Gotham - Dans le silence
Jun. 29th, 2019 02:43 pmTitre : Dans le silence
Fandom : Gotham
Rating : PG-13
Genres : horreur, fantastique, pré-slash
Personnages : Ed(->Kristen), ghost!Oswald, ghost!Martin
Nombre de mots : 929
Commentaire : inspiré par l'ua Ju-on de dancing_penguins, dont cette fic est une sorte de suite. J'écrirais peut-être la suite un de ces quatre...
J'ai déjà écrit sur cet ua, ici (rating mature)
Aussi, j'avais pas d'inspi pour le titre
La musique était un art, et Ed était un scientifique dans l'âme. Il connaissait le solfège, il savait comment les sons fonctionnaient, comment l'oreille fonctionnait, mais jamais il n'avait été capable de produire de la bonne musique, et encore aujourd'hui, il ignorait pourquoi celle-ci arrivait à faire tant vibrer les cœurs. Elle lui resterait sans doute à jamais mystérieuse, et c'était ce qu'il aimait en elle.
Son style préféré, c'était le blues, qui lui évoquait des ambiances feutrées et romantiques convenant parfaitement à sa solitude chérie et ses espoirs d'amour déçus.
Cela faisait des jours que Kristen ne l'avait pas rappelé. Il craignait de l'avoir vexé quand il avait tenté de la raisonner : elle parlait de fantômes, de malédiction, ce qui était totalement absurde.
Il est vrai que durant leur visite du manoir Van Dahl, il y avait eu des événements inquiétants, mais rien qui ne puisse être expliqué. Si on n'y réfléchissait, c'était sûrement leur imagination qui avait fait la plus grande part du travail en interprétant des phénomènes naturels.
Peut-être que Kristen avait réellement vu quelqu'un. Après tout, il n'était pas exclu que le manoir serve de squat à des sans domiciles fixes. Mais il ne comprenait pas pourquoi elle avait paniqué à ce point, et surtout, pourquoi elle n'avait pas repris son calme après.
Il avait essayé de lui faire entendre raison, mais elle obsédait tellement sur cette histoire que ça devenait intenable. Il se sentait coupable de l'avoir laissé, toutefois il n'acceptait pas toutes ces élucubrations dont elle voulait le convaincre : qu'il y avait une malédiction en ces lieux, et qu'ils étaient poursuivis par un être malveillant qui n'aurait de cesse de les suivre pour se venger de leur intrusion.
Elle lui communiquait son anxiété alors qu'il n'y avait pas matière à angoisser. Il avait suffisamment à faire avec son travail sans avoir à en rajouter.
En fin de compte, c'était surtout qu'elle l'avait déçu. C'était la raison pour laquelle il restait seul ce soir, avec son disque de B.B King et un unique verre de vin, assis dans son canapé, à repenser encore et encore pourquoi le monde n'était pas fait pour lui. Les accents mélancoliques de la guitare apaisaient étrangement son cœur, comme si la musique s'accordait parfaitement à ce qu'il ressentait.
Personne ne le comprenait. Il portait chaque fois en lui un espoir, lorsqu'il rencontrait une personne bienveillante, celui d'être accepté, de partager une étincelle, un souffle. Il a toujours rêvé de rencontrer un jour une personne avec qui ça sonnerait comme une évidence, qui ne le trouverait pas bizarre ou inadapté.
Comme deux pièces de puzzle qui s'emboîtaient à la perfection.
Il but une gorgée de vin en ruminant l'échec avec Kristen, et soudain le disque se mit à grésiller.
Contrarié, il se leva et arrêta le tourne-disque afin d'examiner le vinyle. Cependant, il s'aperçut que le son ne provenait pas de là.
Il tendit l'oreille. Le grincement se fit de plus en plus fort, et il provenait de la porte de son placard.
Ce n'était pas logique. Si quelque chose avait dû tomber, le son se serait arrêté. Un placard ne pouvait pas faire de bruit tout seul.
A moins qu'il y ait quelque chose de vivant à l'intérieur.
Les délires de Kristen lui revinrent en mémoire. Il se souvenait clairement de ses avertissements, de la femme en robe blanche au visage ensanglanté et aux longs cheveux noirs. Une stupide légende urbaine. Peut-être inventée par elle pour l'effrayer, qui sait ? Peut-être qu'il s'est trompé, que c'est pire que ce qu'il a imaginé : elle se moquait peut-être de lui après tout. Comme à la fac où il avait été invité pour faire parti d'une fraternité, alors qu'en fait ils s'amusaient à ses dépends sans intention de l'accepter.
Furieux, il avança à grand pas vers le bruit et tira la porte d'un coup sec. Il n'était plus un gamin et il ne se laisserait plus impressionner par quiconque - ou quoique ce soit.
Il tomba nez à nez avec un petit garçon au teint blanc comme un linge, qui ouvrit la bouche en O. Un miaulement de chat agressif en sortit et Ed eut un mouvement de recul.
Le petit garçon en profita pour sortir du placard et détaler, le bousculant au passage.
"Re...reviens ici !", s'écria Edward, une fois remit de sa surprise.
Mais le gamin s'était enfui dans sa salle de bain. Ed allait pour partir à sa poursuite quand une main l'attrapa par le poignet.
Il se retourna vers le placard ouvert. Une personne adulte s'y tenait courbée, ses longs cheveux d'un noir de jais tombant devant son visage baissé. Sa main cadavérique serrait Ed à l'en blesser, ses ongles noirs s'enfonçant dans sa peau. Il y avait du sang sur son bras, et sur sa robe.
Ed aurait pu crier. Pourtant il resta immobile. Dans son esprit, il rationalisait déjà : si c'était bel et bien un fantôme, il lui fallait agir différemment du commun des mortels. S'il montrait sa peur, il mourrait.
Il prit de petites inspirations pour se remplir les poumons - il avait du mal, la douleur était terrible.
Et il balança :
"Est-cccce que ça va ?"
Immédiatement, sa bêtise le frappa et il rougit de honte. Ses jambes le lâchèrent, le laissant s'effondrer au sol sans élégance.
Il constata que l'apparition avait disparu, l'ayant relâché. Il portait néanmoins des traces d'ongles sur le bras.
Il hyperventila en regardant les marques. C'était réel. Kristen avait raison.
Il se précipita sur son téléphone pour l'appeler.
Mais il était déjà trop tard.
Fandom : Gotham
Rating : PG-13
Genres : horreur, fantastique, pré-slash
Personnages : Ed(->Kristen), ghost!Oswald, ghost!Martin
Nombre de mots : 929
Commentaire : inspiré par l'ua Ju-on de dancing_penguins, dont cette fic est une sorte de suite. J'écrirais peut-être la suite un de ces quatre...
J'ai déjà écrit sur cet ua, ici (rating mature)
Aussi, j'avais pas d'inspi pour le titre
La musique était un art, et Ed était un scientifique dans l'âme. Il connaissait le solfège, il savait comment les sons fonctionnaient, comment l'oreille fonctionnait, mais jamais il n'avait été capable de produire de la bonne musique, et encore aujourd'hui, il ignorait pourquoi celle-ci arrivait à faire tant vibrer les cœurs. Elle lui resterait sans doute à jamais mystérieuse, et c'était ce qu'il aimait en elle.
Son style préféré, c'était le blues, qui lui évoquait des ambiances feutrées et romantiques convenant parfaitement à sa solitude chérie et ses espoirs d'amour déçus.
Cela faisait des jours que Kristen ne l'avait pas rappelé. Il craignait de l'avoir vexé quand il avait tenté de la raisonner : elle parlait de fantômes, de malédiction, ce qui était totalement absurde.
Il est vrai que durant leur visite du manoir Van Dahl, il y avait eu des événements inquiétants, mais rien qui ne puisse être expliqué. Si on n'y réfléchissait, c'était sûrement leur imagination qui avait fait la plus grande part du travail en interprétant des phénomènes naturels.
Peut-être que Kristen avait réellement vu quelqu'un. Après tout, il n'était pas exclu que le manoir serve de squat à des sans domiciles fixes. Mais il ne comprenait pas pourquoi elle avait paniqué à ce point, et surtout, pourquoi elle n'avait pas repris son calme après.
Il avait essayé de lui faire entendre raison, mais elle obsédait tellement sur cette histoire que ça devenait intenable. Il se sentait coupable de l'avoir laissé, toutefois il n'acceptait pas toutes ces élucubrations dont elle voulait le convaincre : qu'il y avait une malédiction en ces lieux, et qu'ils étaient poursuivis par un être malveillant qui n'aurait de cesse de les suivre pour se venger de leur intrusion.
Elle lui communiquait son anxiété alors qu'il n'y avait pas matière à angoisser. Il avait suffisamment à faire avec son travail sans avoir à en rajouter.
En fin de compte, c'était surtout qu'elle l'avait déçu. C'était la raison pour laquelle il restait seul ce soir, avec son disque de B.B King et un unique verre de vin, assis dans son canapé, à repenser encore et encore pourquoi le monde n'était pas fait pour lui. Les accents mélancoliques de la guitare apaisaient étrangement son cœur, comme si la musique s'accordait parfaitement à ce qu'il ressentait.
Personne ne le comprenait. Il portait chaque fois en lui un espoir, lorsqu'il rencontrait une personne bienveillante, celui d'être accepté, de partager une étincelle, un souffle. Il a toujours rêvé de rencontrer un jour une personne avec qui ça sonnerait comme une évidence, qui ne le trouverait pas bizarre ou inadapté.
Comme deux pièces de puzzle qui s'emboîtaient à la perfection.
Il but une gorgée de vin en ruminant l'échec avec Kristen, et soudain le disque se mit à grésiller.
Contrarié, il se leva et arrêta le tourne-disque afin d'examiner le vinyle. Cependant, il s'aperçut que le son ne provenait pas de là.
Il tendit l'oreille. Le grincement se fit de plus en plus fort, et il provenait de la porte de son placard.
Ce n'était pas logique. Si quelque chose avait dû tomber, le son se serait arrêté. Un placard ne pouvait pas faire de bruit tout seul.
A moins qu'il y ait quelque chose de vivant à l'intérieur.
Les délires de Kristen lui revinrent en mémoire. Il se souvenait clairement de ses avertissements, de la femme en robe blanche au visage ensanglanté et aux longs cheveux noirs. Une stupide légende urbaine. Peut-être inventée par elle pour l'effrayer, qui sait ? Peut-être qu'il s'est trompé, que c'est pire que ce qu'il a imaginé : elle se moquait peut-être de lui après tout. Comme à la fac où il avait été invité pour faire parti d'une fraternité, alors qu'en fait ils s'amusaient à ses dépends sans intention de l'accepter.
Furieux, il avança à grand pas vers le bruit et tira la porte d'un coup sec. Il n'était plus un gamin et il ne se laisserait plus impressionner par quiconque - ou quoique ce soit.
Il tomba nez à nez avec un petit garçon au teint blanc comme un linge, qui ouvrit la bouche en O. Un miaulement de chat agressif en sortit et Ed eut un mouvement de recul.
Le petit garçon en profita pour sortir du placard et détaler, le bousculant au passage.
"Re...reviens ici !", s'écria Edward, une fois remit de sa surprise.
Mais le gamin s'était enfui dans sa salle de bain. Ed allait pour partir à sa poursuite quand une main l'attrapa par le poignet.
Il se retourna vers le placard ouvert. Une personne adulte s'y tenait courbée, ses longs cheveux d'un noir de jais tombant devant son visage baissé. Sa main cadavérique serrait Ed à l'en blesser, ses ongles noirs s'enfonçant dans sa peau. Il y avait du sang sur son bras, et sur sa robe.
Ed aurait pu crier. Pourtant il resta immobile. Dans son esprit, il rationalisait déjà : si c'était bel et bien un fantôme, il lui fallait agir différemment du commun des mortels. S'il montrait sa peur, il mourrait.
Il prit de petites inspirations pour se remplir les poumons - il avait du mal, la douleur était terrible.
Et il balança :
"Est-cccce que ça va ?"
Immédiatement, sa bêtise le frappa et il rougit de honte. Ses jambes le lâchèrent, le laissant s'effondrer au sol sans élégance.
Il constata que l'apparition avait disparu, l'ayant relâché. Il portait néanmoins des traces d'ongles sur le bras.
Il hyperventila en regardant les marques. C'était réel. Kristen avait raison.
Il se précipita sur son téléphone pour l'appeler.
Mais il était déjà trop tard.