Ça (film) - Kiss by surprise (1/5)
May. 22nd, 2020 01:26 amTitre : Kiss by surprise
Fandom : Ça (films)
Rating : Explicite
Genre : Romance, Smut, Hurt/Comfort, Fix-it
Pairing : Eddie/Richie
Nombre de mots : 17 033
Commentaire : Cette fic a été écrite pour Wilwy dans le cadre de l'échange de prompt-répliques du confinement. Le prompt était "Donc… tu veux m’expliquer ce qui vient de se passer ?"
Malgré les recommandations du médecin, Eddie avait refusé de sortir de l'hôpital en fauteuil roulant.
Il avait des béquilles, et Richie était fier de lui pour être déjà debout après ce qu'il avait traversé – il était inquiet aussi, un petit peu, juste assez pour tendre le bras derrière Eddie au cas où il trébucherait, juste assez pour rester près de lui en marchant à son rythme, jusqu'à ce qu'ils aient traversé le parking sans encombre.
Myra était dans la voiture et elle n'en sortit pas ni n'ouvrit sa vitre. Elle refusait de les voir ou de leurs parler. La bande des Losers était définitivement persona non grata chez les Kaspbraks, et c'était Eddie qui avait dû hausser la voix, depuis son lit de convalescence, pour que Myra cesse de les assassiner de reproches. Ils avaient eu une longue discussion – à laquelle Richie n'avait bien évidemment pas assisté – et il avait été décidé que Myra ferait au moins l'effort de tolérer leur présence le temps qu'Eddie sorte de l'hôpital.
Ce qu'il était présentement en train de faire, et il y a quelques semaines de cela, Richie n'y aurait jamais cru. Il y a quelques semaines de cela, Richie pensait qu'Eddie allait mourir, et il oscillait entre s'effondrer comme une loque et faire l'effort de trouver au moins un pont d'où se jeter – il se rendait compte maintenant qu'il était dramatique, comme toujours, mais à ce moment-là, l'idée le taquinait, et si Eddie ne s'en était pas sorti, il aurait sans doute cédé à ses mauvaises habitudes de dépressif.
Il avait honte d'y avoir pensé. Quand il voyait combien Eddie repoussait les limites de ses capacités pour s'en sortir, il se faisait l'effet d'être une grosse merde en comparaison. Jamais il n'aurait sa force ou son courage.
Mais pourtant, il avait de la chance. Il avait de la chance parce qu'Eddie était vivant, et que de savoir qu'il allait bien le faisait lui aussi aller mieux, comme par une sorte de système de vases communicants. C'était étrange pour Richie, qui jusqu'à récemment pensait être un homme indépendant n'ayant besoin de rien ni personne pour s'autodétruire tranquillement dans son coin à grand renfort de plaisirs hédonistes, éphémères et mauvais pour la santé en général.
« Vous allez me manquer. », déclara Eddie en tournant le dos à la voiture comme si elle n'existait pas, comme s'il n'allait pas vraiment partir avec le risque de ne plus jamais les revoir.
- Sans déconner ?, lâcha Richie. Ça t'a plu tant que ça la chasse au monstre ? Parce que si tu veux remettre ça...
- J'ai dis « vous », abruti congénital, rétorqua Eddie avec la même acidité que d'habitude – à part le pansement sur sa joue et les béquilles, il avait l'air normal, il avait l'air d'aller bien, et Richie tenta d'absorber cette idée pour les jours à venir, quand ils seraient séparés et qu'il ne pourra pas le voir pour vérifier.
- Nous aussi tu vas nous manquer, dit Beverly en avançant vers lui pour lui faire un câlin.
Richie eut un sourire en coin et glissa un regard vers Myra qui semblait bouillir intérieurement. C'était mesquin mais Richie était ravi de la voir fulminer de jalousie – il en avait autant à son égard.
Aussi en profita-t-il pour être le suivant, quand Bev se détacha.
- Eduardo, my love, je penserais à toi la prochaine fois que j'avalerais un advil, sûrement dans une heure ou deux, après qu'on ait fêté ton départ.
- Va te faire foutre !, siffla Eddie en le pointant du doigt. Sale enfoiré.
- Moi aussi je t'aime Spaghetti. Allez, fais-moi un câlin !!
Les bras de Richie entourèrent le corps d'Eddie comme une avalanche s'abattant sur un campement de trappeurs, et il le serra doucement, trop conscient des sutures encore fraîches dans son dos et sur son torse. S'il avait pu lui communiquer à travers cette étreinte tout ce qu'il regrettait de ne pouvoir lui dire, il l'aurait écrasé contre lui à l'en étouffer. Mais il ne pouvait pas.
Myra klaxonna sèchement, manifestant son impatience.
Eddie leva les yeux au ciel tandis que Richie se redressait – des envies de meurtres voilant brièvement son expression, qu'il changea rapidement en sourire. Il tapa sur l'épaule d'Eddie, laissant traîner sa main un peu plus longtemps que nécessaire :
- Sois sage, recommanda-t-il doucement. Ne fais pas des folies de ton corps.
- Comme si j'étais le genre de personne à faire ça !, répliqua aussitôt Eddie.
- C'est vrai, répondit Richie du tac-au-tac. Avec le 38 tonnes que tu te trimballes, ça doit pas être facile.
Le visage d'Eddie s'assombrit et il le fixa avec une gravité qui le prit par surprise :
- S'il te plaît, murmura-t-il sans aménité, ne parle pas de Myra comme ça.
C'était la passion de Richie pourtant, de critiquer Myra – et autrefois la mère d'Eddie. Les deux femmes les plus importantes de sa vie et celles qui étaient le plus grand obstacle entre Richie et la personne qu'il aimait le plus.
Il ne voulait pas qu'Eddie la défende, il voulait qu'il rit d'elle avec lui, il voulait qu'Eddie soit d'accord que Myra était une mégère, le pire monstre que la Terre ait jamais porté. Richie ne la connaissait absolument pas, il avait peut-être tort, peut-être que Myra était charmante en dehors des circonstances tragiques qui les avaient amenés à se rencontrer, et son poids n'avait aucune sorte d'importance parce que ça ne le regardait vraiment pas et ce n'était pas synonyme de laideur – sur ce point il avait néanmoins beaucoup de mal à s'en convaincre, et il complexait peut-être un peu à propos de son propre tour de taille, car il était comédien après tout, le physique restait important, même dans le milieu de la comédie.
Cela n'empêcherait certainement pas Richie d'être le plus mesquin possible et de la haïr du fond du cœur pour la seule et unique raison d'exister suffisamment dans la vie d'Eddie pour lui avoir passé la bague au doigt.
Richie s'écarta sans répondre, et ce fut au tour de Mike de faire ses adieux à Eddie.
Les mains plongées dans les poches de son sweat à capuche blanc – qui était constellé de taches parce que ça faisait presque une semaine qu'il le portait sans le laver, et il commençait aussi à sentir – Richie médita sur la possibilité de rentrer chez lui. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire, après tout chacun d'entre eux allait faire de même. Ils attendaient qu'Eddie aille mieux, et c'était le cas : Eddie était en sécurité à présent, et sa femme allait s'occuper de lui. Il avait assuré en riant que Myra prendrait très au sérieux sa convalescence et qu'il n'y avait aucun soucis à se faire.
Richie n'avait aucun doute là-dessus. Sans doute que Myra Kaspbrak était bien mieux armé que lui pour prendre soin d'Eddie à sa sortie de l'hôpital – et de toute façon il n'avait JAMAIS été question que Richie s'occupe d'Eddie. A aucun moment. Ils étaient peut-être meilleurs amis d'enfance, mais à présent qu'ils étaient adultes, ça ne signifiait plus grand chose.
En tout cas, pas tant que Richie ne se sera pas creusé une place dans la vie d'adulte d'Eddie. Ce qui risquait d'être pour le moins difficile avec sa femme qui détestait chacun des Losers avec ferveur, croyant – et non sans raisons – qu'ils étaient tous fautifs pour les blessures d'Eddie. Bien sûr, ce dernier avait tenté de lui raconter un bobard à propos de ses blessures – celui qu'ils avaient concocté à l'hôpital après avoir débarqué aux urgences, à propos de l'effondrement d'une vieille maison sur Neibolt qu'ils étaient en train de visiter – mais ça n'avait rien changé à son avis sur la question, qu'elle l'ait cru ou non.
Quand Richie releva enfin le nez de ses pensées, Bill quittait les bras d'Eddie et ce dernier avait les yeux brillants.
« On garde le contact. Je vous appellerais. », promit-il d'une voix légèrement tremblante, remplie d'émotions contenues qui menaçaient de déborder à tout moment.
Soudain Richie sentit comme une urgence lui nouer l'estomac, comme si le temps lui était compté et que s'il ne faisait pas quelque chose de drastique, tout allait s'effondrer autour de lui.
Il fit donc ce qu'il faisait dès qu'il avait de l'anxiété et aucune bouteille de bourbon à proximité.
- Je t'y vois déjà, enfermé dans les toilettes avec ton portable, s'exclama Richie en mimant Eddie assis avec son téléphone collé à la tempe. « Allô Billy, je t'en prie, viens me chercher, ma femme est en full mode Misery, j'ai peur pour mes jambes » et là BAM un coup de hache dans la porte, ta femme qui passe sa tête dans le trou en grondant « Here's Johnny ! » en souriant comme un Jack Nicholson sous acide...
- Toi, je t'appellerais pas, grinça Eddie en plissant les yeux.
Richie se mit à glousser :
- Tu peux pas te passer de moi Eds.
- Arrête de m'appeler Eds, enfoiré.
- Oooooh, Eds, tous ces adorables petits surnoms me font chaud au cœur. T'as pas peur que ta femme soit jalouse ? Déjà qu'elle supporte à peine que je touche ton dos avec mes mains...
- C'est parce que Dieu sait où tes mains sont allées avant de me toucher, rétorqua Eddie avec son talent habituel pour répondre exactement ce que Richie voulait.
Ce dernier éclata de rire, à la fois nerveux et débordant d'énergie.
- Je vais pas te le dire, tu en ferais des cauchemars et je m'en voudrais de gâcher vos retrouvailles ce soir avec ta femme.
Le visage d'Eddie devînt écarlate et Richie lui fit un clin d’œil en claquant sa langue tout en faisant un finger gun.
- Bon ben...à une prochaine, salua maladroitement Eddie avant de se détourner pour ouvrir la portière.
Myra ne tourna pas la tête ni ne l'aida à ranger ses béquilles à l'arrière, ce qui emplit Richie d'une rage muette sachant qu'il était douloureux pour Eddie de se mouvoir à partir de la taille.
Celui-ci leur sourit néanmoins par la vitre et esquissa un petit signe timide de la main, ressemblant terriblement à un petit vieux disant au revoir avant le départ en maison de retraite – Richie se mordit l'intérieur de la joue en faisant cette comparaison dans sa tête.
La femme d'Eddie démarra la voiture et ils commencèrent à rouler vers la sortie du parking. Les Losers se mirent en ligne pour faire signe à Eddie dans le rétroviseur. Seul Richie s'abstînt, brusquement abattu par la possibilité de plus en plus concrète de ne plus jamais revoir Eddie Kaspbrak – et bizarrement, il avait une sensation de déjà vu très désagréable qui lui plombait d'autant plus le moral. Après tout, aucun d'eux n'était réellement sûr qu'ils se souviendraient de tout une fois passées les frontières de Derry. Peut-être qu'ils risquaient à nouveau de tout oublier, et bien qu'ils n'en aient pas parlé, Richie ne pouvait penser qu'à ça.
Puisque le clown était mort, il n'y avait plus rien qui les obligeait à se souvenir, hormis le lien ténu d'une amitié vieille de 30 ans. Est-ce que cela suffirait ?
La voiture s'éloigna, tourna, et disparut de leur champs de vision.
Richie ne l'avoua pas à voix haute, mais il avait envie de vomir. Au lieu de ça, il entoura les épaules de Ben et Bev, un bras pour chaque.
- Bon, et maintenant les tourtereaux, peut-on savoir quels sont vos plans ?
La vie sentimentale des autres devenait plus intéressante quand la sienne était en train de se faire rouler dessus. Et ça lui permettait de ne pas y penser.
- Beep beep Richie, lança Beverly en lui pinçant le nez pour faire bonne mesure. Ne prends pas cet air si triste. Il t'appellera. Je suis même sûre qu'il t'appellera en premier.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?, marmonna Richie, sérieux.
- Intuition féminine.
J'ai aucune idée de où je vais avec cette histoire, j'étais en train de lire It was always you, de Eddie_KaspbrakTozier et j'avais envie d'écrire un truc à propos d'Eddie à l'hôpital, sans que ce soit trop ANGST, mais un petit peu quand même mais bon pas trop. Je sais à peu près comment je veux placer la phrase "Donc… tu veux m’expliquer ce qui vient de se passer ?", j'ai le contexte, vite fait, mais pour comment y arriver, alors là...
Fandom : Ça (films)
Rating : Explicite
Genre : Romance, Smut, Hurt/Comfort, Fix-it
Pairing : Eddie/Richie
Nombre de mots : 17 033
Commentaire : Cette fic a été écrite pour Wilwy dans le cadre de l'échange de prompt-répliques du confinement. Le prompt était "Donc… tu veux m’expliquer ce qui vient de se passer ?"
Malgré les recommandations du médecin, Eddie avait refusé de sortir de l'hôpital en fauteuil roulant.
Il avait des béquilles, et Richie était fier de lui pour être déjà debout après ce qu'il avait traversé – il était inquiet aussi, un petit peu, juste assez pour tendre le bras derrière Eddie au cas où il trébucherait, juste assez pour rester près de lui en marchant à son rythme, jusqu'à ce qu'ils aient traversé le parking sans encombre.
Myra était dans la voiture et elle n'en sortit pas ni n'ouvrit sa vitre. Elle refusait de les voir ou de leurs parler. La bande des Losers était définitivement persona non grata chez les Kaspbraks, et c'était Eddie qui avait dû hausser la voix, depuis son lit de convalescence, pour que Myra cesse de les assassiner de reproches. Ils avaient eu une longue discussion – à laquelle Richie n'avait bien évidemment pas assisté – et il avait été décidé que Myra ferait au moins l'effort de tolérer leur présence le temps qu'Eddie sorte de l'hôpital.
Ce qu'il était présentement en train de faire, et il y a quelques semaines de cela, Richie n'y aurait jamais cru. Il y a quelques semaines de cela, Richie pensait qu'Eddie allait mourir, et il oscillait entre s'effondrer comme une loque et faire l'effort de trouver au moins un pont d'où se jeter – il se rendait compte maintenant qu'il était dramatique, comme toujours, mais à ce moment-là, l'idée le taquinait, et si Eddie ne s'en était pas sorti, il aurait sans doute cédé à ses mauvaises habitudes de dépressif.
Il avait honte d'y avoir pensé. Quand il voyait combien Eddie repoussait les limites de ses capacités pour s'en sortir, il se faisait l'effet d'être une grosse merde en comparaison. Jamais il n'aurait sa force ou son courage.
Mais pourtant, il avait de la chance. Il avait de la chance parce qu'Eddie était vivant, et que de savoir qu'il allait bien le faisait lui aussi aller mieux, comme par une sorte de système de vases communicants. C'était étrange pour Richie, qui jusqu'à récemment pensait être un homme indépendant n'ayant besoin de rien ni personne pour s'autodétruire tranquillement dans son coin à grand renfort de plaisirs hédonistes, éphémères et mauvais pour la santé en général.
« Vous allez me manquer. », déclara Eddie en tournant le dos à la voiture comme si elle n'existait pas, comme s'il n'allait pas vraiment partir avec le risque de ne plus jamais les revoir.
- Sans déconner ?, lâcha Richie. Ça t'a plu tant que ça la chasse au monstre ? Parce que si tu veux remettre ça...
- J'ai dis « vous », abruti congénital, rétorqua Eddie avec la même acidité que d'habitude – à part le pansement sur sa joue et les béquilles, il avait l'air normal, il avait l'air d'aller bien, et Richie tenta d'absorber cette idée pour les jours à venir, quand ils seraient séparés et qu'il ne pourra pas le voir pour vérifier.
- Nous aussi tu vas nous manquer, dit Beverly en avançant vers lui pour lui faire un câlin.
Richie eut un sourire en coin et glissa un regard vers Myra qui semblait bouillir intérieurement. C'était mesquin mais Richie était ravi de la voir fulminer de jalousie – il en avait autant à son égard.
Aussi en profita-t-il pour être le suivant, quand Bev se détacha.
- Eduardo, my love, je penserais à toi la prochaine fois que j'avalerais un advil, sûrement dans une heure ou deux, après qu'on ait fêté ton départ.
- Va te faire foutre !, siffla Eddie en le pointant du doigt. Sale enfoiré.
- Moi aussi je t'aime Spaghetti. Allez, fais-moi un câlin !!
Les bras de Richie entourèrent le corps d'Eddie comme une avalanche s'abattant sur un campement de trappeurs, et il le serra doucement, trop conscient des sutures encore fraîches dans son dos et sur son torse. S'il avait pu lui communiquer à travers cette étreinte tout ce qu'il regrettait de ne pouvoir lui dire, il l'aurait écrasé contre lui à l'en étouffer. Mais il ne pouvait pas.
Myra klaxonna sèchement, manifestant son impatience.
Eddie leva les yeux au ciel tandis que Richie se redressait – des envies de meurtres voilant brièvement son expression, qu'il changea rapidement en sourire. Il tapa sur l'épaule d'Eddie, laissant traîner sa main un peu plus longtemps que nécessaire :
- Sois sage, recommanda-t-il doucement. Ne fais pas des folies de ton corps.
- Comme si j'étais le genre de personne à faire ça !, répliqua aussitôt Eddie.
- C'est vrai, répondit Richie du tac-au-tac. Avec le 38 tonnes que tu te trimballes, ça doit pas être facile.
Le visage d'Eddie s'assombrit et il le fixa avec une gravité qui le prit par surprise :
- S'il te plaît, murmura-t-il sans aménité, ne parle pas de Myra comme ça.
C'était la passion de Richie pourtant, de critiquer Myra – et autrefois la mère d'Eddie. Les deux femmes les plus importantes de sa vie et celles qui étaient le plus grand obstacle entre Richie et la personne qu'il aimait le plus.
Il ne voulait pas qu'Eddie la défende, il voulait qu'il rit d'elle avec lui, il voulait qu'Eddie soit d'accord que Myra était une mégère, le pire monstre que la Terre ait jamais porté. Richie ne la connaissait absolument pas, il avait peut-être tort, peut-être que Myra était charmante en dehors des circonstances tragiques qui les avaient amenés à se rencontrer, et son poids n'avait aucune sorte d'importance parce que ça ne le regardait vraiment pas et ce n'était pas synonyme de laideur – sur ce point il avait néanmoins beaucoup de mal à s'en convaincre, et il complexait peut-être un peu à propos de son propre tour de taille, car il était comédien après tout, le physique restait important, même dans le milieu de la comédie.
Cela n'empêcherait certainement pas Richie d'être le plus mesquin possible et de la haïr du fond du cœur pour la seule et unique raison d'exister suffisamment dans la vie d'Eddie pour lui avoir passé la bague au doigt.
Richie s'écarta sans répondre, et ce fut au tour de Mike de faire ses adieux à Eddie.
Les mains plongées dans les poches de son sweat à capuche blanc – qui était constellé de taches parce que ça faisait presque une semaine qu'il le portait sans le laver, et il commençait aussi à sentir – Richie médita sur la possibilité de rentrer chez lui. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire, après tout chacun d'entre eux allait faire de même. Ils attendaient qu'Eddie aille mieux, et c'était le cas : Eddie était en sécurité à présent, et sa femme allait s'occuper de lui. Il avait assuré en riant que Myra prendrait très au sérieux sa convalescence et qu'il n'y avait aucun soucis à se faire.
Richie n'avait aucun doute là-dessus. Sans doute que Myra Kaspbrak était bien mieux armé que lui pour prendre soin d'Eddie à sa sortie de l'hôpital – et de toute façon il n'avait JAMAIS été question que Richie s'occupe d'Eddie. A aucun moment. Ils étaient peut-être meilleurs amis d'enfance, mais à présent qu'ils étaient adultes, ça ne signifiait plus grand chose.
En tout cas, pas tant que Richie ne se sera pas creusé une place dans la vie d'adulte d'Eddie. Ce qui risquait d'être pour le moins difficile avec sa femme qui détestait chacun des Losers avec ferveur, croyant – et non sans raisons – qu'ils étaient tous fautifs pour les blessures d'Eddie. Bien sûr, ce dernier avait tenté de lui raconter un bobard à propos de ses blessures – celui qu'ils avaient concocté à l'hôpital après avoir débarqué aux urgences, à propos de l'effondrement d'une vieille maison sur Neibolt qu'ils étaient en train de visiter – mais ça n'avait rien changé à son avis sur la question, qu'elle l'ait cru ou non.
Quand Richie releva enfin le nez de ses pensées, Bill quittait les bras d'Eddie et ce dernier avait les yeux brillants.
« On garde le contact. Je vous appellerais. », promit-il d'une voix légèrement tremblante, remplie d'émotions contenues qui menaçaient de déborder à tout moment.
Soudain Richie sentit comme une urgence lui nouer l'estomac, comme si le temps lui était compté et que s'il ne faisait pas quelque chose de drastique, tout allait s'effondrer autour de lui.
Il fit donc ce qu'il faisait dès qu'il avait de l'anxiété et aucune bouteille de bourbon à proximité.
- Je t'y vois déjà, enfermé dans les toilettes avec ton portable, s'exclama Richie en mimant Eddie assis avec son téléphone collé à la tempe. « Allô Billy, je t'en prie, viens me chercher, ma femme est en full mode Misery, j'ai peur pour mes jambes » et là BAM un coup de hache dans la porte, ta femme qui passe sa tête dans le trou en grondant « Here's Johnny ! » en souriant comme un Jack Nicholson sous acide...
- Toi, je t'appellerais pas, grinça Eddie en plissant les yeux.
Richie se mit à glousser :
- Tu peux pas te passer de moi Eds.
- Arrête de m'appeler Eds, enfoiré.
- Oooooh, Eds, tous ces adorables petits surnoms me font chaud au cœur. T'as pas peur que ta femme soit jalouse ? Déjà qu'elle supporte à peine que je touche ton dos avec mes mains...
- C'est parce que Dieu sait où tes mains sont allées avant de me toucher, rétorqua Eddie avec son talent habituel pour répondre exactement ce que Richie voulait.
Ce dernier éclata de rire, à la fois nerveux et débordant d'énergie.
- Je vais pas te le dire, tu en ferais des cauchemars et je m'en voudrais de gâcher vos retrouvailles ce soir avec ta femme.
Le visage d'Eddie devînt écarlate et Richie lui fit un clin d’œil en claquant sa langue tout en faisant un finger gun.
- Bon ben...à une prochaine, salua maladroitement Eddie avant de se détourner pour ouvrir la portière.
Myra ne tourna pas la tête ni ne l'aida à ranger ses béquilles à l'arrière, ce qui emplit Richie d'une rage muette sachant qu'il était douloureux pour Eddie de se mouvoir à partir de la taille.
Celui-ci leur sourit néanmoins par la vitre et esquissa un petit signe timide de la main, ressemblant terriblement à un petit vieux disant au revoir avant le départ en maison de retraite – Richie se mordit l'intérieur de la joue en faisant cette comparaison dans sa tête.
La femme d'Eddie démarra la voiture et ils commencèrent à rouler vers la sortie du parking. Les Losers se mirent en ligne pour faire signe à Eddie dans le rétroviseur. Seul Richie s'abstînt, brusquement abattu par la possibilité de plus en plus concrète de ne plus jamais revoir Eddie Kaspbrak – et bizarrement, il avait une sensation de déjà vu très désagréable qui lui plombait d'autant plus le moral. Après tout, aucun d'eux n'était réellement sûr qu'ils se souviendraient de tout une fois passées les frontières de Derry. Peut-être qu'ils risquaient à nouveau de tout oublier, et bien qu'ils n'en aient pas parlé, Richie ne pouvait penser qu'à ça.
Puisque le clown était mort, il n'y avait plus rien qui les obligeait à se souvenir, hormis le lien ténu d'une amitié vieille de 30 ans. Est-ce que cela suffirait ?
La voiture s'éloigna, tourna, et disparut de leur champs de vision.
Richie ne l'avoua pas à voix haute, mais il avait envie de vomir. Au lieu de ça, il entoura les épaules de Ben et Bev, un bras pour chaque.
- Bon, et maintenant les tourtereaux, peut-on savoir quels sont vos plans ?
La vie sentimentale des autres devenait plus intéressante quand la sienne était en train de se faire rouler dessus. Et ça lui permettait de ne pas y penser.
- Beep beep Richie, lança Beverly en lui pinçant le nez pour faire bonne mesure. Ne prends pas cet air si triste. Il t'appellera. Je suis même sûre qu'il t'appellera en premier.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?, marmonna Richie, sérieux.
- Intuition féminine.
J'ai aucune idée de où je vais avec cette histoire, j'étais en train de lire It was always you, de Eddie_KaspbrakTozier et j'avais envie d'écrire un truc à propos d'Eddie à l'hôpital, sans que ce soit trop ANGST, mais un petit peu quand même mais bon pas trop. Je sais à peu près comment je veux placer la phrase "Donc… tu veux m’expliquer ce qui vient de se passer ?", j'ai le contexte, vite fait, mais pour comment y arriver, alors là...