Tokyo Ghoul re: - Si clair
Apr. 18th, 2016 11:44 amTitre : Si clair
Fandom : Tokyo Ghoul re
Rating : R
Genre : angst
Personnages : Takizawa(/Mado Akira)
Nombre de mots : 516
Commentaire : SPOILER TOME 3 jusqu'au chapitre 30
Son esprit était si clair qu’il en était aveuglant. Quelque part, peut-être qu’il savait que ce n’était qu’une illusion et qu’il était fou, mais toute la souffrance endurée l’empêchait d’y réfléchir. Il y avait la faim, qui effaçait tout.
Elle était terrible. Peu importe combien il mangeait, il gardait ce vide que le médecin lui avait laissé en lui arrachant son âme, sa peur de vivre. Il était mort et revenu, ce qui n’était une bonne nouvelle pour personne.
Il préférait que ses parents le croient disparu à jamais. Qu’ils ne sachent pas ce qu’il était devenu.
Même lui aurait voulu l’ignorer – il lui arrivait d’oublier, pendant de brefs moments où il lui fallait dormir. C’était comme de mourir une seconde fois, une sorte de deuxième chance qui lui était à chaque fois refusée.
Il était un cadavre qui mangeait des cadavres.
Il se comportait de manière puérile. Ses désirs étaient simples, sa violence aussi. Comme plus rien n’avait d’importance, puisqu’il pouvait déchaîner sa colère sans se restreindre. Et étonnamment, cette fois, on l’écoutait, on ne discutait plus dans son dos pendant qu’il parlait. On l’écoutait tellement que le silence lui perçait les tympans.
Tout plutôt que ce silence étouffant.
Mais peut-être que s’il arrêtait de tuer il pourrait entendre les voix – autres que celles qui vivaient dans sa tête. Il ne se posait pas la question, de toute manière. Les contraintes, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, ne lui appartenaient plus : si ça ne tenait qu’à lui, il ferait tout ce qu’il voudrait – le problème étant que la seule chose qu’il voulait vraiment, c’était manger (mourir).
Il avait perdu l’habitude de noter les regards, aussi quand il croisa celui de Mado, il le transperça comme un rai de lumière. Son esprit était clair, mais soudain quelque chose apparaissait et ce quelque chose avait une ombre, ce qui lui fit brusquement réalisé que le reste était transparent.
Mado. Les sentiments contradictoires qu’il ressentit en la voyant n’appartenaient pas à la goule, mais à l’homme. C’était une forme d’horreur réjouie, un mélange de jalousie frustrée et de nostalgie, une émotion brutale qui donne envie de pleurer et de rire en même temps. Ça faisait bien longtemps qu’il n’avait pas versé une larme. Quand il pleurait sur lui-même – ce qui arrivait de plus en plus rarement – c’était un flot ininterrompu d’eau et de morve. Mais voir Mado ne le rendait pas malheureux.
Ça le rendait triste. Il ne se souvenait pas avoir voulu être proche d’elle, mais à la seconde où il la vit, il eut envie de la serrer contre lui.
Jusqu’à ce que la honte le prenne à la gorge.
C’était une contrainte. Il se moquait de ce que l’on pensait de lui, mais pas de ce que pensait Mado. Mado le croyait mort et c’était bien ainsi. Maintenant elle savait.
Elle savait qu’il était un monstre, qu’ils étaient ennemis et que l’un d’eux tuerait l’autre.
Et même après tout ce qu’il avait vécu, cette réalisation le priva de ses forces. Il s’enfuit la queue entre les jambes – ce qu’il avait su faire de mieux quand il était humain, la seule fois où il n’avait pas fuie lui ayant coûté sa vie normale. Qui ne lui manquait pas, par ailleurs.
Il aimait son esprit clair. Mais la petite part de lui qui n’était pas d’accord, celle qu’il n’écoutait plus…elle s’était épanouie au moment où il avait croisé le regard de Mado au milieu du carnage.
Fandom : Tokyo Ghoul re
Rating : R
Genre : angst
Personnages : Takizawa(/Mado Akira)
Nombre de mots : 516
Commentaire : SPOILER TOME 3 jusqu'au chapitre 30
Son esprit était si clair qu’il en était aveuglant. Quelque part, peut-être qu’il savait que ce n’était qu’une illusion et qu’il était fou, mais toute la souffrance endurée l’empêchait d’y réfléchir. Il y avait la faim, qui effaçait tout.
Elle était terrible. Peu importe combien il mangeait, il gardait ce vide que le médecin lui avait laissé en lui arrachant son âme, sa peur de vivre. Il était mort et revenu, ce qui n’était une bonne nouvelle pour personne.
Il préférait que ses parents le croient disparu à jamais. Qu’ils ne sachent pas ce qu’il était devenu.
Même lui aurait voulu l’ignorer – il lui arrivait d’oublier, pendant de brefs moments où il lui fallait dormir. C’était comme de mourir une seconde fois, une sorte de deuxième chance qui lui était à chaque fois refusée.
Il était un cadavre qui mangeait des cadavres.
Il se comportait de manière puérile. Ses désirs étaient simples, sa violence aussi. Comme plus rien n’avait d’importance, puisqu’il pouvait déchaîner sa colère sans se restreindre. Et étonnamment, cette fois, on l’écoutait, on ne discutait plus dans son dos pendant qu’il parlait. On l’écoutait tellement que le silence lui perçait les tympans.
Tout plutôt que ce silence étouffant.
Mais peut-être que s’il arrêtait de tuer il pourrait entendre les voix – autres que celles qui vivaient dans sa tête. Il ne se posait pas la question, de toute manière. Les contraintes, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, ne lui appartenaient plus : si ça ne tenait qu’à lui, il ferait tout ce qu’il voudrait – le problème étant que la seule chose qu’il voulait vraiment, c’était manger (mourir).
Il avait perdu l’habitude de noter les regards, aussi quand il croisa celui de Mado, il le transperça comme un rai de lumière. Son esprit était clair, mais soudain quelque chose apparaissait et ce quelque chose avait une ombre, ce qui lui fit brusquement réalisé que le reste était transparent.
Mado. Les sentiments contradictoires qu’il ressentit en la voyant n’appartenaient pas à la goule, mais à l’homme. C’était une forme d’horreur réjouie, un mélange de jalousie frustrée et de nostalgie, une émotion brutale qui donne envie de pleurer et de rire en même temps. Ça faisait bien longtemps qu’il n’avait pas versé une larme. Quand il pleurait sur lui-même – ce qui arrivait de plus en plus rarement – c’était un flot ininterrompu d’eau et de morve. Mais voir Mado ne le rendait pas malheureux.
Ça le rendait triste. Il ne se souvenait pas avoir voulu être proche d’elle, mais à la seconde où il la vit, il eut envie de la serrer contre lui.
Jusqu’à ce que la honte le prenne à la gorge.
C’était une contrainte. Il se moquait de ce que l’on pensait de lui, mais pas de ce que pensait Mado. Mado le croyait mort et c’était bien ainsi. Maintenant elle savait.
Elle savait qu’il était un monstre, qu’ils étaient ennemis et que l’un d’eux tuerait l’autre.
Et même après tout ce qu’il avait vécu, cette réalisation le priva de ses forces. Il s’enfuit la queue entre les jambes – ce qu’il avait su faire de mieux quand il était humain, la seule fois où il n’avait pas fuie lui ayant coûté sa vie normale. Qui ne lui manquait pas, par ailleurs.
Il aimait son esprit clair. Mais la petite part de lui qui n’était pas d’accord, celle qu’il n’écoutait plus…elle s’était épanouie au moment où il avait croisé le regard de Mado au milieu du carnage.