LIFE
Titre :
Auteur : Keiko Suenobu
Dessinatrice : Keiko Suenobu
Editeur : Kurokawa
Collection : Shôjo
Voici le résumé, trouvé sur le blog des éditions Kurokawa :
Ayumu est une collégienne aux résultats scolaires médiocres. Heureusement sa meilleure amie, la brillante Shii, est toujours là pour l’aider et la soutenir. Elles se promettent d’aller toutes les deux dans un lycée prestigieux et étudient ensemble pour passer l’examen d’entrée. Mais quand Ayumu est reçue et que Shii échoue, leur belle amitié vole en éclat. Ayumu qui se sent coupable de cette rupture va commencer à s’automutiler, pensant ainsi expier ses fautes. Si les choses s’améliorent peu à peu dans son nouveau lycée, elle va vite découvrir que l’apparence de ses camarades de classe ne reflète en rien leur vraie personnalité…
Hm.
Je me demande quoi dire. C'est la première fois que je fais une critique balayant plusieurs tomes d'une série. Je trouve ça vachement général, du coup, parce que je ne vais pas analyser chaque tome, un par un.
Pour commencer, j'aimerais parler de la couverture.
Alors voilà, toutes les couverture de LIFE heu...
Personnellement, j'avais déjà rencontré ce manga à la fnac, mais je ne m'y étais jamais intéressée, justement à cause de cette couverture trompeuse.
Car
Non non,
Si j'avais été plus attentive, j'aurais remarqué le titre. LIFE, ça paraît très optimiste, n'est-ce pas, surtout écrit en majuscules, en capitales d'imprimerie. ça ressemble à une typo de shonen sportif, je trouve.
Seulement, le titre, ce n'est pas LIFE. Je viens à peine de le remarquer en fait, en copiant l'image pour cet article. Le véritable titre, c'est
Et là, tout de suite, ça prend une tout autre signification.
D'abord parce que c'est une vie barrée. Une râture, un ratage. Un dérapage. Une vie gâchée, bousillée.
De plus, le trait symbolise aussi le trait que trace l'héroïne à la lame de cutter sur son poignet. Et les autres qui ont suivi, pas seulement sur ses bras, mais sur ses cuisses aussi...
Bref, même si la couv a, selon moi, très peu d'attraits (banale, pas spécialement belle, et complètement non représentative du sujet traité), il ne faut pas juger un livre sur sa couverture.
Le résumé donné en début d'article, est aussi très peu représentatif de l'intégralité de la série. Mais c'est normal : c'est un résumé commercial destiné à donner envie de lire, pas de faire une synthèse. En plus, à l'époque, tous les tomes n'étaient pas sortis (il y a 20 tomes en tout sortis au Japon, 8 parus en France, et moi-même je n'ai lu que jusqu'aux tomes 5-6, donc mon avis reste partiel).
Ce manga traite d'ijime. C'est ce pourquoi j'en ai commencé la lecture.
L'ijime, ou "Bullying" en anglais, est un phénomène que nous retrouvons dans énormément de cours d'école, que ce soit en primaire, au collège, ou au lycée. Que ce soit au Japon, aux USA ou en France.
C'est ce qu'on appelle le harcèlement scolaire.
Le harcèlement scolaire. Je suis sûre (ou à peu près sûre) que vous n'avez jamais vu ce terme auparavant. Je suis sûre que si on faisait un sondage dans la rue, personne ne saurait exactement de quoi il s'agit. Et c'est normal.
Car de un, le harcèlement est par définition quelque chose d'insidieux, de psychologique, et est donc difficile à décrire.
Et de deux...les médias n'en parlent jamais.
C'est un thème qui me tient particulièrement à coeur, car j'ai, comme beaucoup de personnes un peu marginales, subit, à un certain degrés, ce type de harcèlement quotidien.
La façon dont j'ai pu m'en sortir (plus ou moins), c'est en frappant une de mes camarades de classe après qu'elle se soit moquée de moi en me tournant autour en babillant alors que je tenais une conversation avec d'autres personnes. Dis comme ça, ça a l'air tellement...futile. Pourquoi ne pas l'avoir simplement ignorée ?
La vérité, c'est qu'à force de moqueries, d'insultes et de brimades, on ne peut tout simplement plus les ignorer. Parce qu'à partir d'un certain stade, on ne peut plus en supporter davantage.
.
Revenons au manga. L'héroïne s'est faite lourder par sa best friend (encore un concept qui m'est inconnu) et commence à s'auto-mutiler par culpabilité. Elle entre dans un nouveau lycée, tout va bien...et puis elle tombe entre les mains d'un pervers (un élève) qui lui fait du chantage. Ensuite, il y a un quiproquo, et elle se retrouve détestée par toute sa classe, et harcelée très violemment.
J'aurais tendance à dire que...c'est du pathos recherché. Mais trop, c'est trop. On frôle l'overdose.
La pauvre Ayumu se retrouve avec toutes les horreurs de la terre (harcèlement, tentative de viol, mère qui l'ignore, prof qui ne l'écoute pas...), on se demande si ce n'est pas décrit uniquement pour nous faire pleurer. Sérieusement, je trouve que c'est irréaliste. En plus, si vous lisez plusieurs tomes d'un coup, vous avez deux chances sur quatre de faire une dépression nerveuse.
Sérieusement, je n'ai rien contre les tourments intérieurs mais...à force, je trouve que le contexte ressemble plus à une sorte d'Alice au pays des horreurs scolaires qu'un manga traitant d'un phénomène réel dont l'auteur s'inspire de sa propre expérience.
Cependant, en ce qui me concerne, je ne suis pas déprimée. Juste très excitée par l'espoir qui se dégage petit à petit au fur et à mesure que les tomes progressent dans la narration.
Car si le début est franchement sombre, et que ça ne va pas en s'arrangeant, l'auteur sait très bien distillé là où il faut quelques notes de gaieté et d'espoir, et je me suis surprise à émettre un rire étranglé devant certaines scènes.
L'histoire et la psychologie des personnages sont le point fort de ce manga, tout le monde vous le dira. Si j'émet quelques réserves à propos de l'histoire trop englué dans sa succession de malheurs, les caractères sont complexes, ambivalents, les humeurs très bien retranscrites...
Néanmoins, on peut peut-être reprocher un graphisme assez moche, ou du moins un peu rebutant au premier abord. Je m'explique. Le dessin ressemble à un shôjo de seconde zone. Parce que si, comme moi, vous avez dans votre bibliothèque quelques shôjo sublimes tels que Host Club de Bisco Hatori ou Tsubasa reservoir chronicle des CLAMP...ou même Otomen d'Aya Kanno, vous allez sentir la différence.
D'après moi, les traits sont grossiers, parfois trop épais. Les yeux sont ternes. Les trames peu présentes, ainsi que les fond quasi absents. On peut pourtant noter que la mangaka maîtrise son trait, au niveau des proportions corporelles, mais ya pas, ça ne vaut pas un travail des Peach-Pit.
...et pourtant, et pourtant, il y a une chose que Keiko Suenobu sait parfaitement retranscrire par l'image...ce sont les sentiments les plus sordides.
Les expressions vicieuses du lycéen pervers, celles de la harceleuse en chef, le visage en larmes de l'héroïne, celui empli de haine de sa meilleure amie dans le premier tome...autant de dessins qui marquent fortement et peuvent filer un frisson d'effroi à qui n'est pas déjà en train de rendre son petit déjeuner ^^
Que reste-t-il à dire ? Ma foi, pas grand chose. J'avoue que j'ai envie de connaître la fin de l'histoire. Ayumu, contrairement à beaucoup d'héroïne de shôjo (pour ne citer que les plus con*es : Tohru de Fruit Basket (palme d'or), Kobato des CLAMP, Yuiko de Loveless...) a une vraie dimension psychologique, une âme torturée, parfois joyeuse, parfois démoralisée, mais jamais en état de "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" typique des gentilles héroïnes de shôjo qui, il faut bien l'avouer, ne sont que le reflet de la personne qu'on aimerait bien être (à savoir quelqu'un d'heureux apprécié par tout le monde).
Personnellement, je n'aimerais pas du tout être Ayumu. Ni aucun des personnages de ce manga. Même si j'envie la liberté d'Hattori, quand même.
Pour conclure, je dirais donc qu'il faut laisser sa chance à ce manga, qui tient plus du seinen que du shôjo, à mon avis, mais ce n'est, d'après moi, pas un indispensable pour un fan de mangas basiques. Cependant, si vous voulez vous plonger dans quelque chose de sombre et d'un peu complexe, je pense que c'est le manga idéal. Mais il y en a plein d'autre...
En somme, mon avis est mitigé. J'aurais aimé un peu moins de trauma. Trop de rebondissements tue le rebondissement.
Aller....BONNE NUIT *crevée, car il est 3h du mat, elle a mis trois plombes pour écrire sa critique (que personne ne lira) mais au moins, ça c'est fait*
PS : youhou, z'avez vu toutes les références que j'ai mis dans ce texte ? C'est la frime XD !