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Je suis très fière de ce smut, je trouve qu'il gère bien la tension, qu'il y a de l'émotions, que ça respecte assez des caractères des personnages. Bref, une chouette note sur laquelle terminer :)
Merci à tous les gens qui ont lu jusque là, qui ont laissé un kudo, et surtout à ceux qui ont laissé un petit commentaire :) vous êtes des gens très bien et que votre vie soit prospère.

Le SUV noir d'Eddie se gara sur le parking, à l'écart des autres véhicules. Richie haussa un sourcil :
- Tu as peur de quoi ? Qu'on te raye ta carrosserie ?
Eddie ne répondit pas tout de suite. Il coupa le contact et fixa droit devant lui sans bouger.
Son immobilité mit rapidement Richie mal à l'aise.
Il appuyait sur la poignée pour ouvrir sa portière quand Eddie le retint par la manche de sa veste.
- Eds ?, fit Richie en tournant la tête.
En silence, Eddie posa sa main sur son épaule et saisit le col de sa chemise pour le tirer vers lui. Richie se retourna complètement, étonné, et Eddie l'attira un peu plus vers lui, afin de plaquer sa bouche contre la sienne.
Richie lâcha un hoquet de surprise, mais l'une des mains d'Eddie se posa contre sa nuque et il se sentit fondre tout doucement, à mesure que les lèvres d'Eddie embrassaient les siennes avec un intérêt certain. Il inclina davantage la tête pour répondre au baiser, et il voulait toucher, toucher et agripper, tirer vers lui, se fondre contre, mais au lieu de ça, ses mains restèrent sagement sur ses genoux, serrées en poings pour ne pas bruquer les choses, ne pas aller trop vite, tandis qu'Eddie prenait entièrement le contrôle – ou le perdait, cela dépendait du point de vue – en grimpant à demi sur lui, un genoux sur le porte gobelet entre les deux sièges, l'autre sur le bord de son siège.
Puis tout à coup, Eddie interrompit le baiser, le nez contre la joue de Richie, la respiration haletante et les yeux baissés.
- Pourquoi tu arrêtes ?, geignit Richie, ivre de sentir encore la chaleur de ses lèvres sur les siennes.
- Tu m'as manqué, murmura Eddie. Ne prends pas la grosse tête, mais tu m'as manqué. Et chaque jour je me disais...je me disais que ce n'était pas normal, qu'on ne se connaissait pas tant que ça, que je me faisais des illusions et que c'était malsain. Je pensais vraiment que c'était malsain de te vouloir autant.
- Seigneur Eds, c'est pas...c'est pas comme si je pensais la même chose. Je t'ai toujours voulu.
- Même....même quand...quand on était gosse ?, hésita Eddie en lui caressant les cheveux doucement.
Richie gémit :
- Je te voulais toujours. Je te veux encore. Juste...juste toi. Tu peux bien être un enfoiré et me jeter des trucs à la figure, je m'en fiche. Je...ah...
L'expression de son visage se crispa, la voix tremblante :
- Je t'aime vraiment. Je n'arrête pas de penser à toi, à ce que tu dirais si tu étais là, quand je m'amuse, j'aimerais que tu sois avec moi, ou quand je suis triste...
- Parce que ça t'arrive de l'être ?, le coupa Eddie brusquement.
- Oh va te faire !, rétorqua Richie. Je suis en train d'avoir un moment émotionnel là !
Eddie se rassit dans son siège et croisa les bras :
- Okay okay, je t'écoute. Vas-y, fais ton moment émotionnel !
- L'envie est passée, se plaignit Richie. T'as gâché mon moment.
- C'est tragique, dit Eddie en ouvrant la portière pour sortir. Bon, tu viens ?
Ils traversèrent le parking, puis le hall de l'hôtel, et Richie rougit en baissant la tête, repensant à ce que Steve lui avait dit quand il lui avait pris une chambre avec un lit king size. Ils montaient seulement pour parler – probablement, se répétait-il – mais les gens qui les voyaient monter ensemble risquait de se faire des idées. Richie connaissait ses préférences, il n'avait pas attendu de revenir à Derry pour y avoir une illumination. Simplement il ne voulait pas qu'on le sache. Il ne voulait pas que sa mère l'appelle une après-midi parce qu'elle avait vu une photo de lui en train d'embrasser un autre homme en première page d'un tabloïd de supermarché.
Il se raisonna : personne ne pouvait savoir qu'ils allaient dans la même chambre. Ils pouvaient très bien se connaître et aller dans des chambres séparées. Ou aller rendre visite à quelqu'un. Ou partager une chambre mais avec deux lits ! Ça ne voulait pas obligatoirement dire qu'ils allaient...
Plus il essayait de s'en convaincre, plus il était déçu, malgré tout, parce qu'une petite part de lui l'espérait quand même, à travers la honte et la peur d'être pris en flagrant délit avec un homme.
Ils entrèrent dans l'ascenseur et Richie appuya sur le bouton de son étage. Les portes se refermèrent lentement, et Eddie le plaqua contre le mur pour l'embrasser passionnément, cognant parfois son nez contre le bord de ses lunettes dans son empressement, ses doigts agrippant fermement les pans de sa chemise hawaïenne sous son blouson.
Les bras de Richie enlacèrent Eddie étroitement, le pressant contre lui, contre son torse, contre sa bouche. Les mains d'Eddie caressèrent sa gorge en remontant pour agripper ses cheveux trop longs, pour le tirer vers lui, le tirer et prendre le contrôle. Richie était prêt à lui laisser tout le contrôle qu'il voulait si cela signifiait pouvoir l'embrasser ainsi. De toute façon, Richie n'avait jamais eu le contrôle sur quoique ce soit.
Le tintement de l'ascenseur leur indiqua qu'ils étaient arrivés à l'étage voulu, et les portes s'ouvrirent.
Eddie se dégagea de l'étreinte avec brusquerie, comme on arrache un sparadrap, aussi vite que possible pour rapidement oublier la douleur et parce qu'il faut bien le faire, puis il tira Richie par le bras pour le faire sortir de la cabine.
- Quelle chambre ?, grogna-t-il en parcourant le couloir des yeux, hésitant sur la direction à prendre.
Alors Richie reprit suffisamment ses esprits pour passer devant lui afin de la guider jusqu'à sa porte. Il avait le visage en feu et un début d'érection. Maintenant, il savait qu'ils n'allaient certainement pas discuter. Son cœur battait à tout rompre, il allait exploser de toute cette tension, toute cette électricité qui courait entre eux librement, sans barrière. Il n'y avait plus rien entre eux désormais, ni les Losers, ni Myra, ni la mère d'Eddie.
Il s'arrêta devant sa porte et récupéra sa carte-clef dans sa poche de jeans. Il posa le front sur la porte pour tenter de recouvrer assez de sang froid pour parler. Il voulait dire à Eddie qu'ils n'étaient pas obligés. Que ça n'avait pas à être une question de sexe.
Il était terrifié que ça ne soit que ça. Il en mourrait d'envie. Pourtant ça ne couvrirait qu'une mince partie de ce qui lui manquait, ça risquait simplement de le briser en mille morceaux après, si tout devait redevenir aussi morne qu'avant, si ce n'était qu'une phase, une dérisoire petite passade qui lui ferait éclater la cervelle à y repenser entre deux verres d'alcool trop trempé, trop imbibé.
- Eds, murmura-t-il sans le regarder. Tu es sûr ?
- Ouvre cette putain de porte, siffla Eddie.
- Je suis sérieux, insista Richie. Je peux pas...si c'est juste pour envoyer chier ta femme, c'est pas nécessaire d'en arriver là.
- Oh la ferme !, rugit Eddie en le bousculant et en lui arrachant la carte des mains pour ouvrir la porte à sa place.
Il se faufila à l'intérieur, se retourna, et après un temps d'hésitation, il tira violemment Richie à l'intérieur, la main agrippée à son t-shirt.
Richie tituba à l'intérieur, les yeux pleins d'étoiles filantes. Il prit le visage d'Eddie entre ses mains et l'embrassa fiévreusement, caressant ses joues avec une tendresse à peine contenue, le cœur débordant.
La porte claqua derrière lui – il y fit à peine attention et Eddie le repoussa à nouveau brutalement. Richie recula sous l'impact, lui jetant un regard d'incompréhension.
Eddie dézippa son sweat à capuche et se tourna vers la fenêtre pour fermer les rideaux. Comprenant le message, Richie retira son blouson qu'il jeta dans un coin de la pièce. Il fit de même avec sa chemise puis après quelques atermoiements, il enleva son t-shirt, dévoilant son torse nu.
La respiration d'Eddie se mit à siffler en le voyant.
Les bras de Richie se tendirent vers lui et il l'enlaça.
- Respire, chuchota-t-il sans oser croiser son regard.
- C'est ce que je fais connard !, hoqueta Eddie.
Il posa la tête sur l'épaule de Richie et nicha son visage contre sa gorge.
- Touche-moi, lui intima-t-il d'un ton pressant.
Richie ne se fit guère prier, glissant ses mains sous le t-shirt que portait encore Eddie. Il passa ses doigts sur les poils drus descendant depuis son nombril, sur son ventre, et il gémit tandis que son érection durcissait davantage dans son jeans. Le ventre d'Eddie était dur et plat, tout le contraire du sien. S'il avait été moins excité, il aurait peut-être trouvé le temps d'être anxieux à propos de son physique, mais il était trop médusé pour ça. Sa main remonta lentement et il sentir les courbes de ses abdominaux, la ligne descendant de ses hanches. Eddie était aussi sec qu'une brindille, c'était comme de toucher un mannequin pour sous-vêtement. Richie étouffa un grognement, en écoutant le souffle d'Eddie se faire haletant contre son oreille.
Puis les doigts de Richie effleurèrent quelque chose de rugueux. Il tressaillit et sentit Eddie se raidir, puis relever la tête pour le regarder dans les yeux.
- Tu...tu veux continuer ?, balbutia Eddie avec une certitude pessimiste dans le regard, comme s'il s'apprêtait déjà à être rejeté, le sourcil suppliant.
Richie déglutit : l'idée ne l'avait même pas effleuré, aussi ne comprenait-il pas ce qui...
Sa main remonta, touchant à pleine paume l'énorme cicatrice que portait désormais Eddie.
- Non, admit Richie, honnête. Toi ?
Eddie soupira de soulagement. Il baissa les yeux en souriant.
- Non plus.
Il releva la tête pour le fixer gravement. Dans la pénombre, Richie voyait mal son expression, seulement ses yeux scintiller et ses sourcils tristes.
- Je fais pas ça à cause de Myra, pour info, déclara Eddie. Je fais ça parce que j'en ai envie.
- Tu pourrais avoir n'importe qui, répondit Richie. Tu es...juste...tellement...
Il ne pouvait pas dire Magnifique, même s'il le pensait. C'était comme de dire à Eddie qu'il était mignon, c'était une vue de l'esprit, du moins de l'esprit de Richie, et jamais Eddie ne pourrait comprendre ce que Richie voyait en le regardant, même s'il essayait de le lui décrire avec des mots.
- C'est toi, coupa doucement Eddie. Ça a toujours été toi.
Leurs lèvres se rencontrèrent et ne se quittèrent plus. Devant la pression exercée par Eddie, Richie recula lentement jusqu'au lit. Il capta un froissement, et s'aperçut fugitivement qu'Eddie essayait de le débarrasser de son jeans. Paniqué d'être le seul à se retrouver nu, il s'attaqua au pantalon de jogging d'Eddie, dont l'élastique glissa aisément sur ses fesses, que Richie caressa avec avidité. Il avait hâte de retirer à Eddie le boxer qui séparait ses doigts de la chair tiède en dessous, trop pressé de le toucher, de le sentir – de sucer, il pensait à ça aussi, le sucer à genoux ou allongé en dessous, peu importait en fait, juste donner, donner plus, parce que Richie savait tailler des pipes et s'il pouvait montrer à Eddie combien il était doué, peut-être qu'Eddie voudrait le refaire plus souvent, peut-être qu'Eddie oublierait qu'il était hétéro jusqu'à la semaine dernière, et alors...
Eddie lui tira vigoureusement les cheveux en arrière, l'obligeant à renverser la tête en couinant.
Soudain la bouche d'Eddie était sur sa pomme d'Adam avec sa langue chaude, humide, et pendant un bref instant de terreur irréelle, Richie crut qu'il allait juter dans son caleçon avant même qu'ils aient rien fait de sérieux.
Ses genoux le lâchèrent et il s'effondra sur le lit.
Il reprit rapidement conscience de sa situation, assis face à un Eddie toujours debout, et il se rapprocha pour tirer le pantalon d'Eddie vers le bas, tandis que ce dernier se débattait avec son t-shirt. Richie sentit l'eau lui monter à la bouche en devinant la forme du pénis dressé d'Eddie se dessiner dans l'obscurité quand boxer et jogging se retrouvèrent sur le sol. Juste devant lui, quasiment sous son nez.
- Eddie, susurra-t-il. Eds, je peux te toucher ?
- Oui, répondit Eddie, la voix rauque et étouffée.
C'était incroyablement sexy.
- Oooh....bordel, jura Richie en se penchant pour déposer un baiser sur sa cuisse, les mains sur sa taille.
Il voulait cette pine dans sa bouche dans la seconde.
Toutefois, Eddie ne semblait pas d'accord avec ce plan. Il appuya des deux mains sur son front pour l'empêcher de prendre son gland entre ses lèvres et Richie se figea, incertain sur la conduite à tenir.
- Enlève ce fichu jeans, exigea Eddie. Enlève !
- O-okay, bégaya Richie tandis que les mains d'Eddie le relâchait pour lui laisser assez d'espace pour se déshabiller.
La peau de Richie était couverte de chair de poule. Il se leva pour retirer son pantalon et son sous-vêtement, et se retrouva face à face avec Eddie – ou plutôt, face à torse, étant donné leur différence de taille.
- Richie, appela Eddie pour attirer son attention.
Richie baissa la tête et Eddie prit délicatement les lunettes posées sur son nez pour les replier et, à tâtons, les poser sur la table de chevet.
Pendant qu'il faisait ça, Richie avait simplement arrêté de respirer.
Puis Eddie revînt contre lui, joignit à nouveau ses lèvres aux siennes, et Richie oublia ce qu'il était en train de faire, enlaçant la taille d'Eddie pour le serrer contre lui. Il sentait des doigts fins contre ses épaules, contre sa nuque. Il les sentit dans ses cheveux, contre son cuir chevelu, et il en gémit d'aise, très excité.
Il pouvait également sentir sa verge raidie contre la sienne, séparées par le tissu mince de son caleçon, qu'il n'avait pas encore enlevé – son jeans, quant à lui, baillait sur ses cuisses, retenu uniquement par le pli de la ceinture au niveau de ses fesses. A force de friction, le jeans glissa le long de ses jambes, mais son caleçon n'allait pas bouger s'il ne s'en occupait pas maintenant – d'autant que son érection rendait la manipulation délicate.
Il relâcha les lèvres d'Eddie et descendit ses baisers dans son cou tout en utilisant ses mains pour finir de tout enlever. Après s'être débarrassé de ses chaussures, il porta un pied après l'autre de ses vêtements sur le sol et Eddie le poussa brutalement sur le lit.
- WOW ! Eds, tu...
Eddie fondit sur lui sans lui laisser le temps d'en dire davantage. Il lui grimpa dessus et l'embrassa avec une ferveur renouvelée, ses mains autour de sa tête, dans ses cheveux. Richie lui caressa le bas du dos, soudain incapable d'attendre davantage, tandis que leurs queues se touchaient enfin. Ils grognèrent de concert lorsqu'elles entrèrent en contact, lorsque les bourses d'Eddie se frottèrent à la cuisse de Richie et que le bout humide de sa bite souilla les poils de son ventre.
- Je t'aime, gémit Richie en lui empoignant les fesses, réalisant enfin un fantasme qui lui pesait depuis un paquet de semaines.
Eddie se cambra contre lui et Richie en profita pour embrasser l'arc tentateur de sa gorge, la naissance de son cou. Sa langue se perdit jusqu'au creux de sa clavicule, où il déposa un baiser adorateur sur l'os fragile.
- Richie !, couina Eddie en lui agrippant les cheveux.
Ses hanches se mirent à bouger langoureusement contre Richie, le faisant se frotter à lui comme un animal en rut. Pendant quelques secondes, Richie imagina qu'il plantait sa queue en lui et le faisait bouger ainsi, qu'il serrait sa verge entre ses fesses, planté bien à fond dans son cul soyeux et ferme.
Richie pressa son visage contre son épaule, ses reins convulsant contre Eddie coincé entre ses cuisses crispées autour de sa taille.
- Han, Rich-Richie !, hoqueta Eddie en entourant la tête de Richie dans ses bras. Richie, RICHIE !
Le sexe d'Eddie tressaillit contre le ventre tendre de Richie, ce dernier s'étranglant en le sentant contre lui, aussi brûlant, contre sa tête, son ventre. Il jouit en ouvrant la bouche afin d'aspirer de grandes goulées d'air moites, tout contre la peau d'Eddie couverte de sueur.
Il lapa cette sueur avec un désir à peine voilée de poursuivre en dépit de son orgasme. Eddie émit un son délicieux, tout contre son oreille et Richie s'empara de sa queue, les doigts serrés. C'était tout ce qu'il fallait à Eddie : il se recroquevilla en grognant, tremblant jusqu'à la moelle, et son plaisir éclata dans la main de Richie, jaillissant sur leurs peaux déjà collantes et humides.
Pendant plusieurs secondes, Richie écouta Eddie jouir, en haletant bruyamment, avidement. Puis le sperme s'arrêta de couler et Eddie se laissa lentement retomber sur le flanc en soufflant.
- Ah...Seigneur.
Il y eut un bref silence, durant lequel on n'entendait plus que leur respiration. Puis quand Richie eut reprit suffisamment son souffle, il se mit à rire doucement.
- Qu'est-ce qui te fait marrer, idiot ?, gronda Eddie, la voix rocailleuse.
- J'en sais rien. Chuis heureux, c'est tout, ronronna Richie en se touchant le ventre, étalant sueur et sperme sans distinction.
- T'es chelou, murmura Eddie en venant se blottir contre lui – en évitant soigneusement le mélange dégoûtant sur son ventre.
Richie rit à nouveau et l'embrassa sur le front, une main applatissant ses cheveux qui formait une masse volumineuse et duveteuse au sommet de son crâne.
- T'es mignon, chuchota-t-il contre sa peau. Trop, trop, trop mignon !
Eddie se redressa sur son coude pour le surplomber.
- La ferme !
- Tu rougis ?
- Dans tes rêves !
- Oui, murmura Richie en tendant le bras pour atteindre l'interrupteur de la lampe de chevet.
La lumière jaillit et ils mirent quelques secondes à s'y habituer, clignant des paupières pour pouvoir se regarder.
Richie caressa la joue d'Eddie, suivant le contour de sa cicatrice avec son pouce.
- Je t'aime vraiment, Eddie.
Eddie le fixa, l’œil grave, le sourcil froncé, comme s'il s'apprêtait à dire quelque chose d'important, quelque chose d'essentiel.
- Tu me dis ça alors qu'on est tous les deux couverts de fluides corporels visqueux, grommela Eddie.
Richie baissa les yeux en gloussant.
- Je suis toujours couvert de fluide corporel visqueux, fit-il remarquer.
- Pas moi !, répondit Eddie. J'ai besoin d'une douche.
Et il se leva. Richie s'attendait ce qu'il ramasse son jogging, ou au moins son boxer pour s'habiller avant d'aller à la salle de bain, mais il ne le fit pas. Il se dirigea vers la salle d'eau et Richie put se laisser éblouir par la vision admirable de son fessier. Ainsi que – vision bien moins réjouissante – contempler l'amas de tissu cicatriciel dans son dos.
Après avoir sommairement nettoyé son corps et les draps avec des mouchoirs en papier, Richie s'était endormi en écoutant l'eau de la douche couler dans la salle de bain de la chambre.
Ce n'était bien évidemment pas ce qu'il avait décidé, simplement la fatigue de leurs ébats et de l'anxiété des derniers jours l'avaient mis à plat. Satisfait et flottant sur son petit nuage d'endorphines, il avait laissé le sommeil l'emporter sur ses rivages lointains, sans plus s'inquiéter de rien.
Le réveil fut doux, dépourvu de stress ou de stupeur droguée. Il avait chaud, il était bien, détendu, et il sentait quelque chose lui chatouiller le nez.
Il ouvrit les yeux et chassa l'index d'Eddie qui s'amusait à dessiner du doigt les traits de son visage.
- Réveille-toi, murmura Eddie.
- Je suis réveillé, rétorqua Richie en prenant sa main dans la sienne.
- Okay.
Le visage d'Eddie se rapprocha du sien et il l'embrassa tendrement.
Richie roula sur le dos, laissant à Eddie le soin de lui monter dessus pour prolonger leur baiser. Il l'enlaça et, timidement, effleura la cicatrice de son dos. Elle était très impressionnante, et sa peau était étrange à cet endroit, rugueuse et dentelée.
Frissonnant contre lui, Eddie s'écarta. A présent que la lampe de chevet était allumée, Richie pouvait lire l'appréhension dans ses yeux.
- Tu es le mec le plus incroyablement sexy que j'ai jamais eu dans mon lit, déclara-t-il dans une tentative maladroite de le rassurer – et aussi parce que c'était vrai.
Eddie grimaça avant de poser une main sur son torse pour s'aider à se redresser. Il s'assit en tailleur sur le lit, alors Richie s'assit lui aussi contre la tête du lit, curieux. Il se frotta les yeux et récupéra ses lunettes.
- Je veux parler de ce qui s'est passé, fit Eddie en tant que préambule.
Richie sourit, un brin espiègle :
- Dans les détails ? Parce que je risque de choper la gaule si tu...
Eddie lui donna une tape sur la tête en représailles.
- Sois sérieux pour une fois. Sinon, arrête de parler et contente-toi d'écouter.
- Je pourrais passer mes nuits à t'écouter, susurra Richie en lui adressant un clin d’œil.
Eddie s'empara d'un oreiller et le menaça avec. Richie se protégea de ses bras mais le coup ne vînt pas. Il les abaissa en regardant Eddie.
Ce dernier noua ses bras autour de l'oreiller, qu'il blottit contre sa poitrine, dissimulant sa cicatrice avant.
- Je voulais le redire, pour être sûr que tu comprennes : je...j'ai pas fait ça pour énerver Myra.
- Tu l'as déjà dit, lâcha Richie.
- Je sais ! Je...je voulais juste être sûr que tu comprennes ! Ça a rien à voir avec elle...ce que...ce qu'on a fait...
Les bras d'Eddie se resserrèrent autour de l'oreiller et il se troubla :
- C'est le vrai moi. J'avais oublié que je pouvais ressentir ça. Ce...ce truc...
- Quoi ? La trique ?
- Non !!, s'agaça Eddie, frustré par le manque de mots. Ce truc qui...ce truc qui crépite...quand on est...tous les deux. Ce truc-là.
Il lui jeta un coup d’œil embarrassé par en-dessous.
- Tu vois de quoi je parle ?
- Je...je crois, souffla Richie, le ton étouffé comme s'il manquait d'air.
- Je veux le ressentir encore, admit Eddie. Je ne veux plus jamais vivre comme-comme un prisonnier dans ma propre vie. Je veux...je veux vivre certaines choses, je veux les vivre pleinement, je veux m'amuser et courir et faire comme tout le monde. Je veux baiser aussi, apparemment.
- Comment ça « apparemment » ?, marmonna Richie.
Eddie haussa l'épaule – petit geste de rien, mais qui émoustilla Richie plus que de raison, le forçant à rassembler les draps en plis sur son entrejambe pour cacher une éventuelle réaction.
- Ça n'a jamais été ma tasse de thé.
- Jamais été ta tasse de thé, répéta Richie. Ben bravo, on n'aurait jamais cru.
- C'est toi, siffla Eddie en le fixant. C'est ta faute. Quand je suis avec toi, j'ai toujours envie de faire des choses dont je n'avais jamais eu envie avant.
- Parce que tu n'as jamais eu envie de sexe jusqu'à maintenant ?, le nargua Richie. Eds, mon chou, je comprends que tu veuilles changer de vie, parce que sincèrement, elle craint !
- Va te faire foutre !, s'écria Eddie en lui assénant un coup d'oreiller en pleine face.
- Ça c'est un programme !, s'amusa Richie en le prenant dans ses bras pour le renverser sur son lit.
Soudain, ils étaient à nouveau l'un contre l'autre, et le frottement de leur peau les embrasa comme des allumettes. Les mains d'Eddie s'emparèrent de son visage pour l'embrasser, et couchés sur le côté, l'un contre l'autre, ils entamèrent une danse langoureuse où leurs jambes s'entremêlaient fiévreusement, nids de serpents en feu à même les draps.
- Tu as dis...que j'étais brave, haleta Eddie entre le mouvement de leurs lèvres.
- Tu es la personne la plus courageuse que je connaisse, souffla Richie en s'écartant, les yeux brillants. Tu es incroyable.
Eddie continua de le fixer, incrédule, forçant Richie à sourire et à baisser les yeux, qui suivirent le tracé de la cicatrice sur le torse d'Eddie.
- Tu es incroyable, insista-t-il. Tu ne peux pas savoir à quel point.
- Je crois que je sais, murmura Eddie en lui caressant la joue. Parce que c'est exactement ce que je vois quand je te regarde.
Combien de fois comptes-tu me couper le souffle, combien de fois comptes-tu voler mon cœur ?, pensa Richie, et il tenta de se souvenir de quelle chanson la réplique venait, sans y parvenir.
Il caressa doucement la taille d'Eddie, nichant sa main dans le creux de ses reins. L'intimité du geste le fit sourire et il tendit les lèvres pour réclamer un nouveau baiser, qu'Eddie lui offrit sans rechigner.
- Tu bandes, susurra Richie en léchant subtilement le coin de la bouche d'Eddie.
- Que vas-tu faire à propos de ça ?, demanda Eddie, le regard brûlant.
- Qu'est-ce que tu as envie que je fasse ?
Eddie le fit rouler sur le dos et lui monta dessus – ce qui semblait devenir une sorte d'habitude. Richie avait finit par comprendre qu'Eddie aimait être au-dessus, ce qui ne lui posait aucune sorte de problème. Eddie pouvait bien faire ce qu'il voulait de lui.
Ce dernier s'assit à califourchon sur lui, et il replia le coude près de l'oreille d'Eddie pour lui chuchoter :
- Tu veux que je te le dise ?
Richie déglutit, son propre pénis ayant un regain d'énergie à l'écoute de cette voix suave coulant dans son oreille comme un liquide chaud. Il ferma les yeux, essayant de maîtriser l'émotion qui le submergeait. Sa voix sortit sous forme de filet, le ton très bas :
- Oui ?
La langue d'Eddie caressa le pavillon de son oreille et Richie gémit, le visage brûlant.
- Tu pourrais me laisser pénétrer ta bouche. Histoire qu'elle serve enfin à quelque chose, pas vrai Richie ?
L'interpellé jura à voix basse tandis qu'Eddie lui caressait les testicules avec a verge de plus en plus dure. Il ondulait entre ses cuisses, laissant Richie prendre conscience des dimensions de sa queue.
- Tu aimerais ça ? Je sais que tu en avais envie tout à l'heure, continua Eddie.
- Ouiiiii, geignit Richie. Laisse-moi la prendre !
Eddie tressaillit contre lui. Il vînt lui mordiller le lobe en ronronnant.
- Est-ce que tu as été sage ?
N'y tenant plus, Richie le retourna sur le lit. Ils roulèrent et Eddie, surpris, ne réagit que trop tard. Richie le cloua au matelas, puis descendit embrasser son ventre.
- Attends !, hoqueta Eddie.
- Je peux pas, murmura Richie en s'arrêtant néanmoins.
Eddie replia les genoux, encadrant les épaules de Richie de ses jambes largement écartées. Ce dernier glissa ses bras dessous.
- C'est trop sexy Eds.
- Ne m'appelle pas comme ça, s'étrangla Eddie.
Les lèvres de Richie poursuivirent leur cheminement au sud, et il empoigna la base de la verge pour passer sa langue de bas en haut, remontant sur le gland rougi avec une autre main sous ses testicules. Il claqua un baiser humide sur le bout, qu'il entreprit de lécher en salivant abondamment pour faciliter le glissement du prépuce lorsqu'il le branla doucement, assez lentement pour faire gentiment monter la sauce.
Puis il entoura la couronne de sa bouche avec un appétit féroce, une fièvre volatile qui lui chauffait les oreilles à blanc tellement il avait honte d'en avoir envie, et il engouffra la queue de plusieurs centimètres, presque expert en la matière, savourant le couinement poussé par Eddie, le soubresaut de ses reins lorsque Richie se mit à aspirer.
Les doigts d'Eddie, ses doigts fins et pourtant si rudes, se perdirent dans ses boucles, l'obligeant à raidir la nuque pour résister à la pression qu'il exerçait sur sa tête sans le vouloir, perdu qu'il était dans son plaisir. Richie voulait continuer de l'avaler afin de s'offrir complètement, laisser à Eddie le soin de tout contrôler. Mais dans un coin de sa tête, il refusait de lâcher la bride à ses instincts de soumission, son premier désir était d'allumer un feu si intense chez Eddie que ce dernier en oublierait toute pensée hétérosexuelle pour la semaine.
Et pour cela, il fallait éviter de le faire juter trop vite.
- Putaaaaaain !, grogna Eddie en s'agrippant au drap, conscient soudain que son attitude – ses mains poussant sur la tête de Richie – pouvait paraître brutal.
Il ne faisait pas exprès. Richie savait bien reconnaître, il avait connu des mecs qui faisaient exprès, il savait à quoi ils ressemblaient au pieu. Eddie n'était pas comme ça. Eddie était inexpérimenté et curieux, il était juste ce qu'il faut d'agressivité et de violence, emporté par une passion dont Richie avait trop faim pour s'en vexer. Il voulait de cette brusquerie avide, il voulait un peu de la force d'Eddie, la force de son engouement, la force de son désir pour lui. Cela l'aidait à contrebalancer le sien.
Il pressa le gland contre l'intérieur de sa joue, caressant la verge avec sa langue, langoureusement, les yeux clos, l'esprit concentré. Il tentait de faire abstraction des bruits que faisait Eddie, d'ignorer sa propre queue qui durcissait entre ses cuisses sans pouvoir trouver le moindre soulagement.
Il pompa avec vigueur, le rouge aux joues en se répétant « Enfin, enfin, c'est Eddie, Eddie Kaspbrak », il le voulait trop en lui, trop pour arrêter quand Eddie l'alerta sur la possibilité imminente de son éjaculation.
Il crispa les paupières puis il attendit le foutre contre son palais, et lorsqu'il arriva, c'était toujours visqueux et chaud, mais ça restait Eddie, alors il suça avec application jusqu'à ce que celui-ci cesse de se tortiller sous lui et que ses jambes retombent sur le matelas comme des poissons morts, pâles, glabres et humides à la lueur de la lampe de chevet.
- Bordel de Dieu, lâcha Eddie dans un souffle furieux, à en secouer les valkyries de Wagner. Bordel !
Richie se redressa sur ses mains pour le regarder enrouler un bras devant ses yeux, cachant ainsi son visage et son expression.
Il décida que c'était peut-être le moment de laisser un peu d'intimité à Eddie. Il se leva et entra dans la salle de bain dans l'idée d'y faire ses ablutions, comme Eddie un peu plus tôt.


Bon, je suis obligée de découper le dernier chapitre en deux car 9000 mots, ça passe pas dans un post LJ. Je vous retrouve donc pour la fin du smut (et de cette fic) à cet endroit

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