Gotham et Hannibal - Ficlets à thèmes
Aug. 18th, 2018 07:44 pmNous avons fait avec
chonaku55 quelques thèmes, les voici :
Les reflets multicolores des eaux agitées recouvertes de mousse à l'odeur douceâtre invitaient Oswald aux sombres rêveries dont il était coutumier ses temps-ci. Il se sentait usé jusqu'à la corde, le sentait au fond de ses os, de sa chair, et aucun repos ne semblait suffisant pour atténuer cette fatigue qui était davantage de l'esprit que du corps. Ou peut-être du cœur, car la solitude, en dépit de ses dénégations, se faisait sentir de plus en plus lourdement sur ses épaules. Tous ceux qu'il avait aimé étaient partis : ses parents étaient morts, ses amis l'avaient trahi, et il avait été forcé d'éloigner celui qu'il considérait comme un fils, pour sa propre sécurité.
Restait le seul dont il languissait l'affection mais qui ne la lui donnerait jamais assez. Edward Nygma était sans doute le poids qui pesait le plus sur sa conscience, éternelle épine dans son pied qu'il refusait de retirer par stupide attachement. Même si cela pouvait déclencher une infection à cause de laquelle il lui faudrait amputer un membre. Ed était tout ce qui lui restait de cette époque où il se sentait aimé, le reliquat d'une période où pendant quelques temps, Oswald avait été dégoûté de ses bains, souvenir traumatique d'une tentative de meurtre ratée.
Il laissa ses pensées vagabonder sur ce terrain, qu'il savait pourtant glissant. Ed était sa petite obsession personnelle, son désir coupable jamais assouvi. Désir de vaincre, désir d'abnégation. Désir de réconciliation et d'amitié retrouvée.
Caché tout au fond, désir de romance, aussi. Seul dans son bain, il pouvait fermer les yeux en imaginant que s'excuser suffirait à déclencher quelque chose chez Ed, afin que ce dernier réalise ce qu'ils pouvaient avoir. Ce qu'Oswald était prêt à faire pour une miette de tendresse. Sans personne autour, Oswald pouvait admettre son besoin pathétique d'approbation, il pouvait s'avouer que le regard admiratif d'Edward lui manquait et que même si ce dernier ne lui offrait qu'un centième de l'adoration qu'il éprouvait autrefois, ce serait assez. Venant de lui, ce serait bien suffisant pour nourrir une existence entière.
Oswald tira brusquement sur la chaîne du bouchon de la baignoire, qui sorti de son encastrement dans un gargouillis d'eau. Celle-ci s'engouffra dans le siphon en moussant. Oswald se leva lentement, en grinçant des dents à la douleur, certes atténuée, mais toujours désagréable, de sa jambe.
Se laisser aller à ce genre de fantasme ne lui apporterait rien de bon. Aux rêveries il préférait l'action !
Parfois il rêvait encore du dragon rouge. Francis Dolarhyde.
Il avait malgré lui été l'élément fondateur d'un nouveau monde, le sien et celui d'Hannibal, un monde qui avait failli ne jamais voir le jour, un monde qui s'était maintes fois échoué à chaque tentative de l'un ou l'autre pour se rapprocher.
Un monde où, après une tentative de suicide et de meurtre mêlée, ils avaient finalement survécu ; un monde où Will se réveillait avec la certitude de trouver une lame contre sa joue pour rouvrir ses vieilles cicatrices.
Le dragon avait été primordial et c'était la raison pour laquelle il hantait toujours Will la nuit venue. Il avait ébranlé son univers, bousculé les quittes de son existence, et les avait remis dans un ordre différent.
Il avait permis à l'impossible de devenir possible. L'union improbable du tueur en série cannibale et de l'ancien flic traumatisé.
Parfois Will se demandait si Hannibal le gardait auprès de lui comme on garde un vieil objet associé à de bons souvenirs – ceux d'une lutte implacable, d'une amitié étrange et chaotique. Puis il se souvient qu'Hannibal n'est pas du genre sentimental. Il ne garde que ce qui lui est utile.
Alors il se creuse longuement la tête pour chercher en quoi il est utile. Ce n'est que le matin venu, quand les bras d'Hannibal l'enlacent en repoussant les draps qui les recouvrent, qu'il réalise que certains besoins sont plus vitaux que d'autres et que même le dragon Dolarhyde a pu tomber amoureux d'une aveugle.
Et lui ne l'est pas, pourtant Hannibal l'a toujours gardé auprès de lui.
Le somptueux corps nu d'Edward Nygma était entièrement sous le contrôle d'Oswald. Ses chevilles étaient attachées par des lanières à un écarteur, une large barre métallique l'obligeant à garder les jambes ouvertes. Ses poignets étaient menottées à la tête de lit, ce qui le forçait à être face au mur, incapable de voir ce qui se passait derrière lui. Sa bouche était occupée par une boule de plastique rouge comme une pomme qui était retenue par des liens en cuir passant derrière sa tête, et un masque de sommeil lui bandait les yeux.
A genoux sur le matelas derrière Ed, Oswald caressa doucement son échine, avant de déposer un baiser dans le creux de ses reins. Un frisson parcourut le dos de son amant, ce qui conforta davantage le Pingouin dans la certitude qu'en dépit de cette position qu'il trouvait personnellement plutôt humiliante, Ed appréciait cela comme prévu.
Il était temps d'y remédier.
« Je vais commencer, Edward. », déclara Oswald d'une voix nasale et volontairement froide.
Ses doigts se refermèrent sur le manche d'un martinet posé sagement à côté de lui, sur le drap.
Ed baissa la tête en signe d'assentiment. Le désir et l'ivresse du pouvoir envahirent Oswald comme un brusque retour de flamme. Il gifla une fesse d'un geste vif, provoquant une secousse chez Ed, et un cri bref étouffé par le bâillon-boule.
« Tu sais que tu le mérites. », gronda le Pingouin. « Tu ne peux pas prétendre le contraire, après ce que tu as fait... »
Le martinet frappa une cuisse. Ed se cambra en couinant.
« Tu sais que je dois te corriger. » continua Oswald, de plus en plus haletant. « Je ne pourrais pas prétendre être le roi de Gotham si je te laissais agir à ta guise. »
Le fouet s'abattit à nouveau et la tête d'Ed retomba. Il croisa deux doigts et aussitôt Oswald s'interrompit. Il massa tendrement la marque rouge sur la peau du Riddler – le signal voulait dire qu'il pouvait continuer mais qu'il devait ralentir. La contrainte de punir tout en prenant garde au bien-être de Ed ne faisant qu'alimenter davantage son excitation.
Le contrôle qu'il exerçait ici, dans un des rares moments d'intimité qu'ils pouvaient aménager dans leur emploi du temps surchargé, était le plus puissant des aphrodisiaques qu'il ait pu expérimenter.
Les reflets multicolores des eaux agitées recouvertes de mousse à l'odeur douceâtre invitaient Oswald aux sombres rêveries dont il était coutumier ses temps-ci. Il se sentait usé jusqu'à la corde, le sentait au fond de ses os, de sa chair, et aucun repos ne semblait suffisant pour atténuer cette fatigue qui était davantage de l'esprit que du corps. Ou peut-être du cœur, car la solitude, en dépit de ses dénégations, se faisait sentir de plus en plus lourdement sur ses épaules. Tous ceux qu'il avait aimé étaient partis : ses parents étaient morts, ses amis l'avaient trahi, et il avait été forcé d'éloigner celui qu'il considérait comme un fils, pour sa propre sécurité.
Restait le seul dont il languissait l'affection mais qui ne la lui donnerait jamais assez. Edward Nygma était sans doute le poids qui pesait le plus sur sa conscience, éternelle épine dans son pied qu'il refusait de retirer par stupide attachement. Même si cela pouvait déclencher une infection à cause de laquelle il lui faudrait amputer un membre. Ed était tout ce qui lui restait de cette époque où il se sentait aimé, le reliquat d'une période où pendant quelques temps, Oswald avait été dégoûté de ses bains, souvenir traumatique d'une tentative de meurtre ratée.
Il laissa ses pensées vagabonder sur ce terrain, qu'il savait pourtant glissant. Ed était sa petite obsession personnelle, son désir coupable jamais assouvi. Désir de vaincre, désir d'abnégation. Désir de réconciliation et d'amitié retrouvée.
Caché tout au fond, désir de romance, aussi. Seul dans son bain, il pouvait fermer les yeux en imaginant que s'excuser suffirait à déclencher quelque chose chez Ed, afin que ce dernier réalise ce qu'ils pouvaient avoir. Ce qu'Oswald était prêt à faire pour une miette de tendresse. Sans personne autour, Oswald pouvait admettre son besoin pathétique d'approbation, il pouvait s'avouer que le regard admiratif d'Edward lui manquait et que même si ce dernier ne lui offrait qu'un centième de l'adoration qu'il éprouvait autrefois, ce serait assez. Venant de lui, ce serait bien suffisant pour nourrir une existence entière.
Oswald tira brusquement sur la chaîne du bouchon de la baignoire, qui sorti de son encastrement dans un gargouillis d'eau. Celle-ci s'engouffra dans le siphon en moussant. Oswald se leva lentement, en grinçant des dents à la douleur, certes atténuée, mais toujours désagréable, de sa jambe.
Se laisser aller à ce genre de fantasme ne lui apporterait rien de bon. Aux rêveries il préférait l'action !
Parfois il rêvait encore du dragon rouge. Francis Dolarhyde.
Il avait malgré lui été l'élément fondateur d'un nouveau monde, le sien et celui d'Hannibal, un monde qui avait failli ne jamais voir le jour, un monde qui s'était maintes fois échoué à chaque tentative de l'un ou l'autre pour se rapprocher.
Un monde où, après une tentative de suicide et de meurtre mêlée, ils avaient finalement survécu ; un monde où Will se réveillait avec la certitude de trouver une lame contre sa joue pour rouvrir ses vieilles cicatrices.
Le dragon avait été primordial et c'était la raison pour laquelle il hantait toujours Will la nuit venue. Il avait ébranlé son univers, bousculé les quittes de son existence, et les avait remis dans un ordre différent.
Il avait permis à l'impossible de devenir possible. L'union improbable du tueur en série cannibale et de l'ancien flic traumatisé.
Parfois Will se demandait si Hannibal le gardait auprès de lui comme on garde un vieil objet associé à de bons souvenirs – ceux d'une lutte implacable, d'une amitié étrange et chaotique. Puis il se souvient qu'Hannibal n'est pas du genre sentimental. Il ne garde que ce qui lui est utile.
Alors il se creuse longuement la tête pour chercher en quoi il est utile. Ce n'est que le matin venu, quand les bras d'Hannibal l'enlacent en repoussant les draps qui les recouvrent, qu'il réalise que certains besoins sont plus vitaux que d'autres et que même le dragon Dolarhyde a pu tomber amoureux d'une aveugle.
Et lui ne l'est pas, pourtant Hannibal l'a toujours gardé auprès de lui.
Le somptueux corps nu d'Edward Nygma était entièrement sous le contrôle d'Oswald. Ses chevilles étaient attachées par des lanières à un écarteur, une large barre métallique l'obligeant à garder les jambes ouvertes. Ses poignets étaient menottées à la tête de lit, ce qui le forçait à être face au mur, incapable de voir ce qui se passait derrière lui. Sa bouche était occupée par une boule de plastique rouge comme une pomme qui était retenue par des liens en cuir passant derrière sa tête, et un masque de sommeil lui bandait les yeux.
A genoux sur le matelas derrière Ed, Oswald caressa doucement son échine, avant de déposer un baiser dans le creux de ses reins. Un frisson parcourut le dos de son amant, ce qui conforta davantage le Pingouin dans la certitude qu'en dépit de cette position qu'il trouvait personnellement plutôt humiliante, Ed appréciait cela comme prévu.
Il était temps d'y remédier.
« Je vais commencer, Edward. », déclara Oswald d'une voix nasale et volontairement froide.
Ses doigts se refermèrent sur le manche d'un martinet posé sagement à côté de lui, sur le drap.
Ed baissa la tête en signe d'assentiment. Le désir et l'ivresse du pouvoir envahirent Oswald comme un brusque retour de flamme. Il gifla une fesse d'un geste vif, provoquant une secousse chez Ed, et un cri bref étouffé par le bâillon-boule.
« Tu sais que tu le mérites. », gronda le Pingouin. « Tu ne peux pas prétendre le contraire, après ce que tu as fait... »
Le martinet frappa une cuisse. Ed se cambra en couinant.
« Tu sais que je dois te corriger. » continua Oswald, de plus en plus haletant. « Je ne pourrais pas prétendre être le roi de Gotham si je te laissais agir à ta guise. »
Le fouet s'abattit à nouveau et la tête d'Ed retomba. Il croisa deux doigts et aussitôt Oswald s'interrompit. Il massa tendrement la marque rouge sur la peau du Riddler – le signal voulait dire qu'il pouvait continuer mais qu'il devait ralentir. La contrainte de punir tout en prenant garde au bien-être de Ed ne faisant qu'alimenter davantage son excitation.
Le contrôle qu'il exerçait ici, dans un des rares moments d'intimité qu'ils pouvaient aménager dans leur emploi du temps surchargé, était le plus puissant des aphrodisiaques qu'il ait pu expérimenter.