andysss: (chat)
[personal profile] andysss
 C'est reparti pour l'échange d'Halloween !


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Thèmes d'Halloween 

- Sentiment d'effroi intense, sueur froide qui coule le long du dos, chair de poule et sensation de froid dans tout le corps, bref, la description d'une vraie trouille (pas traité de façon humoristique)

- Confusion d'identité à cause d'un costume/déguisement : par exemple tu passes toute la soirée avec un homme masqué en pensant que c'est ton pote, puis soudain ton pote vient te voir...mais QUI est cet homme masqué du coup ????; cela peut aussi être une confusion de genre, style "oh je vais aller parler à cette jolie sorcière là-bas...AH mais c'est un mec !" - pas d'homophobie/transphobie please)

- Peur d'être surpris, la tension à l'idée d'être pris en flagrant délit de faire une bêtise (que ce soit justifié ou non), une transgression, un interdit...

- Un personnage raconte une histoire qui fait peur, une anecdote ou une légende urbaine, une creepy pasta...

- Seul.e la nuit, pas de lumière, un bruit anormal, l'angoisse qui monte...




Un petit chat noir trop mignon dissimul dans une citrouille grimaante d'Halloween
 
Fandoms 

Films :
- Les Animaux Fantastiques (pas vu 3ème film)/Harry Potter : Albus/Grindelwald
- La Baby-sitter : Max, Bee, Cole
♡ Ça (films) : Richie/Eddie, Losers en gen, surtout Stan+Richie, Stan+Eddie, Richie+Bev, Richie+Bill, Eddie+Bill, Mike+Bill
- Encanto : Bruno(/OC), Mirabel et ses soeurs
- Lego Batman : Batman/Joker et Robin en gen
- Malignant
- Promare : Lio/Galo
- Raiponce (Disney) : Flynn/Raiponce, les bandits (pas vu la série)
 
 
 

Séries :
- The Cuphead Show : le Diable/Cuphead, Cala Maria
♡♡ Gotham : Ed/Oswald(/Jerome), Jerome/Bruce
- Good Omens (tv) : Aziraphale/genderfluid!Crowley
♡ Gravity Falls : Stanchez, Bill/Dipper, les Pines en gen
- In the flesh : Simon/Kieren
♡♡ Our Flag Means Death : Stede/Ed, l'équipage en gen, Izzy->Ed, l'équipage de Blackbeard en gen
- The Owl House : Luz/Amity
♡♡ The Untamed (moderne UA accepté) : Lan Wangji/Wei Ying, Wei Ying et Jiang Cheng, Song Lan/Xiao Xingchen/Xue Yang, Lan Xichen/Jin Guangyao, Lan Sizhui/Lan Jingyi(/Jin Ling)
- The Witcher (série) (moderne UA accepté) : Geralt/Jaskier
 


 

Livres/BD :
♡ Heartstopper : Nick/Charlie, Ben->Charlie, M.Farouk/M.Ajayi, Darcy/Tara, Tori, Sai(/)Christian, Otis, Harry Green(->Nick), Tao/Ella
- Lovecraft : toutes ses oeuvres
- Salem (Stephen King) : Barlow/Callahan, Barlow/Straker, Ben et Mark en gen
♡♡♡ Stand Still Stay Silent (ua acceptés) : Lalli/Emil OTP, Reynir/Onni ou Mikkel/Sigrun potentiellement en background, le crew en gen, Emil fave, Lalli qui interagit avec des gens
 
 
 

Sur Twitter :
- Camp Counselor Jason de Junkmixart
- Genderbent Disney princesses de Ripushko_nsfw
- Kaylee has a slasher boyfriend de BluDragonGal
- Le Père Basil et les démons de Ram Lightly 🔞
 
 

Manga :
- L’atelier des sorciers : Kieffrey/Olugio, Agathe/Coco, les quatre filles en gen
- Boku no hero academia : Bakugo/Izuku (mais toujours en conflit), Todoroki/Izuku, Aizawa/Mic,  Kirishima/Bakugo(/Izuku)
- Le Chat qui rendait l'homme heureux, et inversement : Hibino->Kanda, Moriyama->Kanda (ou Moriyama/Kanda), Kobayashi/Satô la vendeuse, Fuku, Marine et Poilu (et Joyeux ? XD)
- Demon Slayer : Zenitsu->Tanjiro, Zenitsu/Inosuke, Muzan->Tanjiro
- Kasane, la voleuse de visage : Kasane/Nobuhiko, Kasane/Kingo, Kasane et Nina, Kasane et Nogiku, Kasane et Iku
- Mashle : Mash et sa bande, Innocent Zero->Mash
- Mob Psycho 100 : Mob/Teru, Ritsu et Reigen en guests appréciés
- Le Monstre et la bête : Kavo/Liam
- One Punch Man : everyone->Saitama, Saitama/Genos ou en gen
♡♡ The Promised Neverland : Norman/Emma(/Ray), les enfants en gen
- Sasaki & Miyano
- Servamp : Kuro/Mahiru, Licht/Lawless, Snow Lily/Misono, Licht/Higan, Miharu/Misono, Miharu/Tsurugi, Tôma/Tsurugi, Hyde/Licht, Tsubaki et ses 2e classes, le trio du C-3
♡♡♡ Toilet-bound Hanako-kun : Hanako/Nene, Kô->Mitsuba
- The Wize Wize Beasts of the Wizarding Wizdoms : Cromwell le griffon/Benjamin la licorne, Alan le siamois/Eddington le lapin, les chauve-souris Allhoff/Carrerras, Florio le loup/Nicol le mouton
♡ The Yakuza's guide of babysitting : Kirishima, Yaeka, le boss, Kirishima/Sugihara, Hôjô/Kirishima (passé), Kanami/Fugihara
 


 



Jeux vidéo :
♡♡ Among Us : imposteur/crewmate, imposteur/crewmate femslash, baby!imposteur/crewmate!daddy
- Boyfriend Dungeon : Mandy/Sunder, Eric->everyone, Rowan, Seven, Jesse/Jonah
♡♡ Dislyte : Brynn/Drew, Brynn/Sieg, Abigail/Alexa, Ye Suhua/Clara, Jacob et Long Mian/Lynn, Long Mian et Bonnie, Abigail et Jin Yuyao, Freddy et Leon, Tikki/Eira et le gang des chasseurs (surtout l'amitié de Zora et Xiao Yin), Xie Yuzhi et Tang Yun, Tang Yun et son frère, Lucas->Drew, Ashley et Jasper
- Don't Starve
♡♡♡ Hades (moderne UA accepté) : Thanathos/Zagreus(/Meg), Hypnos/Zag ou Hypnos/Than ou les trois ensemble, Zagreus/Dusa, Les dieux de l'Olympe->Zagreus, Nyx, Achille/Patrocles, tout le monde/Zagreus en vrai, Meg+Dusa
♡♡ Yuppie Psycho : everyone and everything->Brian XD le pauvre
♡ Zelda : Breath of the Wild : Prince Sidon/Link, Link/Revali
 
 



Autres :
♡ Contes divers : Le Chat botté, Hansel & Gretel, Cendrillon, la Belle au bois dormant...vive les réécriture de contes creepy !
♡ Les Loups de Thiercelieux (jeu de cartes) : des ships !!! Loup-Garou/Villageois.e ? Chasseur ? Sorcière/Voyante ? Que sais-je !
♡ Mythologie égyptienne : Thot, Râ/Seth, Horus/Seth, Anubis, Isis
♡ Mythologie grecque : Hermès, Hadès/Perséphone

J'accepte aussi les fictions originales hein (*wink wink* wilwy et ploumy)




☠️

 Je ne veux pas 

☠️


- Death fic
- Mutilation à l'oeil


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kandai_suika: (disgusted)
From: [personal profile] kandai_suika
Le hangar du Skeld était le parfait endroit pour passer inaperçu.

La pièce, en plus d’être immense, était remplie à ras-bord d’objets divers qui encombraient l’espace parfois jusqu’au plafond. Il y avait des caisses pleines de matériel fragile empilées à la va-vite dans tous les recoins, au milieu des bidons d’essences à moitié vides et des tas informes compactés qui n’attendaient plus qu’une âme charitable les balance dans le vide-ordures du vaisseau. Un chemin avait été dégagé de part et d’autre des portes pour garantir un passage rapide entre la salle des communications et le local électrique mais l’initiative n’était pas plus rassurante pour autant : au contraire, on se serait vite cru perdu dans une jungle métallique et hostile, à la merci du bon vouloir des prédateurs silencieux.

Bleu se força à déglutir. Cette image de jungle et de prédateur l’avait rendu nerveux.

Il traînait décidément trop souvent avec Rouge ces derniers temps.

Le technicien était de corvée poubelle, ce soir : il avait passé sa journée à traîner des sacs remplis de feuilles mortes et d’ordures diverses depuis la salle de ventilation de l’oxygène, tout cela sous les sourires goguenards d’Orange qui le toisait depuis son siège aux communications. Une semaine plus tôt, le coéquipier aurait été tenté de lui demander de l’aide mais au vu des évènements récents, il valait mieux qu’il fasse profil bas devant le reste de l’équipage.

En même temps, était-ce vraiment de sa faute si un petit malin s’amusait constamment à faire sauter les plombs du local électrique ? Était-ce vraiment de sa faute si on avait retrouvé le corps de Lime déchiqueté sur le scanner médical pile au moment où la panne avait plongé le vaisseau spatial dans le noir ?! Il n’y était pour rien, en plus : il était avec Rouge en train de remplir les bidons d’essence pour remplir le moteur inférieur, ce jour-là !

Mais ça n’avait pas empêché le reste des coéquipiers de le soupçonner, bien sûr.

— Fais chier ! jura-t-il, agacé par le comportement de ses collègues.

Sous le coup de l’énervement, son pied partit et se cogna dans le sac de déchets qu’il venait de poser contre les caisses empilées dans le coin inférieur droit du hangar : un bruit métallique retentit tandis qu’une douleur aigüe fusait dans son orteil. La bouche crispée sur un juron silencieux, Bleu se plia vers le sol, tendant les mains vers son pied endolori. Bon sang, il avait bien besoin d’un orteil cassé, par-dessus le marché !

— Eh bien, résonna une voix narquoise derrière lui, ça a dû faire mal.

Le cœur de Bleu rata un battement.

Un cri lui échappa. En l’espace de quelques secondes, il s’était retourné et avait braqué sa lampe de service sur…

— Jaune !? Putain, tu m’as fait peur !

L’homme à tout faire du Skeld grimaça derrière son scaphandre, à la fois amusé par la terreur qu’il avait provoqué chez son collègue et aveuglé par le faisceau de lumière braqué sur ses yeux. D’un revers de main, il dégagea la lampe torche des mains de Bleu : celle-ci lui échappa et roula le long des caisses du hangar pour disparaître au milieu des caisses et des appareils cassés.

Bleu regarda, incrédule, sa lampe se faire avaler par le fouillis informe de tôle et de métaux. Il se retourna vers son collègue, une réplique furibarde sur le bout de la langue…

… Uniquement pour la ravaler devant le regard mi-perplexe mi-sévère que son collègue lui envoyait.

Bleu déglutit, de nouveau en alerte. Il avait immédiatement apprécié Jaune, à son arrivée sur le Skeld, et ce dernier lui avait rendu la pareille, le prenant à moitié sous son aile malgré le fait qu’il n’était guère plus âgé que lui. Entre techniciens, ils avaient tendance à être considérés un peu comme les rebus de l’équipage, les bonnes à tout faire que tout le monde méprisait justement jusqu’au moment où on avait besoin d’eux. Il n’irait pas jusqu’à dire qu’ils étaient amis – on pouvait difficilement se faire des amis au cœur du vide intersidéral – mais Bleu avait tout de même naïvement espéré que son aîné lui aurait apporté du soutien face aux soupçons grandissants de l’équipage.

Visiblement, il s’était trompé.

Peut-être Rouge avait-il eu raison, tout compte fait. Peut-être ne connaissait-il pas le reste de l’équipage aussi bien que ce qu’il le croyait.

— Il a l’air drôlement lourd, ton sac, commenta Jaune, sa voix étrangement distante. C’est du métal dedans ? T’as tiré ça d’où ? T’étais pas censé être planqué dans le local électrique, à essayer de réparer tous ces problèmes de plombs qui sautent ?

— Noir me remplace, il essaie de trouver une solution permanente, se défendit Bleu, le regard fuyant malgré sa bonne foi. Je suis chargé de vider les poubelles, aujourd’hui : celle-là vient de la ventilation.

Jaune eut la décence de grimacer – la tâche était connue pour être particulièrement ingrate – mais il continua cependant sur sa lancée.

— De la ventilation, seulement ? Pourquoi tu n’as pas fait celle de la cafète ?

— Je m’en suis occupé ce matin.

— Comment ça se fait que je ne t’ai pas vu le faire ?

— J’en sais rien ! Tu prenais ta pause, peut-être, ou tu étais parti faire les yeux doux à Violette à l’infirmerie ? Demande à Orange si tu ne me crois pas, elle n’a pas arrêté de me vanner là-dessus toute la journée !

Bleu se sentait étrangement minable face aux accusations à peine voilées de son camarade. Il avait l’impression d’avoir fait quelque chose de mal, même si son comportement avait été quasiment irréprochable depuis que Noir et Violette lui avaient reproché son manque de vigilance. Il avait cessé de répondre aux avances de Rouge en public, de peur d’attirer sur son partenaire les soupçons qui planaient sur lui, et il avait même sacrifié une grosse partie de son temps libre – au grand dam de Rouge – dans l’espoir de trouver une solution face au déluge de problèmes d’électricité.

Tous ces efforts… tout ça pour être remercié avec des moqueries et des soupçons ? De la part de collègues qu’il respectait et estimait ?

Ton problème, Bleu, c’est que tu es trop gentil. Tu accordes trop vite ta confiance, lui avait rétorqué Rouge après que l’une de leurs embrassades clandestines ait été coupée court à la suite d’une alerte à l’oxygène. En dehors de ce que tu as appris pendant les pauses repas, que sais-tu vraiment de l’équipage ? Qui te dit qu’ils ne vont pas se retourner contre toi lorsqu’ils en viendront à chercher un coupable ?

Et voilà que sa prédiction prenait corps. Voilà qu’à présent, tout le monde se retournait effectivement contre lui.

Noir, Violette, Orange et maintenant Jaune…

Bleu se tordit les mains, à la fois révolté par ce revirement de situation et écœuré d’avoir été si facilement désigné comme le coupable idéal malgré son innocence. Si seulement il avait écouté les conseils de Rouge, il aurait peut-être pu éviter d’être au cœur de tous les soupçons.

Tu es trop gentil, Bleu.

— Peut-être que tu dis la vérité, conclut finalement Jaune à contrecœur. Je demanderais à Orange pendant la pause.

— Si t’as rien de mieux à faire, je t’en prie… rétorqua amèrement le plus jeune, en tournant brusquement le dos à son interlocuteur. Pour sa part, la discussion était close.

Un soupir échappa à son aîné. Apparemment, il n’était pas du même avis.

— Tu ferais bien de faire gaffe à la panade dans laquelle tu mets les pieds, Bleu. Depuis que tu traînes avec Rouge, tu as changé et pas en bien… Ces histoires d’accidents, le meurtre de Lime… Un jour, tu vas vraiment te retrouver dans une sale situation et Rouge ne sera pas là pour t’en tirer.

— Qu’est-ce que tu insinues ? demanda Bleu, sur le qui-vive.

— Fais attention, c’est tout, termina Jaune avant de tourner les talons à son tour. Tout le monde dans cet équipage n’est pas vraiment ce qu’il prétend être.

Tu ne crois pas si bien dire, pensa sombrement Bleu en regardant l’ombre de son camarade disparaître dans les ombres du hangar du Skeld. Les portes coulissantes se refermèrent dans un chuintement, laissant le technicien électrique seul au milieu des caisses vides.

Seul parmi les ombres.

Le coéquipier soupira et repris le sac en plastique noir contre lequel il avait heurté son pied. Ses mains tremblaient sous le coup de la colère et de la peur mélangées à une pointe d’adrénaline ; s’il avait été réellement si malchanceux, Jaune lui aurait proposé un coup de main.

Et là, ç’aurait vraiment été le drame.

— On a eu chaud, pas vrai ? murmura-t-il en hissant tant bien que mal son fardeau vers le vide-ordures. Une traînée noirâtre et poisseuse avait commencé à se former sous le sac, ce qui arracha un soupir de frustration au jeune homme ; il allait encore devoir passer sa nuit à récurer le plancher à la javel pour effacer les traces. Cela voulait dire pas d’escapades dans le lit de son compagnon pour lui.

Rouge allait râler mais tant pis !

Après tout, c’était lui qui avait tué Orange et réduit son cadavre en charpie.

Bleu avait juste fait ce que Noir lui avait demandé, après tout : il s’était occupé de transporter et d’évacuer les ordures. Et s’il avait écouté les cris de sa camarade s’étouffer depuis le local de communications tout en traînant ses sacs de déchets jusqu’au fin fond du hangar, eh bien, cela ne faisait pas vraiment de lui un coupable, si ?

Orange l’avait un peu cherché, après tout.

Elle n’aurait pas dû se moquer de lui.
Edited Date: 2022-10-16 12:29 am (UTC)
From: [personal profile] sai_lin
Il était une fois, un riche bourgeois veuf depuis quelques années, épousa une femme désargenté de la petite noblesse. Mais, bien que sans argent, la femme avait la fierté et l’arrogance des gens de sa caste. Elle emmena avec elle deux filles, qui à l’image de leur mère, étaient tout aussi fières et arrogantes. L’homme, lui, avait déjà une fille issue de ses premières noces, d’une extrême douceur et gentillesse.

A peine eut-elle épousé le père que la mégère fit éclater son courroux à l’encontre de la douce enfant, ne pouvant supporter ses nombreuses qualités qui soulignaient d’autant plus à quel point ses propres filles en étaient dépourvues. C’est ainsi qu’elle chargea l’enfant des tâches les plus ingrates, les plus fatigantes de la maisonnée. La douce enfant fut également déménagée : de sa chambre grande et bien éclairée donnant sur une superbe vue dans le parc, elle fut exilée vers le grenier. Laissant ainsi la grande chambre pour le bénéfice de mesdemoiselles les filles de l'acariâtre marâtre.

Abandonnant le lit moelleux qu’elle avait connu jusqu’à ce moment-là, la jeune fille connut désormais une paillasse misérable, tandis que ses nouvelles sœurs avaient droit aux lits les plus confortables et dont le ciel de lit était magnifiquement ouvragé par un ébéniste de talent.

Mais la jeune n’émit nulle protestation, nulle plainte, se pliant sans discuter aux exigences de sa belle-mère. Elle n’osait pas s’en ouvrir à son père, qui de toute manière l’aurait grondée, totalement sous la coupe de sa nouvelle épouse.

Quand la jeune fille avait fini son travail, elle s’installait devant la cheminée, ne prêtant guère attention à la cendre qui venait se déposer sur ses vêtements ingrats. Ce qui lui valut le surnom de Cucendron de la maisonnée, à l'exception de la fille cadette qui, moins mauvaise que sa mère et sa sœur, préférait lui donner le surnom de Cendrillon. Cependant, malgré sa vêture simple, digne d’une domestique, Cendrillon restait néanmoins toujours plus belle que ces deux sœurs qui, elles, avaient droit aux plus belles robes et aux bijoux les plus fins et précieux.

Vint un jour où la jeune princesse donna un bal au château du roi son père, priant toutes les personnes de qualité de venir s’y rassembler. La famille de Cendrillon fut donc elle aussi conviée, du haut de sa petite noblesse. Ses deux soeurs en furent bien aises, et furent toutes occupées à choisir qui de leur plus belle robe, qui de sa plus belle parure, qui de sa coiffure la plus élégante et sophistiquée, afin de faire bonne impression à la cours du roi et, pourquoi, trouver matière à se marier auprès d’une famille d’une caste supérieure à la leur.

Cendrillon, qui s’occupait du linge de ses demoiselles, connut ainsi une soudaine surcharge de travail. Bientôt, la manière dont ses demoiselles se vêtiraient devint le seul sujet de discussion de la maisonnée.

- Moi, disait l'aîné, je mettrais ma robe de satin vert émeraude aux liserés tissés à l’or fin, avec ma parure de diamants.

- Moi, rétorqua sa cadette, je mettrais ma somptueuse robe bordeau aux délicates dentelles avec ma parure de rubis.

Sur ce, on envoya chercher la coiffeuse, qui fut chargée de confectionner une coiffure sophistiquée, qui ne convainquit pas totalement ces demoiselles. On demanda l’avis de Cendrillon, qui avait un goût certain et juste pour la mode, et qui les conseilla au mieux. Elle offrit même de les coiffer elle-même, à la grande satisfaction de ses sœurs. Pendant qu’elle se faisait coiffer, l’aînée lui demanda perfidement :

- Cucendron, aimerais-tu toi aussi aller au bal ?

- Hélas mademoiselle, lui répondit la jeune femme avec toute sa douceur, vous vous moquez de moi. Je ne puis aller au bal avec mes pauvres vêtements.

Souriant avec une satisfaction cruelle, la fille lui répondit :

- Tu as effectivement raison, tu connais bien ta place, on se gausserait bien si une souillon comme toi pointait le bout de son vilain museau au bal.

Quiconque d’autre que Cendrillon les aurait coiffées de travers exprès, mais pas la jeune fille. Ayant bon cœur, elle passa outre la méchanceté gratuite et les coiffa de son mieux.

Tout à leur joie, les deux demoiselles firent deux jours de jeûn,d’autant plus qu’elles ne voulurent pas risquer de grossir et de ne plus pouvoir rentrer dans leur robe. Plus d’une dizaine de lacet furent rompus, à force de serrer le plus possible afin de leur donner une taille la plus fine possible. Elles passèrent tout leur temps devant leur miroir, à s’admirer.

Finalement, le jour tant attendu arriva enfin, elles partirent donc à bord d’un calèche, sous le regard de Cendrillon qui ne les quitta pas des yeux jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus les voir. Et, à partir de ce moment-là, elle s’effondra à genoux dans la poussière de la cour et pleura à chaudes larmes.

C’est ainsi que la trouva sa marraine quand elle arriva. S’étonnant de la trouver aussi affligée, la bonne femme lui demanda aussitôt :

- Pourquoi tant de larmes ? Qu’est-ce qui te vaut tant de peines ?

Relevant la tête vers sa marraine, Cendrillon essaya de répondre à travers les sanglots qui la secouait avec violence :

- Je… je voudrais… je voudrais tellement… aller au bal.. mais ce n’est pas possible…

A la fin de sa tirade, elle replongea son visage dans ses mains et re-pleura de plus belle. Les mots à moitiés incompréhensible à cause de ses larmes, sa marraine comprit néanmoins et lui demanda confirmation :

- Tu aurais souhaité pouvoir te rendre au bal, n’est-ce pas ?

Les mains cachant toujours sa figure, Cendrillon confirma d’une voix étouffée à la fois par la barrière de ses mains et à la fois par les sanglots qu’elle n’arrivait pas à arrêter :

- Hélas, oui.

S’agenouillant devant la jeune fille, la femme lui baissa ses bras avec douceur et, tout en essuyant les traces de ses larmes, lui annonça avec douceur :

- Si tu veux à ce point te rendre au bal, alors moi, je t’y conduirai.

Puis, la femme l’aida à se relever après cette réplique. Les mains sur les hanches, concentrée déjà sur ce qui devrait être fait afin de mener sa pupille au bal, la femme lui demanda gentiment mais avec une certaine fermeté également :

- Va dans le jardin et apporte-moi une citrouille.

La jeune femme s’exécuta aussitôt, apportant la plus belle citrouille qu’elle put trouver. Elle ne pouvait deviner en quoi cette citrouille pourrait lui permettre d’aller au bal, mais elle obéit néanmoins sans discuter. Une fois qu’elle eut apporter le légume à sa marraine, celle-ci le creusa, n’ayant besoin que de son écorce, et d’un coup de sa baguette magique, la changea en un beau carrosse tout blanc avec les contour des portes et les poignets en or.

Ensuite, elle ramena très exactement six souris de la souricière, les transformant toutes en cheval d’un beau gris souris. Ayant ainsi six chevaux pour tirer le carrosse, elles partirent en quête d’un rat pour en faire un cochet. Une fois fait, elles trouvèrent six lézards qui se doraient au soleil sur une pierre du jardin, que la fée s’empressa de transformer d’un coup de baguette en six laquais.

Se tournant d’un air très satisfaite la fée vers sa jeune protégée, elle s’exclama :

- Ton équipage pour aller au bal est désormais fin prêt !

Baissant la tête vers sa vêture, les montrant d’un signe de la main à sa marraine, Cendrillon lui rétorqua :

- Je ne puis me présenter ainsi vêtu de mes vilains habits au bal ! On me refuserait l’entrée au château !

Prenant conscience d’avoir oublié un élément important, la bonne fée s’exclama :

- Juste ciel ! Tu as raison mon enfant !

Et, d’un coup de baguette, un nuage apparut autour de Cendrillon. Quand il se fut dissipé, l’apparence de la jeune femme avait énormément changé. Elle en était méconnaissable ! Pas que sa marraine eût modifier l’apparence physique de sa protégée, mais n’ayant pas l’habitude de porter de beaux habits et d’avoir une apparence aussi soignée et sophistiquée, Cendrillon eut du mal à se reconnaître elle-même quand elle s’admira dans l’eau du puits.

Ses cheveux étaient relevés en un chignon haut, lâche, avec quelques mèches s’en échappant de manière étudiée. Les épingles ayant servi à confectionner sa coiffure étaient serties de diamants et de saphirs. Pour sa parure, elle se retrouva pourvue d’un collier avec une chaîne en or et une larme de cristal bleu avec des reflets violets, des pendants d’oreilles assortis et un bracelet d’or. Concernant sa robe, elle obtint une robe en voilage d’un bleu très clair, avec des diamants et des liserés de fils d’argent sur le bustier. Pour compléter le tout, Cendrillon se retrouva chaussée de pantoufles de verres, avec de délicats dessins argentés sur le dessus de la chaussure. Elle avait un maquillage fin, discret, qui rehaussait sa beauté naturelle sans la cacher. L’ensemble se mariait très bien avec ses beaux yeux bleus et sa chevelure blonde.

Désormais fin prête, émue et reconnaissante, Cendrillon vint prendre sa marraine dans ses bras dans une longue embrassade. Touchée par sa reconnaissance, la fée se tamponnait discrètement les yeux où des larmes pointaient le bout de leur nez. Puis, elle pressa sa protégée de partir, lui recommandant bien d’être partie avant les douzes coups de minuit. Car, après, toute magie se dissiperait et elle retrouverait son apparence normale, la citrouille redeviendrait citrouille et les animaux redeviendraient ce qu’ils étaient avant l’intervention magique de la fée. Tout à sa joie, Cendrillon promit de faire attention et d’être partie du bal avant le délai imparti. Cette promesse faite, elle monta dans le carrosse, partant pour le bal.

La fille du roi, qu’on vint quérir en lui signalant l’arrivée d’une princesse inconnue, s’empressa d’aller la recevoir. Elle lui tendit son bras à la descente du carrosse, et la mena vers le lieu de la réception. Cette entrée dans le bal fut très remarquée, un grand silence envahit les lieux. Tous s’émerveillant de la grâce et de la beauté de cette jeune inconnue. Ainsi, on n’entendait qu’un murmure diffus courir dans la salle, louant la beauté de la jeune personne.

Même le roi, en dépit de sa vieillesse, fut charmé. Il ne manquait pas de faire remarquer, tout bas, à sa tendre épouse qu’il y avait longtemps qu’il n’avait pas vu une si belle et aimable enfant, autre que leur propre fille, cela va de soi.
From: [personal profile] sai_lin
Toutes les femmes de l’assemblée étudiaient avec soin la vêture et la coiffure de la jeune personne, se jurant d’aller en acquérir de semblable dès le lendemain. La fille du roi la mena à la place d’honneur, subjuguée par la belle inconnue. Ensuite, faisant fit du “qu’en dira-t-on”, elle la mena sur la piste de danse pour la faire danser. Faisant totalement fi des quelques hoquets indignés naissant dans la salle, à la vue de deux femmes dansant ensemble. Elle fit montre de tant de grâce et d’habileté, qu’on ne l’en admira que davantage parmi ceux qui ne s’en émouvèrent point.

Retournant s’attabler, les serviteurs amenèrent une fort belle collation, que la princesse ne toucha point. Tout occupée qu’elle était à admirer la jeune personne. Arrivée au dessert, craignant les conséquences si sa famille la reconnaissait mais ne pouvant aller à l’encontre de sa nature profondément honnête, elle s’installa auprès de ses sœurs. Là, elle fit preuve d’une grande honnêteté et offrit profusion d’oranges et d’autres fruits à sa famille que la princesse lui avait donnés. Ce qui les étonna énormément, ne reconnaissant pas en cette belle personne une de leur connaissance.

Pendant sa discussion, Cendrillon put entendre le carillon de l’horloge qui sonnait pour annoncer qu’il était onze heure et quart. Prenant congé avec une révérence gracieuse, elle quitta la tablée dans le but de rejoindre le carrosse. Enfin arrivée chez elle, Cendrillon remercia avec profusion sa marraine pour la soirée magique qu’elle avait pu vivre grâce à l’intervention de la fée. Elle lui fit part dans le même temps de son désir de retourner au bal le lendemain, la princesse lui ayant prié de revenir.

Peu de temps après, sa famille fut de retour dans le logis, tandis qu’elle était toujours occupée à narrer sa soirée à sa marraine. Ainsi, quand elle ouvrit, lui fit-on remarquer :

- Quel temps tu as mis pour venir nous ouvrir !

Faisant mine de bailler et de se frotter les yeux, comme si elle avait été tiré du lit, la jeune femme ne répondit pas et laissa le passage libre afin que sa famille puisse rentrer. Ne faisant que peu attention à elle, l’une des soeurs lui fit savoir :

- Si tu étais venu au bal, tu ne te serais point ennuyée. Tu aurais pu voir une mystérieuse princesse d’un pays lointain, fort belle et gracieuse, elle nous a fait mille civilités, nous offrant généreusement divers fruits.

Cendrillon en fut fort aise, elle leur demanda à tout hasard le nom de cette jeune personne. Ses interlocutrices lui répondirent qu’elles l’ignoraient, et que la fille du roi en était fort chagrinée, qu’elle serait même prête à donner toutes les richesses du monde afin d’avoir ne serait-ce qu’un nom et un moyen de retrouver cette si mystérieuse princesse.

Souriant, Cendrillon leur posa ingénument la question suivante :

- Était-elle donc si belle ? Ne pourrais-je point la voir ? Mademoiselle Javotte, prêtez-moi donc votre robe de tous les jours d’un jaune pâle.

- Vraiment ? rétorqua l'aînée avec mépris. Prêter l’une de mes tenues, fût-ce la plus ordinaire, à un vilain Cucendron telle que toi ? Je ne voudrais point retrouver ma robe recouverte de suie, elle serait alors bonne à jeter.

Passant outre la méchanceté de sa sœur, Cendrillon en fut fort aise de ce refus. A la vérité, elle se serait trouvé bien embarrassée si sa sœur avait accepté de lui prêter son habit.

C’est ainsi que, tous les soirs de la semaine, Cendrillon se rendit au bal rejoindre la princesse, à l'insu de sa famille qui ne se rendit compte de rien. Soir après soir, la toilette de Cendrillon se montrait de plus en plus somptueuse. Pendant le dernier bal clôturant cette semaine de réjouissance, Cendrillon fut bien trop distraite par sa discussion avec la princesse pour remarquer qu’il commençait à être fort tard.

C’est ainsi que, oubliant les recommandations de sa marraine, la jeune femme se trouvait en compagnie de la princesse dans les jardins du château. Elle ne retourna à la réalité que quand elle entendit sonner le premier coup de minuit, alors même qu’elle pensait qu’il n’était que onze heures. Alors, toute affolée, elle prit rapidement congé de la princesse et s’en fut. Interloquée, ne comprenant pas ce qui lui prenait, la princesse la poursuivit mais ne fut pas assez rapide.

Elle n’arriva à la cour que pour constater que le carrosse de la belle passait les portes extérieures de la cour du château. Dépitée, elle baissa les yeux de tristesse et vit, abandonnée sur les marches de l’escalier, l’un des souliers de verre de l’inconnue. Elle la ramassa avec délicatesse, se jurant de retrouver la mystérieuse jeune femme grace à cette indice qu’elle avait laissé derrière elle.

Quand elle arriva finalement chez elle toute essoufflée, Cendrillon n’avait ni carrosse, ni laquais, qui avaient retrouvé leur apparence première. Elle avait également retrouvé ses haillons habituels. Seul lui resta une pantoufle de verre qui, inexplicablement, n’avait pas retrouvé l’apparence des ses vieux sabots quelconque.

Au retour de ses sœurs, Cendrillon s’empressa de leur demander si elles avaient passé une bonne soirée, et si la belle dame était revenue. Les demoiselles lui répondirent par l’affirmative, mais qu’elle s’était enfuie à l’approche de minuit. Disparaissant, comme un rêve. Ne laissant que l’une de ses pantoufles de verre comme preuve de son existence dans la précipitation de sa fuite. Pendant le reste du bal, après le départ de cette mystérieuse jeune femme, la princesse n’avait fait qu’observer pensivement la chaussure. Apparemment fort éprise de la personne à qui appartenait cette pantoufle.

Elles avaient dit vrai car, quelques jours plus tard, un héraut vint scander sur la place publique :

“Oyez, Oyez, Brave gens ! Annonce est faite que la princesse, la fille du roi, prendra pour épouse la personne qui pourra chausser la pantoufle de verre.”

Promptement, on alla faire essayer le soulier aux princesses, aux duchesses, aux comtesses, de la caste la plus élevée de l’aristocratie, prévoyant d’aller jusqu’à finir par les jeunes filles de la bourgeoisie. Mais personne ne put chausser parfaitement le soulier. Ou la chaussure était trop petite, ou elle était trop grande. Finalement, on vint faire essayer la chaussure aux sœurs de Cendrillon. Après leur échec, ayant reconnu son soulier, Cendrillon dit en riant :

- Puis-je l’essayer moi-même, que je vois si je suis en mesure de la porter ?

A ces mots, ses sœurs se mirent à rire et à se moquer d’elle, mais le gentilhomme qui était chargé de faire essayer la chaussure à toutes les jeunes filles bien-nées, la regarda attentivement. La trouvant fort belle derrière sa pauvre vêture, il ne vit aucune objection à la lui faire essayer à son tour. Il la fit donc asseoir, puis approchant la pantoufle de son pied menue, constata qu’il entrait parfaitement dans la chaussure. Les deux sœurs en furent fort étonnées, mais leur étonnement fut bien plus grand quand elles virent Cendrillon sortir de sa poche la deuxième chaussure qui complétait la paire et la chausser à son tour.

Ce fut ce moment que choisit sa marraine pour faire son apparition et, d’un coup de sa baguette, elle revêtit sa protégée d’une tenue plus somptueuse encore que les précédentes. Autant ainsi tout doute sur l’identité de la mystérieuse inconnue qui avait su séduire la princesse.

L’ayant enfin reconnue comme la belle personne du bal, ses sœurs lui implorèrent son pardon pour leurs méchancetés passées. De part son bon coeur, la jeune femme leur assura ne point leur en tenir rigueur. Qu’elle ne leur en avait jamais voulu. Elle leur accordait son pardon sans problème, et leur souhaita tout le bonheur du monde.

Ensuite, le gentilhomme la mena jusqu’au château, où elle put retrouver la princesse. La trouvant plus belle que jamais, cette dernière lui fit sa demande en mariage dans l’instant. Demande qui fut acceptée avec joie par Cendrillon, elle aussi éprise de la belle princesse. La jeune femme, le jour même de ses noces, maria ses deux soeurs à deux puissants seigneurs de la cour, pouvant ainsi avoir ses soeurs avec elle à la cour.

La princesse et Cendrillon n’eurent point d’enfant, mais vécurent heureuses ensemble et s’occupèrent de tous les orphelins du royaume. Quand vint l’heure de trouver un héritier pour la princesse devenue reine, elle choisit d’ailleurs parmi ses orphelins pour devenir le prochain roi. Enfant qui, quand vint son tour de régner, devint le meilleur roi qu’eut jamais connu le royaume.
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Ce n’était encore qu’un simple effleurement, de vagues touchers sur une peau nue offerte. Pourtant, son excitation ne cessait de croître à mesure que ses lèvres descendaient et se rapprochaient inexorablement de leur cible, s’arrêtant çà et là pour embrasser ou mordiller ce corps totalement soumis, qui frémissait et gémissait sous ses attentions. Une de ses mains s’affairait déjà sur le membre dur. Il avait beau être à genoux, c’était lui qui menait la danse, et l’autre le laissait totalement faire. Parfois, ce n’étaient que de simples sons, expressions d’un plaisir grimpant en flèche, parfois des paroles rendues faibles et incohérentes. Ses lèvres frôlaient désormais son bas-ventre. Bientôt, il –
— Lalli… Lalli, attends !
Lalli fronça les sourcils mais la voix était trop distincte pour penser à une erreur, sans compter les jambes qui s’agitaient d’une toute autre manière, désormais, comme pour le repousser timidement. Ou pour lui interdire l’accès à cet entrejambe laissé à nu par ce pantalon tout juste baissé. Pour masquer son sexe à d’autres regards, peut-être, aussi ? Il avait fini par comprendre ce que signifiait ce terme en suédois, à force de l’entendre – ‘attends’ – et, pour l’heure, il ne suscitait que frustration chez lui. Il n’avait pas été facile de convaincre Emil de son désir pour lui ; ce dernier avait trouvé toutes les interprétations possibles, même les plus loufoques, à ses tentatives de communication, même les plus ‘claires’. La barrière de la langue n’avait pas aidé, comme sa propre difficulté à exprimer ce qu’il ressentait. À le confier, ou à poser des termes dessus. Il n’était pas habitué. Il ne s’y embarrassait pas, généralement. Le contact avec les gens ne l’intéressait pas, de toute façon, alors pourquoi un tel effort ? Mais Emil… c’était Emil.
Cependant, ce dernier devait être particulièrement pudique, pour avoir évité le sujet avec une telle force.
Il retint un soupir excédé, suspendit son geste. Lâcha la verge durcie, maintint ses mains contre les cuisses fermes près de lui. Il leva la tête. Ses yeux glissèrent sur le torse nu, ferme, si tentant d’Emil avant de se planter dans ceux de son amant. Il fronça les sourcils devant sa mine inquiète. Il en devina la source tandis que son regard allait et venait vers la porte entrouverte. À cause de gonds trop rouillés, elle ne fermait pas totalement.
— Et… et si quelqu’un nous surprenait ? J’ai… j’ai cru entendre un bruit !
L’endroit ne constituait certes pas la meilleure cachette au monde. Cependant, le complexe souterrain était si grand, ils avaient bien le temps de se satisfaire avant de retrouver les autres, n’est-ce pas ? Les expéditions n’offraient pas de cadre intime pour cela, et Emil montrait des répugnances lorsqu’ils étaient à proximité, de crainte que les autres les surprissent. Que Sigrun râlât sur leur progression quasi inexistante n’était pas un problème, il suffirait de ne pas l’écouter – ce qui était d’autant plus facile qu’il ne la comprenait pas. Ainsi, Lalli avait tenté sa chance – après avoir vérifié que le coin ne grouillait pas de trolls. Il avait tiré Emil vers la première pièce venue, avait chassé ses appréhensions en le plaquant contre un vieux mur pour l’embrasser avec avidité, ce qui avait le mérite d’être explicite. La désuétude de l’endroit n’avait pas troublé leur esprit ni amoindri leur excitation, à l’un comme à l’autre. Ils l’avaient à peine noté. Malgré le cadre et malgré sa pudeur, le suédois avait rapidement donné une réplique des plus enthousiastes à son baiser, qui trahissait une envie identique à la sienne. Et les voilà à présent…
— Il n’y a rien du tout, grogna Lalli, agacé par cette peur qui provoquait chez son potentiel futur amant des sons imaginaires.
À peine ces mots prononcés, il se raidit et tendit l’oreille, tandis qu’Emil se crispait contre lui. Des échos de pas ? Le son était étouffé, aussi il avait du mal à en estimer la distance ou l’origine.
— Tu as entendu ? devina Emil. C’est –
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que la porte s’ouvrit à la volée dans un grincement épouvantable, aussitôt remplacée par un Irlandais enthousiaste affublé de son masque à gaz – une précaution.
— Ah, vous voilà enf – AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH !!!
— AAAHHHHH !!
Reynir se détourna aussitôt en cachant ses yeux avec ses mains, tout en s’excusant platement à de multiples reprises, pendant qu’Emil, lui, se précipitait pour ranger son engin dans son pantalon et refermer derrière lui. Lalli dut s’écarter pour qu’il ne le cognât pas dans le mouvement. Il se redressa, frustré, et brossa ses genoux. Le suédois l’évita, gêné, et se mit en quête du reste de ses vêtements, en tas à quelques pas d’eux à peine. Exaspéré par la scène et par l’occasion manquée, le finnois fusilla le rouquin du regard. Stupide Reynir et sa capacité à débarquer au pire moment ! Pourquoi n’embêtait-il pas quelqu’un d’autre, pour une fois, au lieu de les coller ?
— Il fallait absolument que tu nous trouves maintenant, n’est-ce pas ?
Ni Reynir ni Emil ne le comprit.
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Les hommes font la fête ce soir ; le butin en valait la peine. Les navires marchands ne contiennent pas tous des marchandises faciles à écouler, mais celui-là avait aussi de la nourriture de luxe, des coffres bien garnis, tout ce qui permet d'oublier les trois hommes morts au combat, de se convaincre que la piraterie est une vie de réjouissances.

Izzy boit à une flasque d'alcool fort et amer, et garde son regard fixé sur Edward. Il n'est pas le seul : tout l'équipage l'écoute avec fascination. En plus d'être un excellent stratège et un guerrier remarquable, Edward a le talent unique de tisser ses victoires pour en faire des légendes. Et ce soir, chaque pirate se sent part d'une épopée.

Izzy est aussi fasciné que les autres, mais pas par cette histoire. Il a vécu dans l'ombre de Barbe-Noire, dans sa légende, si longtemps qu'il n'a plus besoin de ses mots. Il en fait partie. Il pouvait déjà sentir l'épopée pendant l'abordage, dans son âme et dans ses veines. Alors Izzy observe juste la façon dont Edward bouge, sa barbe qui reflète la lune, ses mains qui créent le monde, son pas glorieux comme celui d'un dieu, semblant encore plus aérien dans le déséquilibre de l'alcool, et ses vêtements recouverts d'un sang qui n'est pas le sien, encore frais, rouge de désir.

Puis Izzy baisse les yeux, parce qu'il n'ose pas mettre à nu ce qu'il ressent, pas devant l'équipage - Ed sait déjà, bien sûr qu'il sait.

Izzy laisse un instant un ressentiment stérile l'envahir contre les autres hommes d'équipage et le monde entier, pour être là, pour ne pas le laisser seul avec Barbe-Noire, libre de lui appartenir ouvertement. Un sentiment ridicule et stérile, parce que sans ce monde à conquérir, Izzy n'est plus d'aucune utilité pour Edward, il le sait.

Après son récit, Edward retire ses bottes - ses pieds semblent ignorer les risques d'échardes dans le pont, comme si c'était trop mesquin pour lui - et s'enfonce confortablement dans un tas de cordages. Ivan lui apporte une coupe qui fait partie du butin, remplie d'un alcool qui, on peut l'espérer, est un des meilleurs aussi. Même si Edward aurait peut-être mieux fait de le garder pour son usage personnel, plus tard, quand la mélancolie le prend.

Le corps d'Edward semble à la fois offert, si proche et détendu, et totalement inaccessible. Son sourire le fait sembler humain, et Izzy brûle que ce ne soit pas pour lui, brûlerait encore plus si cela l'était. La bouche d'Izzy est sèche et son ventre avide. Il n'aurait pas dû boire. Parfois la façon dont cela fait vagabonder ses pensées détend. Parfois les mêmes pensées prennent le chemin de l'enfer où elles languissent sans fin.

Izzy se lève, ramasse les bottes, va les porter dans la cabine d'Edward. Il ne sait ce qui le prend - sans doute un prétexte, parce qu'il ne peut pas supporter plus longtemps d'être en la présence écrasante et tumultueuse d'Edward, de ne voir que lui pendant qu'il ne le voit pas vraiment. L'équipage, lui, remarque Izzy, mais il les regarde d'un oeil noir en espérant tuer dans l'oeuf tout commentaire désobligeant.

Ce n'est pas ce dont Izzy a honte. Il préfère servir Barbe-Noire, et lui appartenir, et avoir la confiance d'avoir la clé de sa cabine, plutôt que d'être l'égal de n'importe qui d'autre.

La lumière de la lune ne rentre pas dans la cabine, et les chandelles sont éteintes. Dans cette obscurité, ce silence, l'odeur de son capitaine frappe les narines d'Izzy encore plus clairement que quand Barbe-Noire est là en personne. C'est sa cabine, c'est son domaine, ornée de trophées, d'anciens souvenirs de gloire. Izzy peut à peine voir leurs ombres, mais il connaît cette cabine mieux que son propre esprit. Il n'a même pas besoin de compter ses pas pour ranger les bottes à côté du lit.

Dans cette obscurité, il ne peut plus se rappeler si elles étaient aussi sanglantes que dans son imagination, si tout cela n'a pas été un rêve, alors il s'agenouille, pose sa main sur la cheville de la botte, puis la porte à sa bouche. Et cela semblerait un cauchemar aussi, si le goût du sang n'était pas exquis dans sa bouche, parce que c'est ce qu'il y a de plus vif dans la douleur et la mort. L'odeur des chaussures d'Edward - cela aussi devrait être nauséabond, l'est probablement, mais à la place, l'odeur de sueur et de cuir le possède comme un fantôme, lui arrache des frissons de frustration, exige de lui son attention, sa dévotion, son obsession.

Izzy cède, parce qu'il est faible, parce qu'il voulait cela sans le savoir, il est venu pour cela, pour faire semblant, pour être assez seul pour que personne ne puisse le détromper. Toujours à genoux, il ouvre son pantalon et frotte son sexe brûlant à travers son sous-vêtement, et laisse l'odeur d'Edward et du sang le changer en créature de désir. Edward mérite mieux que cela, mais le corps d'Izzy a des besoins, aigus et fangeux.

Il n'a pas fermé la porte, bien sûr. Cette cabine ne lui appartient pas. Edward pourrait entrer à n'importe quel moment, s'il le cherchait, s'il lui reprochait son absence justement suspecte. Edward ne sait pas à quel point Izzy est avide de se dégrader au nom d'Edward, ou s'il le sait, il s'est jusqu'ici généreusement abstenu de le faire remarquer. Mais s'il le voyait maintenant, il l'inonderait de son mépris. Et rien que d'imaginer cela, Izzy tremble d'effroi alors même que son désir s'intensifie, le blessant de l'intérieur avant de pouvoir sortir.

C'est anormal, l'obsession qu'il garde pour Edward dans son ventre, comme une balle perdue jamais opérée, qui peut être douloureuse mais ne sera mortelle que si on la retire. Mais c'est la vie qu'il mène depuis qu'il connaît Ed, et il ne peut même souhaiter ne jamais l'avoir rencontré.

Dans le noir, il entend les bruits de la fête sur le pont, et se demande s'ils peuvent l'entendre, surprendre les bruits de ses halètements, de son coeur qui tambourine dans ses oreilles. Si un membre de l'équipage venait voir ce qui se passe... oh, Izzy ne peut pas admettre que quelqu'un d'autre fasse partie de ce rituel ignoble, même comme témoin. Il lui trancherait la gorge, peu importe les explications qu'il aurait à donner après.

Mais s'il doit penser à cela, la terreur d'être surpris en se vautrant dans sa honte, il veut penser seulement à Edward, à son dégoût ; et si Edward choisissait de punir Izzy comme il le mérite, de le transpercer de son épée et de le laisser lentement se vider de son sang, ici même, eh bien, il y a de pires fins.

Il n'entend toujours pas le moindre bruit de pas dans le couloir. Izzy a pu souiller l'idée de Barbe-Noire en toute impunité. Et pourtant, si Edward venait - ses pieds sont nus, Izzy ne l'entendrait pas... C'est cette idée qui le fait jouir finalement, un plaisir étouffant qui le laisse haletant.

Il se relève, sort de la cabine, referme la porte. Il souhaite maintenant trouver Edward derrière lui, un Edward curieux et jaloux, qui veut savoir ce qu'il fait, qui préfère le suivre dans les sombres couloirs du navire plutôt que de laisser l'attention de son équipage monter vers lui comme de l'encens.

Mais cela n'arrivera pas.

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From: [personal profile] allenkune
J'aurait aimer faire plus mais j'espère que ses deux histoires te plairons. Je te laisse un premier lien vers le recueille sur AO3 puis les deux liens sur Dreamwidth ><

->https://archiveofourown.org/works/42775587/chapters/107457261
->https://allenkune.dreamwidth.org/3691.html
->https://allenkune.dreamwidth.org/4075.html

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