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Cette fic fait environ 17K (25 pages, si ça vous parle davantage), c'est la plus longue que j'ai écrite depuis un sacré moment. Encore merci à Wilwy d'être ma victime consentante pour lui écrire ce pavé, et merci à tous celleux qui ont bien voulu lire cette fic jusqu'au bout !!


Chapitre 4

C'était un espace exigu où sa carrure haute et large avait le plus grand mal à se déplacer. Il prit brosse à dents et dentifrice pour se glisser dans la cabine de douche. Quitte à se cogner partout, autant faire du deux en un, et il alluma l'eau chaude, fourra la brosse pleine de dentifrice dans sa bouche, et caressa paresseusement son érection naissante.
Une fois la porte de la salle de bain fermée, c'était presque possible de croire qu'il avait imaginé ce qui était arrivé. Il avait peut-être pris une biture de trop, ou peut-être que la dope était trop pure cette fois. Peut-être que c'était juste un délire de son esprit malade, il n'était jamais allé chez Eddie, n'avait jamais fuis dans son SUV et n'avait jamais baisé avec lui dans sa chambre d'hôtel.
Ça paraissait tellement improbable. Trop parfait pour être honnête.
Cependant, quand il fermait les yeux, il pouvait sentir à nouveau sa peau sur la sienne, il pouvait entendre sa voix à son oreille, sa semence sur son ventre, sur ses doigts – dans sa bouche – et ça, il ne pouvait pas l'avoir aussi bien fantasmé.
Il cracha le dentifrice et le regarda disparaître en tourbillonnant dans le siphon, surpris de ressentir une forte nostalgie à l'idée de ne plus avoir le goût d'Eddie sur la langue.
Il rougit et s'aspergea le visage avec le jet pour chasser les drôles de pensées qui l'agitaient. C'était bizarre pour lui de ressentir autant de choses. Il ne pensait pas être fait pour la romance – c'était un sentiment trop sérieux, trop tendre, alors qu'il était le genre d'homme qui s'était habitué à rire de tout avant qu'on ne rit de lui et que ça puisse le blesser. Il prenait le plaisir comme il venait, sans courir après – c'était souvent la meilleur méthode pour en avoir. Mais avec Eddie, il pourrait ramper sur les genoux sur des kilomètres, le plaisir n'avait pas de fin, c'était doux et agréable comme des battements de cœur qui s'affolent, comme la reconnaissance de l'être aimé, comme une déclaration chuchotée, alors même qu'Eddie n'avait encore rien dit ! Pour l'instant, seul Richie avait admit qu'il avait des sentiments pour Eddie.
Toutefois, ils semblaient sur la bonne voie.
Richie rejeta ses cheveux mouillés en arrière et soupira. Il pouvait le faire. Il pouvait faire tomber Eddie amoureux de lui. Il était prêt à tout maintenant.
C'était facile, parce qu'il n'avait pas le choix. Il n'allait pas tergiverser, cette journée était la meilleure de sa vie, comment ne pas désespérément vouloir que les suivantes lui ressemblent ?
Son pénis était raide comme un piquet dans sa main et il ferma les yeux en se remémorant comme c'était bon d'avoir Eddie contre lui, d'embrasser ses lèvres avides, de toucher son corps frêle mais ferme, de le sentir bander contre sa peau, brûler et prendre le plaisir sans honte ni pudeur. Il avait écarté les cuisses pour lui, il l'avait laissé faire, et puis il avait glissé ses doigts dans ses cheveux pour lui dire qu'il faisait ça bien. Parfaitement. Disparu l'enfant frustré prisonnier de sa mère, restreignant ses pulsions – colère, désir, joie – par peur d'exploser en les exprimant.
Richie les voulait tellement. Il n'y avait rien de plus sexy que de voir Eddie céder et éclater comme un feu d'artifice en plein ciel à cause de Richie, seulement à cause de lui.
- Oh putain, souffla Richie en se crispant, sur le point de jouir en pensant à Eddie, Eddie en train de jouir, Eddie couinant et éjaculant dans sa...
La porte de la cabine de douche s'ouvrit dans un grincement chuintant et Richie sursauta violemment, se cognant l'épaule dans le porte-savonnette.
- PUTAIN DE MERDE !
Eddie se figea, la main encore sur la porte couverte de buée.
- J'ai toqué mais tu répondais pas !, se plaignit-il avant que Richie n'ait pu lui faire le moindre reproche.
- Et c'est ton excuse pour essayer de me faire avoir une attaque ?, s'exclama Richie en portant la main à sa poitrine pour essayer de calmer la cavalcade de son cœur.
Eddie le fixa de son regard sombre en silence, puis son expression se froissa et des plis soucieux se formèrent sur son front tandis que ses sourcils faisaient ce truc étrangement attachant, comme des virgules tristes, qui serrait toujours l'estomac de Richie en un nœud compact de chaleur.
- Je peux venir, oui ou merde ?
Richie aurait bien dit merde pour le principe, mais s'il se montrait parfois soumis au lit cela ne voulait pas dire pour autant qu'il était masochiste. Il se tassa donc au fond de la cabine pour faire de la place puis esquissa un geste d'invitation avec son bras.
- Si Monsieur veut bien se donner la peine...
Les lèvres d'Eddie frémirent d'une ombre de sourire et il pénétra dans la douche avec lui. Aussitôt, il tendit les mains et toucha le torse de Richie.
- Intéressé par la moquette, Spaghetti ? Tu essayes de voir si tu es vraiment allergique ?, plaisanta Richie, légèrement nerveux – et toujours solidement en érection, cela va sans dire.
- C'est bizarre, murmura Eddie en caressant lentement les poils humides sur la poitrine de Richie. J'ai toujours trouvé ça rebutant.
Un peu embêté par la tournure de la conversation, Richie se mordit la lèvre inférieure.
- Si tu penses que je vais m'épiler, tu te fourres le d...
- Non, le coupa Eddie. Je disais ça parce que c'est sexy...en fait.
Le rouge lui monta brutalement aux joues et il baissa les yeux. Richie émit un petit rire médusé. Il n'était pas habitué aux compliments sur son physique, ce qui l'empêchait de réagir. Il fouilla dans sa mémoire à la recherche d'une anecdote qui pourrait le sortir de son embarras et voici ce qui sortit de sa bouche :
- Ya...un ou deux ans, mon manager m'a vraiment harcelé pour que j'aille chez l'esthéticienne. J'y suis allé, je pensais que c'était pas si terrible, j'veux dire, tout le monde à Hollywood le fait hein. Il y avait cette petite blonde sexy, elle a commencé à me tartiner avec cette espèce de pâte collante qui sentait bon, j'me suis dis « okay Richie, c'est pas la mer à boire, jusque-là tout se passe plutôt bien, t'as une jolie fille qui te badigeonne comme une tartine de nutella, c'est cool, tout est cool » et puis après il a fallu arracher, et merde, j'ai chialé comme une fillette pendant 20 minutes avant de me barrer sans enlever la cire, et c'est resté pendant des semaines emmêlés dans les poils comme du vomi séché.
Sans crier gare, Eddie éclata de rire.
- J'y crois pas. J'y crois pas !
- Si si, j'te jure !, insista Richie, tout sourire. Quand Steve m'a demandé comment ça s'était passé, je lui ai dis « Plus jamais » d'un air solennel et il a plus jamais abordé le sujet.
- Putain, hoqueta Eddie entre deux reniflements, t'es pas croyable.
Richie sentit comme une bouffée de tendresse envers Eddie à cet instant, en le voyant rire tout contre lui, ses mains encore à plat sur son torse, avec l'eau qui dégoulinait sur ses épaules, sur le tissu cicatriciel rosâtre de sa poitrine.
Il posa sa main en coupe contre sa mâchoire, lui faisant relever la tête.
- C'est toi qui l'est.
- Quoi ?
- Incroyable, chuchota-t-il en se penchant pour l'embrasser.
Le corps d'Eddie se pressa contre le sien, et au moment où son érection entra en contact avec le ventre d'Eddie, il comprit que c'était une mauvaise idée, pourtant il ne parvînt pas à s'arrêter. Il saisit la nuque d'Eddie pour approfondir leur baiser, et ondula lentement des reins pour se frotter contre lui.
Eddie lui mordilla la lèvre et tira dessus en s'écartant un peu. Leurs regards se croisèrent. Richie gémit tandis qu'Eddie relâcha sa lèvres avant d'esquisser un sourire satisfait.
- Tu devrais mettre plus souvent tes cheveux comme ça, commenta-t-il. Ça te va bien.
- Oh, pas question. Je ne suis pas un petit garçon sage, moi !, rétorqua Richie. Je suis un lion et ma flamboyante crinière ne sera ni domestiquée ni domptée !
- Tu es beau, admit Eddie de but en blanc, avant d'effleurer à nouveau ses lèvres.
Richie ouvrit la bouche, les yeux clos, savourant juste ça, juste la sensation de la bouche d'Eddie si proche de la sienne, pas assez pour que ce soit un baiser, mais suffisamment pour le faire brûler d'envie que ça le devienne.
- Je...je vais y réfléchir, haleta-t-il en passant un bras autour de la taille d'Eddie pour tenter de le faire approcher.
L'une des mains d'Eddie s'égara entre ses jambes tandis que l'autre remonta le long de sa gorge, son pouce traçant le contour de sa pomme d'Adam.
- Est-ce que...tu le pensais vraiment ?
- De quoi ?, marmonna Richie, déconcentré par les doigts venus taquiner sa queue tendue entre eux.
- Ce que...ce que tu as dis...tu sais.
- « C'est toi qui l'est » ?
- Nan.
- « Tu pourrais avoir n'importe qui » ?
- NAN ! Le truc...le truc que tu m'as dis dans la voiture, grogna Eddie. Que...
Il prit une profonde inspiration en posant sa main sur la hanche de Richie, trop près de son érection mais pas assez.
- Que tu voudrais que je sois avec toi.
- Oh, fut tout ce que Richie trouva à dire. Oui, bien sûr.
- Alors...si je dis la même chose, déclara Eddie d'une voix étonnamment rauque, profonde. Si je dis que je veux rester avec toi...tu es okay avec ça ?
- Putain oui, siffla Richie en sentant les doigts d'Eddie glisser sur sa peau mouillée vers son sexe douloureusement dressé depuis des plombes.
- Okay ?, demanda Eddie, le ton hésitant, le sourcil bas, inquiet.
- Super okay, répondit vivement Richie. Super méga ultra okay !
- Et ça n'a rien à voir avec ma main sur ta cuisse, hein ?, se moqua Eddie, l'oeil abritant une petite lueur de malice.
Richie haussa un sourcil narquois :
- Eds, mon chou, lumière de mes jours, cerise sur mon gâteau, ketchup sur mes frites, la seule chose que j'ai voulu de toute ma vie, c'est de la passer avec toi. Qu'est-ce que tu crois que je foutais chez toi le doigt sur la sonnette ? Te vendre des almanachs ?
Il soupira devant Eddie qui ne semblait pas comprendre et ajouta :
- Eds...c'était...c'était pour t'avoir dans ma vie que je suis venu. Je n'avais p...
Le dos de Richie heurta bruyamment la paroi en plexiglas de la douche lorsqu'Eddie le poussa en arrière en agrippant sa tête afin de lui faire pencher celle-ci et d'atteindre sa bouche. Malgré la douleur du choc, Richie n'avait pas l'intention de s'en plaindre, d'autant qu'Eddie venait de saisir sa verge à pleine main, lui imprimant des mouvements rapides et maladroits sous l'eau de la douche.
- J't'aime, balbutia Richie entre deux respirations. Eds !
En réponse, le corps d'Eddie tressaillit contre le sien, et se pressa davantage contre lui. Il n'allait pas durer longtemps à ce rythme. Il pensait à Eddie, à ses grands yeux noirs qui le dévisageaient sous ses cils, à sa petite main sur sa queue, à ses abdominaux contre son ventre, ses cuisses musclées, son torse étroit, ses lèvres, ses cicatrices...il se sentait submergé, rempli. La chaleur de la douche, la vapeur, lui faisait tourner la tête, alors il fallait qu'il reste focalisé sur le moment présent, sur ce qui était en train d'arriver. Cela pouvait ressembler à des brumes de rêves, un fantasme, mais c'était concret, et chaque sensation le lui rappelait.
- J'ai l'impression...d'avoir perdu...tellement de temps !, dit Eddie, la voix hachée. Tellement de temps !
La tête de Richie se réfugia contre son épaule, étouffant ses gémissements contre sa peau tandis qu'il jouissait. C'était trop bon d'entendre cette note désespérée dans la voix d'Eddie, pour la première fois il ne se sentait plus seul, pour la première fois ils étaient réellement pareils, sur la même longueur d'ondes. Il avait porté ce sentiment pendant des années, ce manque et cette souffrance. Soudain, il pouvait tout lâcher et c'était comme une montgolfière qui aurait lâché tout son lest, il allait s'envoler vers la stratosphère.
- Eddie...
Ce dernier passa sa main précipitamment sous le jet pour nettoyer le sperme.
- Tourne-toi, lui intima Eddie sans le regarder – aucun d'entre eux n'en avait envie, tout était encore trop frais, trop à vif.
Alors Richie obéit sans faire de commentaire, la gorge nouée par les émotions suspendues entre eux, prêtes à se déverser comme les ordures d'un camion poubelle arrivé à la décharge. Et ils finiraient engloutis dessous, incapables de s'échapper, pris au piège par cet amas de sentiments dont ils ne savaient que faire – Richie n'osait pas faire de commentaire parce qu'il voyait l'arrière du camion s'élever, les détritus s'amonceler sur le bord, et appeler à l'aide lui faisait inexplicablement aussi peur que de se faire ensevelir.
Au moins, il n'était pas seul là-dedans.
Le front d'Eddie se posa contre son omoplate et ses bras vinrent entourer son ventre. Richie rentra un peu les épaules, se sentant plus vulnérable qu'il ne l'avait jamais été.
Il lui semblait qu'Eddie prononçait son nom, mais si bas qu'avec le bruit de la douche, il n'était pas sûr d'avoir correctement entendu. Maintenant que son excitation était redescendue, il commençait à être un peu trop conscient des bourrelets autour desquels les bras d'Eddie étaient pressés – il tenta de rentrer le ventre un peu et toucha les mains d'Eddie. Elles étaient si fines par rapport aux siennes, douces et bien entretenues, avec des ongles impeccables.
Il sourit malgré lui en se disant que c'était mignon. Tout en Eddie était mignon.
Et puis Eddie se serra davantage contre lui, calant son torse contre son dos, ses jambes contre les siennes, son entrejambe contre ses fesses.
Richie s'étrangla en sursautant, posant une main sur la paroi de la douche pour se retenir à quelque chose de solide, quelque chose lui permettant de rester ancré dans la réalité. Eddie embrassa l'arrière de son épaule et ses mains remontèrent lentement sur son ventre vers son torse, le caressant à rebrousse-poil – l'eau rendait la sensation sensuelle, les poils bruns, longs et humides, glissant sur sa peau sans se hérisser. De son côté, Richie aimait ça chez ses partenaires : il aimait caresser les poils, il aimait comment c'était intime, presque complice, comment ça le ramenait à quelque chose de très primale, comme d'apprécier le contact réconfortant d'une fourrure, quelque chose d'instinctif, mais aussi parce que, d'une certaine façon, il voyait ça comme quelque chose de viril, qui lui renvoyait le sentiment de transgression en pleine face – HOMOSEXUALITÉ, lui criait son cerveau dans ces cas-là, avec la voix d'un télé-évangéliste au rabais – et c'était encore meilleur ainsi.
Par contre, il ignorait ce qu'en pensait Eddie. Il ne savait pas quel genre de filles Eddie aimait – après tout, il ne connaissait pas vraiment Myra – et de toute façon sont corps n'avait rien à voir avec ceux qu'Eddie avait probablement déjà touché.
Il frissonna en arrivant à cette déduction : il était sans doute le premier homme qu'Eddie ait touché, le premier à mettre Eddie dans cet état, le seul.
- Richie, appela Eddie en le plaquant contre la paroi en plexiglas.
- Tu te rattrapes de tout le sexe que tu n'as pas pu avoir avec ta femme ?, chuchota Richie avec empressement avant de penser, terrifié de sentir Eddie à nouveau prêt, à nouveau dur contre l'intérieur de sa cuisse.
- La ferme !, gronda Eddie en le repoussant contre la vitre en plastique, qui vibra sous l'impact.
Richie gémit en fermant les yeux. La situation devenait étrangement sexy.
Les paumes d'Eddie s'étendirent sur sa poitrine, effleurant ses tétons durcis.
- Ne me parle pas de ça quand je..., grogna Eddie avant de s'étrangler à son tour, quand Richie cambra les reins pour se frotter à son érection.
- Eds, souffla Richie. Eddie, je...j'aurais aimé que tu...
Il déglutit, ravalant sa honte.
- J'ai pas...j'ai pas baisé comme ça depuis 3 ans, je peux pas.
Le corps d'Eddie s'écarta du sien, ses mains également et Richie le retint par le poignet.
- Non, je...
- On n'est pas obligé...
- C'est okay !, déclara Richie sans se retourner. Je veux dire...c'est...
Il hésita longuement parce que c'était presque douloureux de se livrer autant.
- J'aime bien ça comme ça. Juste...sans...tu vois.
Avec un soupir, Eddie revint contre lui – ce n'était pas bien difficile, la cabine étant assez petite quand on y mettait deux hommes adultes.
- J'avais pas l'intention de...faire ce à quoi tu penses, grommela-t-il contre sa nuque.
- De me baiser, le nargua Richie. Tu peux dire le mot, tu sais ?
Eddie grinça des dents en l'enlaçant par derrière.
- De toute façon, faire ça ici, sans préservatif ni préparation ? Ce serait...contraire aux normes d'hygiène les plus élémentaires !!
Richie pouffa contre la vitre où il s'appuyait depuis tout à l'heure, les jambes en coton.
- Quoi ?, insista Eddie. Tu crois que je ne me suis pas renseigné sur comment on faisait ? C'est dégoûtant, si tu ne nettoies pas avant, il y a plein de...
- Bip bip Eds !, lâcha Richie en éclatant d'un rire bas, qui secoua son corps tout entier, et l'espace d'un instant, il en oublia complètement l'aspect sexuel de leur position.
Jusqu'à ce que l'érection d'Eddie se loge entre ses fesses.
- Oooooh putain de bordel de m...
- Putain, siffla Eddie, haletant contre son dos en se frottant de plus en plus vigoureusement. Rich-Richie...ah.
Fiévreusement, il déposa des baisers sur la naissance de ses épaules, contre sa nuque, et Richie pencha la tête en avant, le dos rond, gémissant. C'était trop bien, c'était comme si Eddie ne pouvait pas se retenir, quand il faisait exprès de lui laisser un peu de temps tout seul, il revenait vers lui, comme un aimant, sa bite comme l'aiguille d'une putain de boussole en direction de son cul.
Ça le rendait ivre, dingue, ça le rendait extatique et chaud à l'intérieur, jusqu'aux couilles, jusqu'aux joues, ça étirait son sourire jusqu'aux oreilles et lui donnait envie de chialer en même temps.
Il sentit Eddie se tendre contre lui, et se blottir contre son épaule, les bras étroitement serrés contre son ventre, la chair tendre dont il avait si honte quelques minutes auparavant, désormais agrippée à pleine poignées par les doigts souples d'Eddie, ses doigts de col blanc soigneusement manucurés qui avaient caressée sa queue l'instant d'avant jusqu'à l'orgasme.
Il aurait voulu lui rendre son étreinte, alors pour lui transmettre ce sentiment, il appuya le front sur la vitre et couvrit les bras d'Eddie avec les siens, les mains sur les siennes.
- Eddie, murmura-t-il, les yeux fermement clos. Eddie, s'il te plaît...s'te plaît s'te plaît, vas-y ! Allez, hnnnn...
- Richie !, hoqueta Eddie dans un sanglot rauque, lourd de désir.
Ses abdominaux tressautèrent contre le dos de Richie et il le sentit jouir, il entendit le long soupir de relâchement d'Eddie quand il se vida contre ses reins, les bourses frémissant contre son cul.
- Bordel de...bordel, haleta Richie. C'était chaud. C'était super chaud Eddie !
- Hmm hm, grogna ce dernier en frottant sa joue contre son épaule.
Après de longues minutes, Eddie mit fin au câlin – au grand dam de Richie – et proposa de l'aider à se laver.
- Je savais bien que tu avais un kink à ce niveau-là, se moqua Richie en coupant l'eau.
- Tant que je suis là, autant que ça serve à quelque chose !, rétorqua Eddie en s'emparant du savon.
Il s'avéra qu'Eddie utilisait uniquement ce prétexte pour le toucher, mais cette fois davantage pour étudier que pour l'exciter. Richie était enchanté de l'attention, malgré un sentiment de malaise persistant et irrationnel qu'il s'efforça d'envoyer balader – Eddie avait déjà prouvé que le corps de Richie, avec ses imperfections, ne le gênait pas.
Il donnait au contraire l'impression de vouloir l'explorer davantage.
La douche mit ainsi deux fois plus de temps qu'en des circonstances ordinaires, et quand ils en sortirent, dans un épais nuage de vapeur blanche digne d'un hammam, leur peau était toute fripée.
- Hey, hey, Eds ! Regarde, ça c'est toi et moi à 80 ans !
- Nan Richie, ça, c'est un vieux pruneau et moi, répliqua Eddie. Mais je t'aime quand même.
Richie se figea alors qu'il allait sécher ses cheveux avec une serviette. Il fixa Eddie qui lui tournait le dos pour récupérer d'autres serviettes dans un placard, trop bouleversé pour parler.
Sans remarquer quoique ce soit, Eddie se retourna et commença de s'essuyer, avant de venir vers Richie.
- Il n'y a qu'un seul drap de bain, regretta-t-il, on va devoir partager.
Il prit la petite serviette et essuya les cheveux de Richie pendant que ce dernier, qui avait récupéré ses facultés motrices entre temps, s'occupait de sécher son corps. Quand Eddie eut terminé, il tenta de mettre les cheveux de Richie en arrière mais celui-ci protesta.
- Arrête ! J'ai l'air d'un pingouin comme ça !
- Tu préfères avoir l'air d'un orang-outan ?, contre-attaqua Eddie.
- C'est comme ça que je t'ai séduit, s'exclama Richie en souriant.
Eddie leva les yeux au ciel, néanmoins il lui prit la main et l'entraîna vers le lit sans rien dire, un petit air de mystère au coin des lèvres, un brin de tendresse dans l'éclat de la pupille.
- Eddie, je....hm, j'ai quarante balais, confessa Richie en marchant très lentement, soudain intimidé. Et même si je suis un étalon et que tu es le mec le plus sexy de tout l'état de New York, toussa toussa, je vais avoir du mal à...hm, la lever, tu vois ?
- C'est bon, murmura Eddie avec un petit sourire qui disait sans le dire « Un étalon hein ? ». C'est pas ce que j'avais en tête de toute façon.
Il roula dans le lit et tapota l'oreiller à côté de lui en remontant le drap sur lui.
- Tu fais la sieste avec moi ?
Richie obéit docilement et Eddie vînt se blottir contre son torse, dans le creux de son aisselle pas trop loin de son cœur – trop près, tellement trop près. Il s'y nicha avec délicatesse, comme un chiot en quête d'affection : c'était terriblement adorable. Richie en profita pour caresser ses cheveux encore humides, n'osant briser la tendresse de ce moment avec une blague. Ils étaient tous deux épuisés après toutes ces émotions et cette activité physique, et l'idée d'une sieste était de plus en plus attirante.
- Seulement de l'état de New York ?, maugréa Eddie en fermant les paupières.
- C'est ça que tu retiens ?, gloussa Richie en jouant avec les mèches qui retombaient sur le front d'Eddie, sans la quantité de gel coiffant qu'il avait l'habitude d'y mettre pour les discipliner. Aujourd'hui, Richie avait retrouvé un Eddie qu'il adorait, celui qui brisait tous ses codes pour agir de façon impulsive. Le vrai lui, celui que Richie voulait choyer comme la prunelle de ses yeux.
Le silence, confortable et sans non-dits, s'installa entre eux tranquillement et après un bon quart d'heure, Richie nota qu'Eddie s'était endormi – parce qu'il ronflait.
Il caressa l'arrondi de son oreille, s'émerveillant de pouvoir faire ça, de pouvoir tenir son corps nu contre lui, et ainsi de pouvoir l'embrasser à la naissance des cheveux sans crainte d'être rejeté.
Il ferma les yeux, et pour une fois, depuis très longtemps, il était parfaitement content.




Bonus : Quand Eddie va apprendre que Richie couchait avec son manager
"Tu as couché avec Steve ?? JE L'AI LAISSÉ RENTRER CHEZ NOUS, JE LUI AI MÊME PRÉPARÉ UN SANDWICH..."
"Eds, mon chou, mon trésor..."
"Ne m'appelle pas comme ça !"
"...mon canard en sucre, tout le monde couche avec son manager au moins une fois, c'est la règle."
"Tu sais où tu peux te la foutre ta règle ?"
"Sois pas comme ça, j'ai seulement couché avec Steve avant de me rappeler de toi. Maintenant j'ai d'yeux que pour ton joli cul."
"C'est censé me faire plaisir ? Ça ne me fait pas plaisir."
"Même pas un peu ?"
"Pas du tout."
"Je t'ai vu sourire."
"C'était ton imagination. Elle a toujours été débordante."
"Oh, Eds. Si tu savais à quel point..."

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