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[personal profile] andysss
"Faire des thèmes", c'est un petit jeu qui consiste à balancer à tour de rôle un thème, et se donner 10 minutes pour produire quelque chose dessus (fanart, fanfic ou originaux...)

Voici les résultats de la dernière session avec [livejournal.com profile] marryblack, consacrée aux histoires originales :
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Obscurité (205 mots)

Le vent soufflait contre les vitres, émettant un sifflement doux qui rappelait à l'enfant qu'il était à l'abri, au chaud dans son lit.

La chambre était plongée dans l'obscurité. En tendant davantage l'oreille, l'enfant s'assura que ses parents étaient couchés. Il n'y avait aucun bruit dans la maison, juste le vent contre sa fenêtre.

Il tâtonna sous son oreiller à la recherche de sa petite lampe de poche. Sa mère la lui avait confié parce qu'il avait encore un peu peur du noir, malgré son âge.

Depuis, il n'avait plus peur. Il l'alluma, et un rayon de lumière transperça les ténèbres. Des ombres étranges grandirent autour de lui, mais il n'y prêta pas attention. Il rejeta les draps et la couverture, pour sortir de son lit.

Il frissonna à cause de la différence de température, et ses doigts de pieds se crispèrent légèrement sur la moquette.

Il avança vers la porte du placard. A une époque, il en avait eu horriblement peur, si peur qu'il criait et pleurait dès que sa mère éteignait le plafonnier. Mais à présent, plus rien ne l'effrayait.

Il ouvrit lentement la porte et chuchota :

- Tu peux sortir à présent, tout le monde dort.

Un grondement inhumain lui répondit.

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Fête (386 mots) - Darry Bradigan, notre ami rouquin irlandais fan d'enquêtes policières

La tête dans les bras, Darry essayait de chasser la nausée qui l'envahissait. La musique était trop forte et bourdonnait dans ses oreilles dans un capharnaüm de sons tonitruants.

Quelqu'un lui toucha la coude et il se redressa vivement ; il renversa par mégarde son verre vide sur le bar.

- C'est une fête sympa, non ?, déclara la jeune fille qui venait de s'asseoir à côté de lui et redressait son verre.

Elle ponctua sa phrase d'une grimace, soulignant son ironie. Il ne put s'empêcher de sourire un peu, malgré le mal de crâne.

Elle se tourna vers le barman et réclama une menthe à l'eau.

- Quoi, pas d'alcool ?, se moqua gentiment Darry.

La fille haussa une épaule ; elle était très jolie, dans le style punkette débraillée. Elle fit la moue, ce qui fit ressortir le piercing qu'elle avait à la lèvre.

- Quand je vois dans quel état ça t'a mis, je préfère m'abstenir.

- C'est si moche que ça ?, demanda le rouquin en jetant un coup d’œil à la glace derrière le barman, espérant y capter son reflet. Mais les lumières stroboscopiques lui bousillaient les yeux, alors il préféra s'abstenir.

- On dirait que tu vas te liquéfier sur place d'un moment à l'autre, acquiesça la fille.

- Pas mon genre, répliqua Darry.

Son interlocutrice le détailla d'un air critique ; il imagina ce qu'elle voyait : un type dégingandé recroquevillé sur un tabouret de bar, portant un vieil imper à la couleur indéfinissable. Son visage était couvert de taches de rousseur, son t-shirt Rolling Stone était définitivement hasbeen, et que dire de ses mains aux articulations encore abîmées par la dernière bagarre à laquelle il avait participé...

Quand elle releva les yeux, il grogna :

- Tu me crois si je te dis que c'était pour récupérer le sac à main d'une petite grand-mère ?

Pour toute réponse, elle s'empara de son sirop à la menthe, but une longue gorgée, et se leva. Il allait abandonné, dépité, lorsqu'elle lui tendit la main.

- Si tu peux me prouver que t'arrive à tenir sur tes jambes, il se pourrait que j'accepte de prendre ton numéro de portable, s'amusa-t-elle.

Une lueur d'intérêt brilla dans les yeux de Darry. Finalement, il avait peut-être bien fait de venir à cette fichue fête.


..CC
Ceinture (205 mots)
Alors qu'elle marchait dans la rue, son sac à main sous le bras, un type la siffla. Elle l'ignora sciemment et accéléra le pas, énervée.

Mais apparemment, l'autre n'avait pas compris le message. Il la suivit. Elle entendait ses pas derrière elle. Il vînt à sa hauteur.

- Pourquoi tu cours comme ça ?

- Foutez-moi la paix, grogna-t-elle en resserrant son bras contre son sac.

Du coin de l'oeil, elle le vit faire un mouvement. Elle s'écarta vivement, et se cogna contre un parcmètre. Foutu parcmètre ! Elle fit tomber son portable qu'elle tenait dans son autre main.

Il se pencha pour le ramasser et commença à pianoter dessus.

Elle sentit la moutarde lui monter sérieusement au nez.

- Rendez-moi ça !, gronda-t-elle en se contenant, les poings serrés.

Il lui sourit, et elle réalisa qu'il croyait sincèrement ne rien faire de mal. Que tout ceci était absolument normal.

- T'es mignonne, alors je te donne mon numéro.

Il lui rendit son téléphone. Elle le rangea rapidement, les yeux baissés et s'en alla, mortifiée.

Elle se sentait conne. Elle aurait dû le frapper.

Mais ce n'est pas pour ce genre de choses qu'elle est devenue ceinture noire de judo.


;;;
Parler de ce qui fait mal (159 mots)
Prenant son courage à deux mains, le garçon toqua doucement à la porte de la chambre de sa mère. Elle s'entrebailla et il jeta un coup d’œil dans la pénombre, apercevant une silhouette assise sur le lit, le visage dans les mains. Il entendit des sanglots étouffés.

- Maman ?, dit-il d'une toute petite voix.

Elle leva les yeux vers lui et, comme il avançait vers elle, elle lui prit doucement la main.

- Qu'est-ce que tu as Maman ?

- Rien, ne t'inquiète pas, répondit-elle gentiment, les yeux brillants et humides.

Il était encore jeune, et il évidement qu'il s'inquiétait. C'était la première fois qu'il voyait sa mère pleurer.

- C'est à cause de...à cause du décès de grand-mère ?

Sans dire un mot, elle le prit dans ses bras, et il la serra contre lui. S'il pouvait, il prendrait la moitié de son chagrin pour que ce soit moins lourd à porter.

Mais il ne pouvait pas.


....
Désert (307 mots)
Les hommes connaissent le désert. Ils savent combien cet endroit est dangereux, car cela fait des années qu'ils le traversent de part en part, nomades toujours à la recherche de nourriture et d'eau potable.

Il y a la soif, évidemment. Il faut pouvoir la gérer, économiser les réserves. Mais ce n'est pas tout.

Bien sûr, il y a les tempêtes de sable, elles sont imprévisibles et forcent les caravanes à dévier de leur chemin pour trouver un refuge.

La température est ce qui tue le plus vite si l'on n'est pas préparé. Brûlante le jour, glaciale le soir.

Pourtant, ce qu'il y a de pire, ce sont les voix.

Car la nuit, tandis que tout le monde dort, les voix s'élèvent, et elles appellent. Mais les hommes sont prévenus. Ils savent qu'ils ne doivent pas répondre, ni se séparer de leurs compagnons. Ils dorment par paires, pieds contre pieds.

Au début, les voix ne font que gémir et demander de l'aide. Parfois, elles prennent un ton suppliant, aguicheur ou menaçant. Parfois, et c'est là que c'est le plus dur, elles sont celles des proches qui nous manque, la femme laissée au village, le père disparu...

Cependant, il s'agit d'illusions, et pour peu que l'on s'y laisse piéger, on ne risque pas de revenir. Car passer la première dune, on perd son chemin, suivant les voix dans le noir qui nous appelle...

Ensuite, vient la créature. Quand celle-ci réalise que les hommes ne se laissent pas tromper par ses tours, elle s'aventure prudemment au milieu du campement endormi. Elle est silencieuse, elle rampe lentement sur le sable à la recherche d'un pied nu dont elle pourra grignoter les orteils. Mais elle s'en va déçue, car ces hommes-là n'ont pas de pieds, croit-elle en les trouvant soudés les uns aux autres.

Alors elle s'en va, se repaître d'autres proies.

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