(Ce chapitre fait suite au chapitre 2)
Où es-tu ?
[Dean Winchester à Numéro Inconnu - 10 août, 11:58]
"Cas, où tu es ? Pourquoi tu ne réponds pas au téléphone ? Rappelle-moi dès que tu as ce message !"
[Appel de Dean Winchester à Numéro Inconnu - 10 août, 15:36]
...
[Appel sans message de Dean Winchester à Numéro Inconnu - 11 août, 10:48]
...
[Appel sans message de Dean Winchester à Numéro Inconnu - 12 août, 09:16]
...
[Appel sans message de Dean Winchester à Numéro Inconnu - 14 août, 10:18]
Ca va faire une semaine qu'on te cherche ! Où es-tu ? Réponds-moi.
[Dean Winchester à Numéro Inconnu - 16 août, 18:03]
Réponds-moi, CAS !
[Dean Winchester à Numéro Inconnu - 16 août, 18:22]
...
[Appel sans message de Dean Winchester à Numéro Inconnu - 16 août, 18:34]
Je sais que tu crois être obligé de partir, mais c'est faux. Quelque soit a raison, qu'ils se débrouillent ! On en a assez fait comme ça. S'il te plaît, sms-moi. Appelle-moi. N'importe quoi, mais réponds.
[Dean Winchester à Numéro Inconnu - 18 août, 20:42]
...
[Appel sans message de Dean Winchester à Numéro Inconnu - 26 août, 21:53]
Merde tu pourai rpondre ! Répond !
[Dean Winchester à Numéro Inconnu - 26 août, 22:08]
Pourquoi t'es parti sans dire un mot ? On aurait dû en discuter ! C'est ce que font les gens civilisés, ils discutent et trouvent des solutions ! Pourquoi il a fallu que tu partes comme un voleur au milieu de la nuit ! Reviens Cas
[Dean Winchester à Numéro Inconnu - 28 août, 18:15]
On est rentré au bunker. Sam veut faire des recherches. S'il te plaît Cas, rentre à la maison.
[Dean Winchester à Numéro Inconnu - 29 août, 10:04]
"Espèce d'enfoiré ! Je n'ai jamais voulu que tu partes. Pourquoi t'es parti ? Pourquoi tu m'as laissé...nous a laissé ? Merde, on pouvait trouver une solution. Je sais pas laquelle, mais on aurait pu, si tu nous avais parlé...pourquoi tu m'as pas parlé, Cas ? Laisse-moi te parler...*marmonnements inaudibles* Merde !"
[Appel de Dean Winchester à Numéro Inconnu - 2 septembre, 22:19]
sSam ma envoyé au lti comme un écolier. Jai limpression quil sait quon te retrouvera pas si tu veut pas quon ter trouve. JAi envie de prendre la route pour te cherché encor mais sui trop bourré. Sans doute. Merde va te faire foutre. Jai besoin dun autre verre
[Dean Winchester à Numéro Inconnu - 2 septembre, 23:25]
Jai trouvé ta lettre.
[Dean Winchester à Numéro Inconnu - 2 septembre, 23:43]
...
[Appel sans message de Dean Winchester à Numéro Inconnu - 2 septembre, 23:45]
"Cas, je t'en prie. J'ai besoin de te parler. Décroche ce foutu téléphone ! *sanglot*"
[Appel de Dean Winchester à Numéro Inconnu - 2 septembre, 23:48]
...
[Appel sans message de Sam Winchester à Numéro Inconnu - 8 septembre, 08:10]
Castiel n'avait pas vu l'Aconcagua depuis plusieurs millénaires. C'était une montagne très impressionnante, même vue de loin.
Il reporta son regard sur son portable, le coeur serré. Il voulait rappeler. S'expliquer et se rassurer - il avait entendu la voix de Dean et reconnu l'influence de l'alcool dans le ton âpre de sa voix. Il voulait savoir s'il allait bien - sans doute que non.
Mais ce n'était qu'un mauvais moment à passer.
Il pressa doucement le petit écran contre son front, puisant tout son courage dans pensée que Dean s'en sortirait, et il éteignit l'appareil.
Il pouvait entreprendre son ascension.
Très cher Dean,
Ainsi, tu as trouvé ma première lettre. C'est étrange, mais la pensée que tu ais pu la lire rempli mon coeur d'une allégresse nouvelle. Il y a quelque chose d'incompréhensible là-dessous et je ne saurais expliquer pourquoi je ressens cela. Toutefois je voulais te le dire une nouvelle fois : je n'ai jamais cessé de t'aimer, même si je suis parti.
Il fallait que je m'en aille. Il y a certaines choses que je dois faire. Comme je l'ai déjà dit dans ma précédente missive, je ne pouvais t'en parler, de peur que tu m'empêches d'accomplir ces épreuves. Je ne peux pas t'en dire plus - je sais que tu désapprouverais. Parce que nous risquons, à l'issu de cela, de ne plus jamais nous revoir.
J'ai besoin de savoir que tu vas bien, alors je t'envoie cette lettre pour m'assurer un départ serein. Je ne veux pas que tu t'en fasses pour moi. Je n'ai pas décroché à tes appels, je suis désolé.
Je suis faible. J'avais décidé de rompre les liens, mais tu me vois en train de t'écrire, car les quelques messages que tu as laissé sur mon téléphone cellulaire me brise le coeur - pas littéralement, mais c'est une figure de style qui retransmet bien ce que je ressens.
Si tu savais comme je t'aime. Je peux seulement l'écrire ici, alors, laisse-moi le privilège de le répéter à corps et à cris : je t'aime, Dean Winchester, je t'aime tellement, tellement, et plus encore. Tellement que je ne vois pas concrètement comment cet amour peut être contenu par un aussi petit vaisseau.
Je te demande pardon. Je t'ai fait du mal et je regrette. Chaque fois.
Si je pouvais, je reviendrais immédiatement vers toi. Je voudrais t'étreindre, te serrer contre moi jusqu'à ce que tu me supplies en riant d'arrêter parce que c'est embarrassant.
S'il te plaît - et c'est là le but de ma lettre - ne me cherche pas. Ne me cherche pas, pour l'amour du ciel, cela ne sert à rien.
Je reviendrais si Dieu le veut. Sinon...
Permets juste à mon souvenir de perdurer dans vos mémoires, et mes mots sur ce bout de papier.
Avec tout l'amour du monde,
Castiel
L'excitation du début se transforma en une expression bien sombre, et Sam voyait qu'à mesure qu'il avançait dans sa lecture, Dean devenait de plus en plus rouge - de fait, il avait follement envie de lire la lettre mais eut la patience d'attendre que Dean ait fini.
- Elle vient d'Argentine, dit-il en désignant le cachet de l'enveloppe. Je pensais qu'il serait plus prudent que ça. Il va être facile à retrouver...
Il fronça les sourcils en voyant son frère replier la lettre.
- Que disait-il ?
- Des conneries !, gronda Dean en se massant les tempes.
Sam glissa gentiment des aspirines dans sa main.
- Tiens, pour ta gueule de bois. Elle doit être carabinée, si j'en crois l'état dans lequel tu es depuis une semaine.
Dean ne prit pas la peine de répondre mais accepta les médicaments qu'il prit sans eau.
Il avait une vraie tête de déterré.
Sam se leva.
- Je vais faire le nécessaire.
La descente fut beaucoup moins évidente que la montée. Cas tremblait comme il n'avait jamais tremblé auparavant. Il était content, d'une certaine façon, d'avoir mis les choses au clair.
Mais pourrait-il y survivre, c'était une autre question.
Soudain il entendit des cris. Son nom.
Des silhouettes vêtues de pieds en cap avançaient vers lui. Il reconnu Dean avant même de pouvoir voir son visage.
- Dean...
- Cas !, lui répondit-il comme un écho, se jetant contre lui comme une avalanche.
Ses jambes vacillèrent.
- Heureux de te retrouver enfin, soupira Sam avec satisfaction.
Les bras de Dean autour de son corps affaibli amoindrissaient encore davantage ses forces; il voulait sombrer dans cette chaleur réconfortante et ne plus jamais la quitter.
- Ne refais plus jamais ça !
Castiel reposa sa joue contre l'épaule de Dean, les larmes lui venant naturellement, et le sourire avec.
- Il fallait que je le fasse. Pour nous deux.
Dean continua de le serrer, incapable d'aligner ne serait-ce que deux mots. Sam demanda à sa place :
- Est-ce que tu as réussi ?
Cas leva un regard dorénavant complètement humain sur Sam et répondit :
- Nous avons réussi.
L'étreinte de Dean se fit plus étroite encore.