17 (because shota et lime)
Notes : Ce sera un two-shots. J'aurais voulu écrire le deuxième chapitre à la suite, mais il est déjà tard, et j'ai passé une bonne partie de la journée dessus, à retravailler la tournure du schmilblick.
J'ai découvert ce manga yaoi dans Be Boy. Le couple Won/Shio m'intéresse particulièrement parce que A) shotaaaa, et B) la scène un peu "hot" du chapitre trois (dans Be Boy 9) m'a vraiment émue. J'ai trouvé qu'elle était à la fois touchante, douce, et douloureuse. Les personnages font preuve d'un tas d'émotions contradictoires : désir, peur, incompréhension, tendresse...
Il fallait que je retranscrive quelque chose dessus. ça a donné un sorte de résumé du manga, par voie écrite. C'est peu original, mais j'essaye ainsi de coller au mieux au manga, et je m'attèle à tenter de faire parler plutôt les pensées et les émotions des personnages. Alors c'est peut-être une expérience puérile, prétentieuse au possible et sans intérêt, mais c'est ce que j'ai passé plusieurs heures à peaufiner...
Au fait, il a été inspiré par le thème "la première impression" du 25 janvier 2011 de la communauté
Enjoy
Il faisait nuit quand ils se sont rencontrés. C’était en plein mois de mars et le gamin était apparu devant lui si soudainement qu’une fraction de secondes, il avait cru à quelques manifestation fantomatique. Le cadre s’y prêtait bien; il faisait si froid que leur souffle faisait de la buée, et les arches anciennes plongées dans l’obscurité faisait paraître les lieux plus sinistres encore, comme hantés par des souvenirs moyenâgeux de tortures et de cris.
Ce n’était pourtant qu’un petit garçon, frissonnant de froid dans sa chemise de nuit. Il avait les pieds nus sur le pavé, et Won s’était demandé pourquoi il n’avait pas pris la peine de mettre ses chaussures; le sol en marbre devait être glacé.
En levant les yeux, l’adolescent avait compris que l’enfant se souciait peu de ce genre de chose. Son visage, ses yeux…ils arboraient une expression si désespérée…
Ce n’était qu’une première impression, un premier face à face, mais Won le trouva d’une beauté fulgurante.
Au bord des larmes, les joues délicatement teintées de rose, Shio eut un mouvement de recul. Won le retînt par réflexe; une fois la surprise passée, il voulait savoir.
« Attends ! Qu’est-ce que tu fais dehors à cette heure-ci ? »
Son cœur battait quasiment dans sa gorge et sa voix lui paraissait étranglée. Pourtant il s’efforçait d’avoir l’air calme, mais toute sa physionomie devait dévoiler son trouble.
Sa main attrapa le bras fin du garçon. C’était incroyablement fragile et léger, comme un oiseau que l’on pourrait briser rien qu’en serrant le poing.
- Les sorties après l’extinction des feux sont…
Son cri jaillit, comme un pépiement affolé; sa voix était sèche et suppliante à la fois.
- Lâche-moi !
Il réussit à se dégager et à s’enfuir. Sans se retourner.
C’était comme une pierre dans le ventre de Won. Il décida de ne pas prêter plus d’attention à l’incident.
…
Lorsqu’ils se sont rencontrés à nouveau, il faisait grand soleil. Le climat était tempéré et certains élèves se promenaient en chemise.
A la sortie de la chapelle, Shio fût interpellé par Strauss. Celui-ci lui passa un savon pour être sorti en cachette après le couvre-feu.
Mais le jeune garçon n’écoutait pas. Il fusillait son délateur du regard. Qui était-il ? Pourquoi son regard glissait-il sur lui sans méfiance aucune et avec une certaine arrogance ?
Ne savait-il pas qui il était ?
« Où est-ce que tu regardes ? Je te parle ! »
L’attention de Shio revînt sur le chef du comité de discipline. Il se sentait mal rien qu’à l’entendre. Le prêtre essaya de le défendre, mais ce fût inutile. Et Shio se sentait de plus en plus mal, parce qu’il ne savait quoi dire. Que valaient ses cauchemars à la lueur du soleil ? Seulement des chimères de gosses, des peurs nocturnes sans intérêt que les autres ne feraient que considérer avec mépris. Et puis il était trop timide pour parler franchement de ces choses là. Il n’en avait pas le cran; c’était le genre d’aveux qu’il n’était pas prêt à faire.
Won s’en alla. Shio le vit du coin de l’œil, et cela, sans qu’il sache pourquoi, l’agaça plus encore.
Comment pouvait-il l’ignorer après l’avoir autant surpris ?
Vraiment, sa première impression était la plus mauvaise qui soit.
…
Won était allongé dans l’herbe. Des livres gisaient sur sa veste étalée sur le sol. Il avait les bras croisés sous sa nuque et rêvassait, le poids rassurant d’un bouquin ouvert sur son ventre. Il se sentait bien, apaisé.
Soudain une ombre sembla passer à travers ses paupières, et il perçut une présence hostile qui se fit connaître par le son d’une voix qu’il avait déjà entendu quelque part.
- TOI !!
Il ouvrit les yeux.
- Enfin, je te trouve ! Qu’est-ce qu’il t’as pris de cafarder, sale lâche !!, s’exclama Shio, penché sur lui.
Won put contempler son visage en pleine lumière, de face, pour le première fois. Il avait des traits plaisants, aux rondeurs encore enfantines. Ses grands yeux clairs débordaient d’une naïveté vexée délicieusement amusante; l’indignation lui faisait froncer les sourcils et son index était pointé vers lui, accusateur. Won eut un pâle sourire de dérision, contemplant les prunelles chocolatées avec une petite pointe de gourmandise; il était vraiment mignon, il ne s’était pas trompé. Cependant, il fallait aussi voir la situation dans laquelle ils étaient.
- Tiens ? On se croise bien souvent !
C’est tout ce qu’il avait trouvé à dire.
- Imbécile !! C’est parce que je te cherchais !, s’écria le gosse.
Il avait l’air véritablement en colère…et Won ne parvenait pas à deviner exactement pourquoi. Il était juste intrigué par la familiarité avec laquelle Shio s’empara de son col en l’insultant.
- Es…pèce…de…ça n’a pas l’air de te gêner de m’avoir dénoncé !
Il rougissait. Trop mignon, sincèrement.
Intérieurement, Won arborait un large sourire moqueur; ce gosse avait des réactions tellement candides et prévisibles que s’en était presque attachant. Ou stupide.
- Tu me soûles. Je suis fatigué, alors dégage !
Oh oui, il savait qu’en disant cela, il ne ferait que jeter de l’huile sur le feu; alors il atténua ses paroles, se justifiant. Il commençait à avoir un peu honte de l’avoir trahi, cet adorable petit idiot…
Dont l’expression désemparée, sous la lune, heurtait son cœur à chaque fois qu’il y repensait.
…
C’était une personne bizarre. Au début, il avait cru que ce type se foutait de lui. Il était mortifié et l’avait agressé par dépit. Pourtant ça n’avait rimé à rien, l’autre n’avait pas eu la moindre attitude de repli. Il ne s’était même pas excusé.
Won était décidément quelqu’un d’étrange. Il avait le droit de se balader comme il le voulait. Shio trouvait cela injuste, et il ne comprenait pas en quoi la position de Won était supérieure à la sienne. Néanmoins, ce n’était pas du mépris ou du rejet qu’il ressentait chez ce jeune homme. Ses paroles étaient un mélange d’agacement et de neutralité. Il parlait comme quelqu’un qui était sûr de lui et qui ne s’en laissait pas compter; mais quelqu’un de juste, qui n’imposait pas son opinion aux autres.
Cet aspect, en plus de son apparence, calmèrent un peu Shio.
Won était beau. Il avait les yeux en amande, des cheveux noirs ressemblant à des fils de soie. Son visage était légèrement allongé, lui donnant un air racé et mature. Sa stature faisait qu’il était plus grand que Shio, mais il n’était pas imposant; plutôt mince, inoffensif, il inspirait confiance, et c’est ainsi le petit garçon se retrouva à lui confesser la cause de ses fugues nocturnes. Ses cauchemars.
L’angoisse le tenaillait si fort qu’il sentit ses entrailles se nouer; il pressa ses doigts dans ses paumes, enfonçant ses ongles dans la peau. Ses bras tremblaient, tendus, tandis que ses poings reposaient sur ses cuisses. Il ne savait pas ce qu’il attendait de Won à cet instant là…mais sa réponse dépassa ses espérances.
- Si tu veux…je pourrais dormir avec toi, déclara le brun avec un sourire empreint de compassion goguenarde.
…
- Mais…tu n’as pas peur…de moi ?
La voix de Shio montrait toute son incrédulité, si son visage ne l’avait pas suffisamment évoqué. Il avait les yeux un peu écarquillés, les lèvres entrouvertes.
L’étonnement de Won vis-à-vis de cette réplique inattendue fût de courte durée, car leur dialogue fût interrompu par l’arrivée d’Emilio.
Peu après, le timide Shio s’enfuit.
- Dommage, j’aurais bien aimé lui parler, dit le coureur de jupons.
Cette phrase, ainsi que tout ce qu’elle pouvait sous-entendre, associée à l‘avidité évidente qu‘il manifestait à cette idée, hérissèrent littéralement Won, qui décida de l’ignorer purement et simplement.
- Tu sais qui c’est, au moins ?
« un saint ? »
Et la représentation d’un chérubin lui vînt rapidement à l’esprit sans qu’il prit la peine de la convoquer. Il l’évacua vivement et écouta les explications de son ami, concernant les stigmatisés et leur statut particulier. Il apprit ainsi la rumeur qui circulait sur Shio et ses soi-disants « pouvoirs ».
Pourtant cela ne changeait rien à ce qu’il avait vu. Cette solitude…et ce désespoir.
…
Face à une situation de crise, l’être humain recherche toujours quelque chose à quoi se raccrocher.
Après un nouveau cauchemar, Shio se réveilla. Il eut pour premier réflexe de vouloir se précipiter à l’église mais…soudain, il se rappela de ce que Won avait dit l’après-midi même.
« Si tu veux, je pourrais dormir avec toi »
Il hésita, debout au milieu du couloir.
…
Quand Won le découvrit devant sa porte, il n’en croyait pas ses yeux.
Doucement, gentiment, il l’a accueillit, parce que c’était la seule chose à faire. Il n’y avait pas de sarcasme possible, de refus hypothétique. Shio était si pathétique - et adorable, tellement adorable - qu’on avait forcément envie de le protéger.
Won l’accueillit pour la première fois dans son lit. Et il n’y avait là aucune connotation charnelle…pour le moment.