Bonjour bonjour,
cette année, je participais au Pumpkins Autumn Challenge, organisé par Guimause du blog Le Terrier de Guimause jusqu'au 30 novembre 2021.
Pour ma première participation, j'ai choisi d'être ambitieuse et de choisir deux menus. Chaque menu (il y en a 4) comprennent des thèmes, et le but est de trouver un livre correspondant à chaque thème (la convention est de lire à minima 2 livres pas menu).
Je suis fière de vous annoncer que j'ai réussi à lire tous les livres de chaque thème, soit 5 livres.
Donc en ce qui me concerne, j'ai sélectionné les menus Automne Douceur de Vivre et Automne Enchanteur que voici :

Nous allons commencer par le premier menu, Douceur de Vivre, et par le livre que j'ai lu pour le thème "It's just a bunch of hocus pocus*" qui est évidemment une citation du film Hocus Pocus : Les Trois Sorcières, de Disney. Ce thème comprend la fête de Halloween, Samhain (l'équinoxe celtique) ou l'automne.
*signifie en anglais C'est rien que des tours de passe-passe
Le second thème pour ce premier menu est "Eh Jiji, tu ne trouves pas que ça sent drôle bon à la Gütiokipänja ?!" (citation d'un film/livre japonais ? Après recherche, Google me dit "Kiki la petite sorcière" de Miyazaki, ce qui colle avec le contexte). Ce thème comprend les élément Famille, Nourriture, Jeunesse ou Parcours initiatique.
Le troisième thème de ce premier menu était la célèbre phrase de Dumbledore (qu'on ne présente plus) "Il suffit de se souvenir de rallumer la lumière", et qui comprenait également tout ce qui est Feel Good*, Santé Mentale ou Émotions
*Feel Good signifie littéralement "se sentir bien" en anglais et désigne des oeuvres positives, qui provoquent du bien être, qui donne le sourire
Cette saga comprend deux thématiques qui me sont chères : la magie et la déconstruction des rôles genrés.
Dans cette bande-dessinée, on suit un personnage vivant dans une communauté qui utilise la magie. Les filles apprennent des sorts, font de la magie, apprennent à manipuler les éléments, tandis que les garçons, eux, ont pour rôle de protéger la communauté en s'alliant avec un esprit animal (emprunt à la culture amérindienne) qui leurs permettent de se changer en un animal, après un rite de passage à l'adolescence.
Notre personnage principal, Aster, est androgyne et de correspond pas aux codes qu'on essaye de forcer sur lui. Aster ne veut pas apprendre à se changer en animal, mais aimerait apprendre la magie, ce que sa communauté condamne fermement.
C'est donc cette lutte, entre quête d'identité et tentations malfaisantes, qui se joue dans cette histoire. Heureusement, comme c'est du "feel good", ça finit bien, mais si j'avais su, je ne l'aurais pas mis dans "feel good", parce que ce sont quand même des thèmes graves qui sont abordés. Comment, en étouffant sa propre nature, on finit par nourrir des émotions négatives qui peuvent nous nuire et nuire aux autres (notamment dans les tomes 1 et 2). Combien il est difficile de se lier aux autres quand on n'est soi-même pas en phase avec son moi profond. Bref, sous ses airs simplistes, cette BD aborde beaucoup de sujets importants. Le besoin de reconnaissance, de se trouver avec des gens qui nous comprennent sans juger nos différences...
Le dessin est mignon, mais sans plus, et je regrette tout de même la simplicité du récit et des personnages. Comparé à des oeuvres comme Snapdragon, de Kat Leyh, ou la série d'animation The Owl House par exemple, mêlant LGBT+ et magie, j'ai trouvé que ça manquait un peu d'enjeux dramatiques (même si The Owl House est bien plus timide sur les aspects LGBT+, la faute à Disney, qui en plus a le culot d'annuler la série au bout de trois saisons #SaveTheOwlHouse)
En fait, j'ai un peu retrouvé le sentiment que j'avais eu avec Princesse Princesse, de Katie O'Neill, dont j'aime le travail, que j'aime promouvoir parce que c'est important que les enfants aient davantage de modèles LGBT+ auquels s'identifier et pour normaliser très tôt les minorités, mais des oeuvres qui, pour moi - qui, je le rappelle, n'est pas le lectorat coeur de cible - n'est pas assez abouti.
Reste que je recommande malgré tout la lecture, voire l'offrir aux plus jeunes autour de vous, ça permet de bouger les lignes et c'est très bien.
Et notre dernier thème pour ce menu 1 est "J'ai un dragon et j'hésiterais pas à faire feu !" (réplique de L'Âne dans Shrek) et comprenant les thèmes de l'humour, l'illustré, les animaux ou l'anthropomorphisme.
J'ai découvert ce livre grâce à une youtubeuse, Rendez-vous ASMR, qui a fait une vidéo parlant de ses lectures favorites en juin-juillet 2021. Sa présentation m'a intriguée, et le roman étant petit, je l'ai trouvé à la bibliothèque où je travaille alors je l'ai pris - et lu.
C'est une histoire de SF qui raconte, comme La Métamorphose de Franz Kafka ou Truisme de Marie Darrieussecq, la transformation d'une personne en animal comme métaphore de l'aliénation de son humanité.
Le livre se découpe en chapitre de quatre sortes : un chapitre descriptif du mode de vie du lièvre d'Amérique, digne d'un documentaire animalier et accompagné d'une illustration en noir et blanc du pelage d'un lièvre; un chapitre sur la jeunesse de l'héroïne; un chapitre en style télégraphique sans ponctuation ni mise en page, désigné par un J-chiffre; un chapitre sur le présent désigné par un J+chiffre
Le découpage de ce roman est très carré, ce qui permet de faire des pauses assez facilement. Les chapitres sont courts, ce qui autorise à faire cette lecture de manière épisodique - par exemple, au travail à la pause, puis hop dans les transports, puis hop plus tard en attendant que la bouilloire chauffe...ça ne nuit pas au suivi de l'histoire et je trouve ça bien.
Tout comme les deux oeuvres citées en exemple, cette lecture est bizarre. L'enjeu est clair, celui de montrer combien le travail, le productivisme, le stress, la rapidité du mode de vie urbain peut être aliénant pour l'individu qui se perd en quête d'une compétitivité vaine, dans un environnement froid, dépourvu de nature, de racines, et plus encore, de sens.
Forcément, je trouve que c'est un sujet qui ne parle toux, à divers degrés. Personnellement, je ne fais pas partie de ce qu'on appelle les "bourreaux de travail", mais je peux facilement reconnaître le type de personne décrit dans ce livre, même si c'est un portrait très exagéré.
Si la forme de cet ouvrage était originale, sa lecture ne m'aura pas forcément laissé un souvenir impérissable car ayant peu touché mes émotions, à titre personnel. Il s'agit néanmoins d'une expérimentation curieuse que je vous invite à découvrir par vous-même.
à suivre pour le menu 2 Automne Enchanteur....
cette année, je participais au Pumpkins Autumn Challenge, organisé par Guimause du blog Le Terrier de Guimause jusqu'au 30 novembre 2021.
Pour ma première participation, j'ai choisi d'être ambitieuse et de choisir deux menus. Chaque menu (il y en a 4) comprennent des thèmes, et le but est de trouver un livre correspondant à chaque thème (la convention est de lire à minima 2 livres pas menu).
Je suis fière de vous annoncer que j'ai réussi à lire tous les livres de chaque thème, soit 5 livres.
Donc en ce qui me concerne, j'ai sélectionné les menus Automne Douceur de Vivre et Automne Enchanteur que voici :

Nous allons commencer par le premier menu, Douceur de Vivre, et par le livre que j'ai lu pour le thème "It's just a bunch of hocus pocus*" qui est évidemment une citation du film Hocus Pocus : Les Trois Sorcières, de Disney. Ce thème comprend la fête de Halloween, Samhain (l'équinoxe celtique) ou l'automne.
*signifie en anglais C'est rien que des tours de passe-passe
- Le livre que j'ai choisi de lire est Sombres Citrouilles, de Malika Ferdjoukh, célèbre figure de proue de la littérature jeunesse depuis les années 90 (notamment à L'école des loisirs), et auteure de nombreux romans policiers et de classique bien connus, tels que Quatre Soeurs, La Bobine d'Alfred, également adaptés en bandes-dessinées, mais aussi Sombres Citrouilles, dont nous allons parler ici.
Sombres Citrouilles est une intrigue policière, mais aussi et avant tout une histoire de famille. Pas d'inspecteur ici, pas de gangsters et pas de meurtres sanglants, mais une scène d'introduction assez violente malgré tout, puisque ce sont les enfants qui trouvent le cadavre au pied d'un arbre. Décidant de garder le secret, les enfants vont chercher à dénouer le mystère de cet assassinat, tout en célébrant l'anniversaire du grand-père en grande pompe dans la demeure familiale qui est l'occasion de réunir toute la famille - sauf l'oncle Dimitri, décédé de nombreuses années plus tôt.
Cette première scène a de quoi choquer, quand on démarre la lecture, et elle avait fait débat à l'époque de sa sortie. Aujourd'hui, cela prêterait sans doute à sourire, étant donné les images choquantes auxquels nos chers têtes blondes sont soumis à longueur de temps, mais dans les 90's, comme aujourd'hui, on aimait bien faire débat sur des broutilles - et à côté de ça, on voyait de la nudité à la télé absolument partout et Jurassic Park était seulement déconseillé aux moins de 10 ans (si t'as été traumatisé.e par la scène des cuisines, lève la main).
BREF. Le roman a celà de sympathique qu'il alterne de nombreux points de vue. En effet, on passe par de nombreux protagonistes, qui ont chacun une vision différente, et permette au lectorat de reconstituer le puzzle grâce à tous les indices disséminés dans chaque point de vue - untel a vu Papigrand parlé à la victime, unetelle a croisé la prof de musique sautant le muret derrière la cabane à outil...
Cela rend la lecture divertissante, dynamique, et permet d'apprécier plusieurs personnages plutôt qu'un seul - même si, évidemment, on peut aussi avoir son ou sa préféré.e.
Ferdjoukh aborde également des thèmes, ceux du racisme et du mépris de classe - oui oui, déjà dans les années 90, ce n'est pas nouveau en fait - ainsi que celui, plus personnel, du deuil, présent tout le long du récit. C'est donc une lecture riche et surprenamment sérieuse, mais c'est aussi là ce qui fait tout le sel des oeuvres de Ferdjoukh, le fait qu'elle ne prenne pas son jeune lectorat pour des andouilles qui ne peuvent pas comprendre la subtilité d'un récit à plusieurs fils.
Mon avis sur cette lecture est qu'il s'agit d'un livre intéressant. Les personnages m'ont peu convaincu, pour ma part, en particulier la jeune adolescente amoureuse qui, comme dans de nombreuses fictions, est un archétype souvent insupportable. Peu de personnages sont vraiment sympathiques au final, mais j'ai été surprise par des éléments très sombres révélés à la fin de l'histoire - meurtres, évidemment, mais aussi tentative de suicide, adultère, avortement, mort d'animal (l'un des personnages est un chasseur), enfant blessé - qui contrebalancent la résolution un peu trop rapide de l'histoire (trop rapide, du moins à mon goût).
J'ai eu du mal à m'y mettre, mais une fois passé les premiers chapitres, la lecture s'est faite plutôt rapidement, avec aisance, grâce à la multiplicité des points de vue.
Une bonne lecture donc.
Cette première scène a de quoi choquer, quand on démarre la lecture, et elle avait fait débat à l'époque de sa sortie. Aujourd'hui, cela prêterait sans doute à sourire, étant donné les images choquantes auxquels nos chers têtes blondes sont soumis à longueur de temps, mais dans les 90's, comme aujourd'hui, on aimait bien faire débat sur des broutilles - et à côté de ça, on voyait de la nudité à la télé absolument partout et Jurassic Park était seulement déconseillé aux moins de 10 ans (si t'as été traumatisé.e par la scène des cuisines, lève la main).
BREF. Le roman a celà de sympathique qu'il alterne de nombreux points de vue. En effet, on passe par de nombreux protagonistes, qui ont chacun une vision différente, et permette au lectorat de reconstituer le puzzle grâce à tous les indices disséminés dans chaque point de vue - untel a vu Papigrand parlé à la victime, unetelle a croisé la prof de musique sautant le muret derrière la cabane à outil...
Cela rend la lecture divertissante, dynamique, et permet d'apprécier plusieurs personnages plutôt qu'un seul - même si, évidemment, on peut aussi avoir son ou sa préféré.e.
Ferdjoukh aborde également des thèmes, ceux du racisme et du mépris de classe - oui oui, déjà dans les années 90, ce n'est pas nouveau en fait - ainsi que celui, plus personnel, du deuil, présent tout le long du récit. C'est donc une lecture riche et surprenamment sérieuse, mais c'est aussi là ce qui fait tout le sel des oeuvres de Ferdjoukh, le fait qu'elle ne prenne pas son jeune lectorat pour des andouilles qui ne peuvent pas comprendre la subtilité d'un récit à plusieurs fils.
Mon avis sur cette lecture est qu'il s'agit d'un livre intéressant. Les personnages m'ont peu convaincu, pour ma part, en particulier la jeune adolescente amoureuse qui, comme dans de nombreuses fictions, est un archétype souvent insupportable. Peu de personnages sont vraiment sympathiques au final, mais j'ai été surprise par des éléments très sombres révélés à la fin de l'histoire - meurtres, évidemment, mais aussi tentative de suicide, adultère, avortement, mort d'animal (l'un des personnages est un chasseur), enfant blessé - qui contrebalancent la résolution un peu trop rapide de l'histoire (trop rapide, du moins à mon goût).
J'ai eu du mal à m'y mettre, mais une fois passé les premiers chapitres, la lecture s'est faite plutôt rapidement, avec aisance, grâce à la multiplicité des points de vue.
Une bonne lecture donc.
Le second thème pour ce premier menu est "Eh Jiji, tu ne trouves pas que ça sent drôle bon à la Gütiokipänja ?!" (citation d'un film/livre japonais ? Après recherche, Google me dit "Kiki la petite sorcière" de Miyazaki, ce qui colle avec le contexte). Ce thème comprend les élément Famille, Nourriture, Jeunesse ou Parcours initiatique.
- J'ai choisi de lire Cristal qui songe, de Theodore Sturgeon, un roman qui traînait dans ma Pile à Lire depuis de très nombreuses années (je l'avais acheté d'occaz en 2016 mais il était dans ma ligne de mire depuis bien avant), et qui reprend à la fois la jeunesse, le parcours initiatique, mais également un aspect inattendu de "famille adoptive".
Ce roman m'a particulièrement intriguée à cause de sa couverture, que voici :

Je pensais alors que l'histoire opposait un petit garçon à une sorte d'entité maléfique sortie d'une boîte à diable, et cette couv qui me faisait intensément penser aux couvertures des Chair de poule, et plus spécifiquement ce tome-ci, que j'avais beaucoup aimé :

Avouons que la ressemblance est assez frappante. Quoiqu'il en soit, j'ai été fortement déçue pas l'absence totale d'élément horrifique dans ce roman.
Cristal qui songe (édité pour la première fois en 1950, wow je savais pas que c'était si vieux !!! Je comprends mieux l'aspect un peu daté de certains éléments du récit) n'est pas sans rappeler L'étrange vie de Nobody Owens (édité en 2008) de Neil Gaiman : un orphelin est adopté par une famille bizarre, il doit se cacher et vivre en dehors des normes humaines, il reçoit un amour qu'il n'aurait pas reçu s'il avait vécu dans une société normale, mais un jour l'apparition d'une jeune fille bouleverse tout et pouf il devient un homme après plein de péripéties et ya un grand homme flippant et blâfard.
On retrouve aussi au début des petits éléments de Harry Potter, avec la famille aisée maltraitant le petit orphelin de manière tellement exagéré que c'en est grotesque, mais c'est justement là pour accentuer l'aspect "conte pour enfant".
Ce roman, contrairement à mes attentes, est de la science fiction plus que du fantastique, et ce bien que l'histoire se déroule dans une Amérique du 20ème siècle normale. On y suit donc un petit garçon un peu bizarre qui se retrouve adopté par des nains dans un cirque. Mais pas n'importe quel cirque : une foire aux monstres ! En effet, dans les années 50, il existait encore ces Freaks Shows, ces foires ambulantes composées de personnes souffrant de handicaps et/ou de conditions physiques étonnantes pour l'époque, qui servaient au divertissement des foules, comme on a pu le voir assez récemment dans la série American Horror Story saison 4 (bon ok ça date de 2014...mais bon).
C'est d'ailleurs le bon moment pour faire un apparté sur l'exploitation des personnes en situation de handicap, qui ne date pas d'hier - ni des années 50. Déjà à l'époque des rois, il y avait ce genre de pratiques : la noblesse qui retirait à leurs famille des gens nés avec ce qu'on appelait des difformités pour ainsi les exhiber (j'ai vu avant-hier une vidéo sur le cas d'Eugenia Martínez Vallejo, une petite fille obèse qui faisait parti du "cirque" du roi Charles II d'Espagne) tout comme on exhiba les noirs ou les amérindiens dans des zoos.

Je pensais alors que l'histoire opposait un petit garçon à une sorte d'entité maléfique sortie d'une boîte à diable, et cette couv qui me faisait intensément penser aux couvertures des Chair de poule, et plus spécifiquement ce tome-ci, que j'avais beaucoup aimé :

Avouons que la ressemblance est assez frappante. Quoiqu'il en soit, j'ai été fortement déçue pas l'absence totale d'élément horrifique dans ce roman.
Cristal qui songe (édité pour la première fois en 1950, wow je savais pas que c'était si vieux !!! Je comprends mieux l'aspect un peu daté de certains éléments du récit) n'est pas sans rappeler L'étrange vie de Nobody Owens (édité en 2008) de Neil Gaiman : un orphelin est adopté par une famille bizarre, il doit se cacher et vivre en dehors des normes humaines, il reçoit un amour qu'il n'aurait pas reçu s'il avait vécu dans une société normale, mais un jour l'apparition d'une jeune fille bouleverse tout et pouf il devient un homme après plein de péripéties et ya un grand homme flippant et blâfard.
On retrouve aussi au début des petits éléments de Harry Potter, avec la famille aisée maltraitant le petit orphelin de manière tellement exagéré que c'en est grotesque, mais c'est justement là pour accentuer l'aspect "conte pour enfant".
Ce roman, contrairement à mes attentes, est de la science fiction plus que du fantastique, et ce bien que l'histoire se déroule dans une Amérique du 20ème siècle normale. On y suit donc un petit garçon un peu bizarre qui se retrouve adopté par des nains dans un cirque. Mais pas n'importe quel cirque : une foire aux monstres ! En effet, dans les années 50, il existait encore ces Freaks Shows, ces foires ambulantes composées de personnes souffrant de handicaps et/ou de conditions physiques étonnantes pour l'époque, qui servaient au divertissement des foules, comme on a pu le voir assez récemment dans la série American Horror Story saison 4 (bon ok ça date de 2014...mais bon).
C'est d'ailleurs le bon moment pour faire un apparté sur l'exploitation des personnes en situation de handicap, qui ne date pas d'hier - ni des années 50. Déjà à l'époque des rois, il y avait ce genre de pratiques : la noblesse qui retirait à leurs famille des gens nés avec ce qu'on appelait des difformités pour ainsi les exhiber (j'ai vu avant-hier une vidéo sur le cas d'Eugenia Martínez Vallejo, une petite fille obèse qui faisait parti du "cirque" du roi Charles II d'Espagne) tout comme on exhiba les noirs ou les amérindiens dans des zoos.
Aujourd'hui, on pourrait parler de la production audiovisuelle, qui restraint les personnes atteintes de nanismes dans des rôles de créatures magiques, refusant de leur reconnaître le rôle de vraies personnes à part entière (par ex : Willow dans le film éponyme, les gobelins de Harry Potter, Joséphine Ange-Gardien...). Et malgré le désamour que j'ai pour Game of Thrones, je dois bien admettre que son traitement du personnage de Tyrion (joué par une vraie personne atteinte de nanisme - oui c'est toi que je fusille du regard, Jean Dujardin dans Un Homme à la Hauteur !!!!) en fait une vraie personne avec ses problématiques (et pas uniquement son nanisme !! même si souvent liées) et sa personnalité.
Fin de l'apparté, revenons à Cristal qui songe. Je ne suis pas une grande fan de SF, ni de Nobody Owens (dont j'ai parlé plus haut), et certains éléments désuets m'ont un peu rebuté. Il y a notamment deux points qui m'ont déplû : l'absence d'intérêt d'un personnage féminin principal, hormi d'être la demoiselle en détresse, et la relation entre le héros et sa mère adoptive qui est décrite avec des mots ambigus laissant entendre qu'il y aurait des sentiments romantiques entre eux (c'est du moins mon interprétation).
Après, le personnage féminin principal dont je parlais, elle fait aussi face à du harcèlement sexuel, qui est fermement condamné, et le processus d'emprise est assez bien expliqué (alors que l'écrit date de 1950 ! Par un homme !). Et j'ai aussi apprécié que l'histoire ne se change pas forcément en romance, et que l'amour filial reste plus important.
Après, je dois admettre que je n'ai pas trop aimé ce livre, mais c'était néanmoins une lecture originale, avec une intrigue qui sort vraiment de l'ordinaire en dépit de ses ressemblances avec d'autres oeuvres, qui se sont peut-être inspirées de ce roman justement, qui sait ? - le concept des cristaux qui songent, le personnage du méchant, le cirque des monstres...ça c'était vraiment original pour le coup !
Fin de l'apparté, revenons à Cristal qui songe. Je ne suis pas une grande fan de SF, ni de Nobody Owens (dont j'ai parlé plus haut), et certains éléments désuets m'ont un peu rebuté. Il y a notamment deux points qui m'ont déplû : l'absence d'intérêt d'un personnage féminin principal, hormi d'être la demoiselle en détresse, et la relation entre le héros et sa mère adoptive qui est décrite avec des mots ambigus laissant entendre qu'il y aurait des sentiments romantiques entre eux (c'est du moins mon interprétation).
Après, le personnage féminin principal dont je parlais, elle fait aussi face à du harcèlement sexuel, qui est fermement condamné, et le processus d'emprise est assez bien expliqué (alors que l'écrit date de 1950 ! Par un homme !). Et j'ai aussi apprécié que l'histoire ne se change pas forcément en romance, et que l'amour filial reste plus important.
Après, je dois admettre que je n'ai pas trop aimé ce livre, mais c'était néanmoins une lecture originale, avec une intrigue qui sort vraiment de l'ordinaire en dépit de ses ressemblances avec d'autres oeuvres, qui se sont peut-être inspirées de ce roman justement, qui sait ? - le concept des cristaux qui songent, le personnage du méchant, le cirque des monstres...ça c'était vraiment original pour le coup !
Le troisième thème de ce premier menu était la célèbre phrase de Dumbledore (qu'on ne présente plus) "Il suffit de se souvenir de rallumer la lumière", et qui comprenait également tout ce qui est Feel Good*, Santé Mentale ou Émotions
*Feel Good signifie littéralement "se sentir bien" en anglais et désigne des oeuvres positives, qui provoquent du bien être, qui donne le sourire
- J'ai choisi pour ce thème de lire un roman graphique dédié à la jeunesse, une saga intitulé Le Garçon Sorcière, de Molly Knox Ostertag
Cette saga comprend deux thématiques qui me sont chères : la magie et la déconstruction des rôles genrés.
Dans cette bande-dessinée, on suit un personnage vivant dans une communauté qui utilise la magie. Les filles apprennent des sorts, font de la magie, apprennent à manipuler les éléments, tandis que les garçons, eux, ont pour rôle de protéger la communauté en s'alliant avec un esprit animal (emprunt à la culture amérindienne) qui leurs permettent de se changer en un animal, après un rite de passage à l'adolescence.
Notre personnage principal, Aster, est androgyne et de correspond pas aux codes qu'on essaye de forcer sur lui. Aster ne veut pas apprendre à se changer en animal, mais aimerait apprendre la magie, ce que sa communauté condamne fermement.
C'est donc cette lutte, entre quête d'identité et tentations malfaisantes, qui se joue dans cette histoire. Heureusement, comme c'est du "feel good", ça finit bien, mais si j'avais su, je ne l'aurais pas mis dans "feel good", parce que ce sont quand même des thèmes graves qui sont abordés. Comment, en étouffant sa propre nature, on finit par nourrir des émotions négatives qui peuvent nous nuire et nuire aux autres (notamment dans les tomes 1 et 2). Combien il est difficile de se lier aux autres quand on n'est soi-même pas en phase avec son moi profond. Bref, sous ses airs simplistes, cette BD aborde beaucoup de sujets importants. Le besoin de reconnaissance, de se trouver avec des gens qui nous comprennent sans juger nos différences...
Le dessin est mignon, mais sans plus, et je regrette tout de même la simplicité du récit et des personnages. Comparé à des oeuvres comme Snapdragon, de Kat Leyh, ou la série d'animation The Owl House par exemple, mêlant LGBT+ et magie, j'ai trouvé que ça manquait un peu d'enjeux dramatiques (même si The Owl House est bien plus timide sur les aspects LGBT+, la faute à Disney, qui en plus a le culot d'annuler la série au bout de trois saisons #SaveTheOwlHouse)
En fait, j'ai un peu retrouvé le sentiment que j'avais eu avec Princesse Princesse, de Katie O'Neill, dont j'aime le travail, que j'aime promouvoir parce que c'est important que les enfants aient davantage de modèles LGBT+ auquels s'identifier et pour normaliser très tôt les minorités, mais des oeuvres qui, pour moi - qui, je le rappelle, n'est pas le lectorat coeur de cible - n'est pas assez abouti.
Reste que je recommande malgré tout la lecture, voire l'offrir aux plus jeunes autour de vous, ça permet de bouger les lignes et c'est très bien.
Et notre dernier thème pour ce menu 1 est "J'ai un dragon et j'hésiterais pas à faire feu !" (réplique de L'Âne dans Shrek) et comprenant les thèmes de l'humour, l'illustré, les animaux ou l'anthropomorphisme.
- Ma lecture pour ce thème fut Le lièvre d'amérique, de Mireille Gagné, une auteure québécoise
J'ai découvert ce livre grâce à une youtubeuse, Rendez-vous ASMR, qui a fait une vidéo parlant de ses lectures favorites en juin-juillet 2021. Sa présentation m'a intriguée, et le roman étant petit, je l'ai trouvé à la bibliothèque où je travaille alors je l'ai pris - et lu.
C'est une histoire de SF qui raconte, comme La Métamorphose de Franz Kafka ou Truisme de Marie Darrieussecq, la transformation d'une personne en animal comme métaphore de l'aliénation de son humanité.
Le livre se découpe en chapitre de quatre sortes : un chapitre descriptif du mode de vie du lièvre d'Amérique, digne d'un documentaire animalier et accompagné d'une illustration en noir et blanc du pelage d'un lièvre; un chapitre sur la jeunesse de l'héroïne; un chapitre en style télégraphique sans ponctuation ni mise en page, désigné par un J-chiffre; un chapitre sur le présent désigné par un J+chiffre
Le découpage de ce roman est très carré, ce qui permet de faire des pauses assez facilement. Les chapitres sont courts, ce qui autorise à faire cette lecture de manière épisodique - par exemple, au travail à la pause, puis hop dans les transports, puis hop plus tard en attendant que la bouilloire chauffe...ça ne nuit pas au suivi de l'histoire et je trouve ça bien.
Tout comme les deux oeuvres citées en exemple, cette lecture est bizarre. L'enjeu est clair, celui de montrer combien le travail, le productivisme, le stress, la rapidité du mode de vie urbain peut être aliénant pour l'individu qui se perd en quête d'une compétitivité vaine, dans un environnement froid, dépourvu de nature, de racines, et plus encore, de sens.
Forcément, je trouve que c'est un sujet qui ne parle toux, à divers degrés. Personnellement, je ne fais pas partie de ce qu'on appelle les "bourreaux de travail", mais je peux facilement reconnaître le type de personne décrit dans ce livre, même si c'est un portrait très exagéré.
Si la forme de cet ouvrage était originale, sa lecture ne m'aura pas forcément laissé un souvenir impérissable car ayant peu touché mes émotions, à titre personnel. Il s'agit néanmoins d'une expérimentation curieuse que je vous invite à découvrir par vous-même.
à suivre pour le menu 2 Automne Enchanteur....