andysss: (chat)
[personal profile] andysss



 
Voici ma fiche pour le très attendu échange d'Halloween 2023 !!!


Mes thèmes :

  • baiser de fantôme
  • pleins de petits insectes
  • costume de diablotin sexy
  • cimetière (lugubre ou paisible)
  • voix effrayantes (voix d'enfants, voix de chouette, voix sépulcrale...gardez juste le côté effrayant)


 


Mes fandoms :

  • Among us : imposteur/crewmate, imposteur/crewmate femslash, baby!imposteur et crewmate!daddy en gen
  • Les Aventures de Virgil O’Hara de Wilwy : JM/Virgil(/Picarel), Virgil/Picarel, la bande en gen
  • Boyfriend Dungeon : Seven, Sunder, Rowan 
  • Ça (film) : Richie/Eddie, les losers en gen, Bowers et sa bande, Henry/Victor
  • Le chat qui rendait l'homme heureux - et inversement : Kanda et ses amis en gen, Kanda et sa famille en gen, Moriyama->Kanda, Moriyama/Hoshinari
  • Good Omens (tv) : Crowley/Aziraphale, Muriel, les commerçants en gen
  • Gotham : Oswald/Ed, Oswald & les freaks en gen
  • Gravity Falls : Bill, Bill/Dipper
  • Hades : Zagreus/Thanatos(/Hypnos), Thanatos/Hypnos
  • Je ne suis pas celui que vous croyez : Le roi des démons/Deon, Tout le monde->Deon
  • Lore Olympus : Hadès/Perséphone, Daphné/Thanatos, Arès & Perséphone en gen, Hermès Perséphone et Artémis en gen, Hécate Hadès et Perséphone en gen
  • Les Loups de Thiercelieux : Garou/Villageois, Maire/Chasseur
  • Le Monstre et la Bête : Liam/Kavo
  • One Piece : Sanji/Zoro, l'équipage en gen, Trafalgar Law & Corazon en gen
  • Our Flag Means Death : Blackbeard/Stede, Izzy->Ed, l'équipage en gen
  • Le Père Basil et les démons de Ram Lightly 🔞 : Dandelion/Basil(/Hollyhock), Hollyhock->Basil
  • Promare : Galo/Lio
  • The Reanimator (films) : Herbert, Herbert/Dan
  • Seule la mort attend la vilaine : Pénélope/Callisto, Eckles->Pénélope, Pénélope et sa famille en gen, Reynold->Pénélope
  • Stand Still Stay Silent : Emil/Lalli, Reynir/Onni, Mikkel/Sigrun, l'équipe en gen
  • Toilet bound Hanako-kun :  Hanako/Nene, Kô/Mitsuba
  • La Trilogie de l'Héritage de N.K Jemisin : Yeine/Nahadoth, Yeine Nahadoth et Sieh, Dekara/Sieh/Shahar, Ahad/Sieh
  • The Untamed (tv) : Wei Wuxian/Lan Wangji, Xue Yang/Xiao Xinchen(/Song Lan), Wei Wuxian & Jiang Cheng
  • Zelda - breath of the wild : Link/Sidon


Mes OC uniquement en dessin




kandai_suika: (evil)
From: [personal profile] kandai_suika
(Je n'ai pas vu de mention de tes squicks/limites, j'espère que ça conviendra du coup ? Désolée, j'ai écrit d'une traite, cette fic a eu raison de moi.)

Warnings : Mort de personnage, mentions vagues de meurtre et de cannibalisme, personnages amoraux.


Incidemment, tout avait commencé après la mort d’Orange.

*

Rose était un Imposteur efficace. Au contraire de ses compagnons d’infortune – enfin, surtout de Rouge qui avait tendance à porter son cœur en bandoulière – elle faisait rarement dans le sentiment avec ses victimes et se contentait la plupart du temps de les exécuter proprement, complètement indifférente aux sanglots et aux taches de sang qui finissaient sur son scaphandre. Noir appréciait davantage son attitude que Rouge, la qualifiant sans hésiter de « vicieuse » et « retorse » lorsqu’il se sentait d’humeur à la complimenter. Rose préférait laisser courir que de corriger sa vision erronée : tout faisait figure de jeu tordu pour son camarade et moins elle se démarquerait de ses pairs, moins elle attirerait l’attention. Jusqu’ici, les choses avaient plutôt bien marché pour elle.

Peut-être trop bien, en fin de compte.

Tout le monde avait cru à ses larmes choquées lorsque le cadavre d’Orange avait été retrouvé tranché en deux sur le scanner de l’infirmerie, affolant les capteurs vitaux qui s’étaient mis à fredonner un vrombissement strident. Personne n’avait compris comment elle avait fait pour se retrouver seule là-bas – Orange était l’une de leurs xénolinguistes, après tout, et le bureau des communications se trouvait littéralement à l’autre bout du Skeld – et les soupçons avaient longtemps pesé sur Blanche, le médecin de bord, qui était la seule à posséder un passe donnant accès à l’aile médicale. Heureusement pour cette dernière, plusieurs membres d’équipage avaient pu attester de sa présence sur la table d’administration à l’heure présumée du meurtre et de la disparition de sa clé passe-partout, survenue quelques heures avant la tragédie. Faute de coupable à désigner, personne n’avait pu se décider à condamner un membre de l’équipage à la froideur mortelle du vide intersidéral mais un air de méfiance s’était installé autour de l’infirmerie et des coéquipiers qui la tenaient, poussant les membres de l’équipage à éviter l’endroit même pour se soulager d’afflictions mineures.

Et tout cela, pour le plus grand bonheur des Imposteurs.

Noir avait appelé l’enchaînement des évènements un coup de génie avant de taper dans le dos de Rose d’un air satisfait. Rouge s’était contenté de la regarder sans dissimuler sa confusion dédaigneuse, comme si elle était une énigme particulièrement difficile à résoudre et non une semblable. Rose lui avait renvoyé son regard, indifférente au conflit qui se lisait sur le visage de leur frère comme dans un livre ouvert. Elle n’était pas surprise de sa réaction hostile : l’une des premières choses qu’on leur apprenait, c’était de ne faire confiance à personne, pas même aux autres Imposteurs.

Surtout pas aux autres Imposteurs.

— Je croyais que tu appréciais Orange, lui avait-il reproché lors d’une de leurs rondes clandestines à travers le vaisseau, en quête de failles à exploiter et de systèmes à saboter.

— On n’apprécie pas ses proies, Rouge, on les mange, siffla-t-elle entre ses dents, laissant sa langue fourchue passer sur les pointes des canines tandis qu’ils se penchaient sur le tableau de contrôle de ventilation. Tes géniteurs ne t’ont pas instruit proprement sur la question ?

— Bien sûr que si, ne sois pas idiote, répliqua l’Imposteur d’un ton brusque.

— C’est toi qui profanes des idioties. Si tu te concentrais un peu plus sur notre mission et un peu moins sur l’humain pathétique qui te suit comme ton ombre…

Rouge avait coupé court à leur conversation en plantant un tournevis dans le système de ventilation, provoquant immédiatement une surchauffe critique du système qui dégénéra en alerte générale en quelques secondes. Dans la panique collective qui s’ensuivit, personne ne remarqua Noir se faufiler discrètement hors du local électrique, son scaphandre sombre maculé de taches poisseuses. Personne ne remarqua non plus le sang s’écouler paresseusement de sous la porte fermée de la salle de surveillance : tout le monde était bien trop occupé à filer vers les bornes d’urgence de la ventilation pour endiguer la catastrophe imminente.

Rouge profita de la cohue et du sentiment soulagement général qui suivit la fin de l’alerte pour disparaître dans la foule. Rose ne chercha pas à le suivre ni à poursuivre leur discussion avortée. Ils avaient fait du bon travail jusqu’ici et les scrupules d’un Imposteur qui passait beaucoup trop de temps avec les humains n’allaient pas lui faire regretter sa diligence. Alors qu’elle se dirigeait vers le cockpit, désireuse de s’éloigner d’une potentielle scène de crime survenue à l’arrière du vaisseau, l’Imposteur entendit un écho résonner dans les artères métalliques du vaisseau.

Rose ?

L’interpellée fit volte-face, sur le qui-vive, mais le couloir derrière elle était immobile, comme figé dans le temps. La voix qui avait sifflé son nom ressemblait davantage au murmure de l’air qu’à un véritable appel, une plainte stridente et douloureuse, à l’image d’un ongle crissant sur du métal.

Ou d’un couteau glissant le long d’une lame à aiguiser.

Rose ?

*

Quelques jours plus tard, Rose entendit de nouveau son nom résonner le long des couloirs.

Depuis leur tentative ratée de saboter l’oxygène, l’Imposteur était tendue. Le meurtre de Cyan dans la salle des caméras semblait avoir déclenché une guerre silencieuse entre ses deux compagnons, déclenchée par un Noir qui n’avait rien trouvé de mieux à faire que de chercher le soutien de Bleu pour couvrir son méfait. Le jeune technicien, désireux de ne pas se faire soupçonner par le reste de l’équipage, avait approuvé sans réfléchir aux dires de Noir, au grand dam de son amant. Rouge le quittait rarement depuis, se montrant de plus en plus distant et laconique, pour le plus grand plaisir de leur camarade.

— Vous êtes ridicules, constata Rose, non sans exaspération tandis qu’elle s’occupait de trancher minutieusement les fils du local électrique.

— Ce n’est pas moi qui me suis entiché de mon futur dîner, rétorqua Noir en se curant les griffes d’un ton nonchalant, retirant de temps à autre un bout de chair noircie. Au fond du local, le cadavre de Lime reposait appuyé contre les panneaux de métal, quelques-uns de ses membres à moitié dévorés. Rouge ferait mieux d’arrêter de roucouler avec son humain de compagnie et prendre exemple sur toi, si tu veux mon avis.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Tu aimais bien Orange, non ? Et tu n’as pas hésité à la tuer, pourtant. Net, précis, propre. Si nous étions tous de ta trempe, on aurait déjà conquis la moitié de la galaxie sans effort.

Rose déglutit, troublée. A nouveau, il y avait cette allusion aux sentiments qu’elle avait éprouvé pour Orange, à la complicité et la camaraderie qu’elles avaient tout de suite partagée dès leur arrivée sur le Skeld, à l’affection presque effrontée dont l’humaine avait fait preuve à son égard aux yeux et à la vue de tous, à la main lovée précieusement dans la sienne tandis qu’elles se faufilaient en douce dans l’infirmerie.

— Tu présumes beaucoup, chuchota-t-elle, incapable de dissimuler complètement sa gêne.

— Il n’y a rien à présumer. Nos géniteurs s’entre-dévorent pour se prouver leur amour. Rouge l’a peut-être oublié mais toi et moi, nous savons ce que ça veut dire.

Rose feula, une réponse cinglante sur le bout des dents, lorsque l’écho se fit de nouveau entendre depuis la bouche d’aération grande ouverte : les syllabes familières de son nom, portées par un courant d’air plaintif et déchirant.

Rose ?

— Tu as entendu ?! souffla-t-elle, sa gorge inexplicablement comprimée par l’angoisse.

— Entendu quoi ? A part le bruit des moteurs…

Rose n’attendit pas la fin de sa phrase. L’Imposteur sauta à pieds joints dans la ventilation, vaguement reconnaissante que le reste du vaisseau soit plongé dans l’obscurité totale. Le chemin des conduits la fit prendre à gauche puis vers le haut ; lorsqu’elle sortit enfin de la bouche d’aération, ce fut pour être confrontée à la vision d’une infirmerie plongée dans le noir et vide de tout occupant. Après le meurtre sinistre d’Orange, l’endroit avait gagné une atmosphère pesante que Blanche et Vert, l’infirmier en chef, avaient tout fait pour désengorger, à grands renforts de détergent, d’huile de coude et de sauge brûlée. Seuls les bips réguliers du matériel médical apportaient un peu de vie à la pièce déserte, plus sinistre qu’un tombeau à ciel ouvert. Presque malgré elle, les yeux de Rose, depuis longtemps habitués à l’obscurité écrasante, se dirigèrent vers le scanner.

Ce qu’elle y vit lui hérissa l’échine.

Sur la plaque biométrique posée au sol, une mare de sang gouttait paresseusement.
kandai_suika: (scream)
From: [personal profile] kandai_suika
Rose entendit de nouveau la voix le jour suivant. Et le jour d’après. Et celui d’après encore. Encore et encore et encore.

Rose, Rose, Rose, Rose…

La voix ne se manifestait jamais deux fois de la même manière : elle résonnait dans les couloirs comme un écho ou se glissait à son oreille, au plus profond du calme du cycle de nuit comme en plein jour, que Rose fut accompagnée ou non. Plus d’une fois, elle s’était surprise à sursauter au milieu d’une tâche ou à se presser contre les murs du vaisseau, interrompue par le même murmure douloureux qui ne cessait de l’appeler en boucle : Rose, Rose, Rose… Autour d’elle, personne ne semblait entendre ou même réagir à la voix. Personne ne comprenait ses mouvements brusques et son regard hagard qui ne restait jamais en place, à la recherche de la moindre silhouette ou explication qui aurait pu donner un sens à l’expérience – le reste des coéquipiers s’était mis à la fuir, à l’observer avec des regards mièvres et remplis de pitié.

— C’est le choc de toutes ces morts, disaient-ils.

— Pauvre Rose, dans quel état elle doit être en sachant que le meurtrier d’Orange court toujours… disaient-ils.

— Vous pensez qu’on devrait la mettre en isolement ? demandaient-ils.

C’était à n’y rien comprendre. Entre chaque chuchotement, les appels reprenaient de plus belle, s’imbriquant dans les murmures de l’équipage comme autant de notes discordantes composant une mélodie sinistre.

Rose ?

Cette dernière avait l’impression de doucement perdre pied.

— Tu vas finir par attirer l’attention sur toi à force d’être aussi imprudente, la sermonna Rouge pendant l’une de ses patrouilles. Il était tombé sur elle en cherchant une proie, l’avait trouvée recroquevillée sous le panneau des communications, à côté de la radio. Un des coins préférés d’Orange. Ça ne te ressemble pas… que se passe-t-il ?

L’Imposteur pressa ses lèvres l’une contre l’autre, indécise. Elle ne faisait pas confiance à son camarade pour la soutenir ou même la croire – on ne pouvait se fier à personne et encore moins aux autres Imposteurs – mais un peu de vigilance supplémentaire ne serait pas de refus. Ils avaient peut-être affaire à une menace inconnue, à quelque chose de plus sournois et dangereux qu’eux-mêmes.

Ou peut-être était-elle tout simplement en train de devenir folle.

— Tu n’as rien entendu d’étrange, ces derniers temps ?

— Plus étrange que les alertes de défaillance du système de ventilation, tu veux dire ?

— Laisse tomber, jura Rose, exaspérée.

Une émotion traversa furtivement le visage reptilien de Rouge, à peine visible derrière la visière de son scaphandre. De la culpabilité, peut-être. Ou de la frustration. Ces derniers temps, elle avait de plus en plus de mal à le comprendre, à interpréter les signes. Noir avait peut-être raison : à force de traîner avec Bleu, le sentimentalisme des humains avait fini par le rendre méconnaissable.

— Tu devrais peut-être aller consulter Blanche. Tu n’as vraiment pas l’air dans ton assiette.

L’interpellée éclata d’un rire sardonique. Demander l’avis de Blanche voulait dire retourner à l’infirmerie. Voir le scanner, les taches de sang fantôme qui perlaient dessus, même si elles n’existaient plus que dans son souvenir. Revoir le cadavre d’Orange, coupé en deux sur la plaque biométrique, la marque des dents de Rose encore fraîchement imprimée sur sa chair.

Entendre son rire clair et franc se colorer de douleur et d’effroi, quelques secondes avant sa mort.

Qu’est-ce que tu fais, Rose – Rose ?

— Je crois que j’entends la voix d’Orange, avoua-t-elle dans un souffle.

Rouge cilla, interdit. Derrière sa visière, ses pupilles verticales la contemplaient d’un air stupéfait, comme si elle venait de lui annoncer ni plus ni moins que la fin du monde.

— Rose, Orange est…

— Morte, je sais, la coupa sèchement l’Imposteur. C’est moi qui l’ai tuée, se garda-t-elle d’ajouter. Inutile de remuer le couteau dans la plaie.

Rouge semblait mal à l’aise devant une telle déclaration – et pour une fois, elle le comprenait. Les humains avaient des dizaines de croyances contradictoires concernant la mort et ce qui venait après : certains pensaient qu’elle apportait le salut ou la damnation, d’autre le repos, d’autre la réunion avec un éventuel créateur divin, d’autre encore le néant éternel. Les Imposteurs ne croyaient en rien d’autre que les dures lois de la nature, des prédateurs et des proies, du cycle éternel de la vie et de la mort ; les géniteurs de Rose avaient toujours été très formels sur ce point. Tout ce qui meurt finit par être mangé, lui avaient-ils répété avant leur mort. Orange n’avait pas fait exception à la règle.

Tuer un être aimé était normal pour un Imposteur. Naturel, presque. Une preuve d’amour, avait ajouté Noir sur un ton de connivence. Et pourtant, Rose n’y avait pris aucun plaisir, aucune gratitude, aucune extase. Elle l’avait fait par devoir, persuadée d’avoir pris la bonne décision, et le poids de celle-ci pesait étrangement sur son deuxième cœur. Comme si elle s’était levée un jour pour découvrir que respirer était devenu difficile.

— Pourquoi tu n’as pas tué Bleu ? demanda-t-elle.

Rouge soupira longuement et se pencha pour se glisser à son tour sous le bureau. Sans réfléchir, Rose lui offrit sa paume ; les doigts de son camarade cherchèrent les siens et s’y lovèrent comme des serpents.

— Ma mère s’est laissé dépérir après avoir tué mon père, lui confia-t-il après un long silence.

Il avait dû lui en coûter pour lui confesser une telle chose, tant l’idée était taboue pour eux. Les Imposteurs cultivaient la passion de la survie avant toute chose : ils apprenaient très tôt à être autonomes, à ne se fier à personne et surtout pas à leurs semblables. Ils étaient trop peu nombreux et leur mode de vie trop précaire pour se permettre le moindre sentimentalisme. Trahir un autre Imposteur était parfois l’unique manière de survivre et Rose n’avait aucune illusion sur que la soi-disant camaraderie dont ses compagnons atteindrait sa limite dès qu’ils se sentiraient menacés. Depuis sa naissance, elle savait que son destin était de vivre seule face à l’indifférence du monde.

Mais ce n’était plus totalement vrai, n’est-ce pas ? Il y avait eu Orange pendant un temps, son affection si librement donnée, sa manière de se blottir contre Rose, le poids de sa main dans la sienne lorsqu’elles s’éclipsaient discrètement toutes les deux. Il y avait eu le sel de ses larmes sur la pointe de sa langue et le goût de son sang dans sa gorge. Il y avait sa voix qui l’appelait à travers les couloirs du Skeld, l’invitait à la rejoindre – même maintenant, même après tout ce que Rose avait fait.

Une preuve d’amour, avait rappelé Noir, le rictus aux lèvres.

— Bleu m’a dit… Il ne connait pas tous les détails, évidemment, mais l’histoire ne l’a pas surpris. Il m’a dit que ce n’était pas si absurde, comme idée. D’aimer quelqu’un au point de ne pas laisser la mort vous séparer.
Rose fronça les paupières. Le concept était à mille années-lumière de tout ce qu’elle savait du monde et pourtant… il ne lui inspirait pas autant de révulsion qu’elle ne l’aurait cru.

— Tu penses qu’elle a fait ça par amour ?

Rouge haussa les épaules.

— Je l’ignore. Tu sais comment c’est, on n’était pas vraiment proches. Mais parfois, je me dis que… je regrette de ne pas avoir eu l’occasion de lui demander.

— A cause de Bleu ? devina Rose, un brin amère.

Les écailles de Rouge prirent une teinte foncée. S’il avait été humain, on aurait pu croire qu’il rougissait. Ou qu’il avait traîné un peu trop longtemps dans la salle du réacteur. C’en était presque attendrissant.

— Peut-être qu’Orange est comme ma mère. Peut-être qu’elle t’aime suffisamment pour vouloir rester. Peut-être qu’elle n’a pas l’intention de laisser sa propre mort vous séparer.

Ou peut-être qu’elle veut se venger, pensa l’Imposteur femelle, non sans retenir un frisson de malaise. Rouge lui serra brièvement la main tandis que les lumières se mettaient à baisser, sans doute sous l’effet d’un énième sabotage. Ils n’auraient sans doute aucun mal à s’innocenter du crime que leur camarade avait commis pendant l’alerte mais Rose avait l’impression de comprendre un peu mieux son frère d’infortune. Il avait un humain à protéger, après tout.

— Penses-y, Rose, lui intima ce dernier en se dirigeant vers la sortie du bureau des communications. Tout le monde n’a pas toujours l’occasion d’affronter ses regrets la tête haute.

*

Rose était un Imposteur efficace. Elle tuait de sang-froid, sans effusions, et trouvait toujours le moyen de jouer l’innocente coéquipière auprès du reste de l’équipage, se fondant sans efforts parmi les innocents à coup de moues horrifiées et de larmes choquées. Elle n’avait pas la prétention de jouer avec ses proies comme Noir ou de s’enticher de la fragilité des humains comme Rouge – parmi la longue liste de victimes qui sillonnaient son passage, seule Orange avait fait figure d’exception.

Orange et son rire franc, Orange et ses mains chaudes, Orange et son caractère facétieux, Orange dont la voix hantait chacun des pas de sa meurtrière comme son ombre.

Rose ?

Rose était un Imposteur efficace. Elle ne versait pas dans le sentiment ni dans l’excès de cruauté. Elle avait aimé Orange et l’avait tuée sans broncher, sans prêter attention à ses hoquets choqués et aux larmes qui avait coulé de ses yeux sans iris ; elle avait tué Orange mais avait veillé à ce que sa mort soit rapide, sans douleur, comme la promesse de ce repos éternel auquel les humains croyaient avec tant de force.

Son amante avait-elle cru en une vie après la mort ? Était-ce pour cela que sa voix la suivait partout où qu’elle aille ? Ou peut-être était-ce une autre de ces preuves d’amour dont Noir se moquait – mais que savait-il vraiment de l’amour, à la fin ?

Rose avait aimé et elle avait tué. Dans son monde, l’un n’allait pas sans l’autre.

Rose ?

Rose était un Imposteur efficace. Pragmatique, sans remords. Et pourtant, lorsqu’elle se retrouva à nouveau au milieu de l’infirmerie déserte en plein milieu d’une extinction des feux, ses deux cœurs battant à tout rompre contre ses tempes, elle ne put s’empêcher de penser qu’elle avait finalement pris la bonne décision. La tache de sang avait disparu du scanner mais une odeur vaguement métallique continuait d’embaumer la pièce, la scellant aussi sûrement qu’une tombe.

Rose ?

— Je suis là, Orange. Je suis revenue.

Le poids d’une bouche glaciale se posa sur sa nuque.

— Rose, lui murmura la voix d’Orange à l’oreille.
calimera62: (crowned cat)
From: [personal profile] calimera62
C’était une mauvaise idée, se dit une nouvelle fois Hibino. Une très mauvaise idée. Franchement, qu’est-ce qui lui avait pris de faire une telle proposition ?

La figure de Kanda se forma dans son esprit alors qu’il se remémorait l’expression douce mais triste de son visage lorsqu’il lui avait dit doucement, quasi un murmure, ce qui ressemblait presque à une confession :

« Je vais rendre visite à mon épouse aujourd’hui »

Hibino s’était senti gêné, voire même stupide d’avoir amené le sujet, mais ces sentiments n’avaient plus eu d’importance dès lors qu’il avait vu la tristesse sur les traits de Kanda et, avant même qu’il ne s’en rende compte, il s’était entendu proposer à Kanda de l’accompagner.

La surprise sur le visage du pianiste devait refléter la sienne.

Il s’était vu offrir un échappatoire lorsque Kanda lui avait assuré qu’il n’était pas obligé mais qu’il était touché par cette attention. Hibino s’était empressé de lui assurer que ce n’était pas un souci et qu’il viendrait.

Kanda lui avait souri, un sourire faible mais c’était là, et Hibino sut qu’il avait pris la bonne décision.

Ils s’étaient donnés rendez-vous devant les grilles du cimetière. Hibino avait cogité les heures précédentes. Devait-il porter un costume plus approprié ? Quelles paroles de réconfort pouvait-il offrir ? Il avait même longuement hésité sur le choix des fleurs à apporter. Avait-il choisi les bonnes fleurs pour ce genre d’occasion ? Seraient-elles seulement acceptées ? Il ignorait comment Kanda réagirait. Sa propre mère n’avait jamais accordé plus d’un regard aux fleurs qu’il cueillait pour elle lorsqu’il était gamin. Elle s’exclamait toujours avec un sourire « Oh, quelles jolies fleurs ! » avant de poser le bouquet et s’en désintéresser, et à la place de raconter à son fils les jolis bijoux ou les magnifiques robes son ami du moment lui offrait. Les fleurs d’Hibino paraissaient toujours pathétiques à côté de ça, mais il avait continué à lui offrir des fleurs dans le vain espoir d’avoir plus qu’un sourire qui se fanait aussi vite que son bouquet, jusqu’à ce que le désenchantement lui fasse abandonner cette chimère au bout de quelques années.

On ne pouvait pour autant pas échapper à ces années où il avait essayé de contenter sa mère par des présents aussi facilement qu’il l’aurait souhaité. Malgré lui, il avait gardé des réflexes. Il s’était d’abord mis en tête de trouver pour Kanda le bouquet le plus somptueux et le plus cher, en espérant que le pianiste trouverait cela acceptable mais il avait été effaré par la taille du bouquet lorsque la fleuriste lui avait montré leur composition la plus onéreuse. C’était trop imposant, trop tape à l’œil. Pas du tout convenable pour le lieu où il se rendait. Il s’était rendu à l’évidence. Tout ce qu’il pensait savoir sur Kanda s’était révélé être faux. Au fond de lui, il savait bien que l’homme n’aimait rien de plus que la simplicité. Ainsi, Hibino avait choisi de suivre son instinct et son choix s’était porté sur un bouquet de fleurs de cerisier. Une composition simple mais de bon goût que la fleuriste elle-même avait approuvé.

Hibino avait présenté à Kanda, gêné, le bouquet de fleurs.

« J’ai… hem… j’ai pensé qu’il était de circonstance… Enfin, je pensais rendre moi-aussi mes hommages à Madame Kanda. Avec ces fleurs, je veux dire. »
calimera62: (crowned cat)
From: [personal profile] calimera62
Kanda observa les fleurs, le visage tremblant d’émotion et toutes les alarmes sonnèrent dans l’esprit d’Hibino. Oh non, est-ce qu’il avait fait une erreur ??

Pourtant, ce fut un sourire ému que le pianiste lui offrit.

« Elles sont parfaites Hibino. Merci beaucoup. Je sais qu’elle les aimera beaucoup. »

Ne sachant quoi répondre, Hibino se contenta d’hocher la tête, gêné et la chaleur lui montant aux joues, et de suivre Kanda dans les allées du cimetière.

Hibino n’avait que rarement eu l’occasion, fort heureusement pour lui, de se rendre dans un cimetière. Les cimetières japonais étaient bien différents des cimetières occidentaux qu’il avait pu voir à la télévision et qui étaient des lieux mornes et gris, avec des grilles grinçantes, des tombes grisonnantes et souvent mal entretenues avec un aspect inquiétant. Il dégageait des lieux une ambiance sereine. Sur quelques tombes, de l’encens brûlait, dégageant une odeur réconfortante. Sur d’autres tombes, on pouvait voir des offrandes comme des fruits tandis que sur d’autres sépultures se tenaient de petites statuettes, qu’il reconnut comme étant des Ojizo-san, vêtues de rouge. Le calme régnait en maître, mais il n’était pas oppressant, bien au contraire. On pouvait entendre des oiseaux siffler leur douce mélodie ainsi que le bruissement des feuilles des arbres environnant que le vent faisait ployer. Le soleil perçait à travers les branchages et il pouvait sentir la douce odeur des cèdres.

Il se dégageait une ambiance profondément sereine et reposante, entre repos des défunts et harmonie de la nature.

Il se tint en retrait tandis que Kanda, agenouillé devant une sépulture, rendait ses hommages à son épouse, ne désirant pas le déranger dans ce moment intime de recueillement, mais n’osant pas le quitter du regard, comme si, au fond de lui, il… s’inquiétait.

Quelle étrange notion, lui qui, il y a quelques mois encore, ne voulait rien avoir à faire avec le pianiste.

Les choses avaient bien changé…

Finalement, Kanda se releva après avoir déposé son bouquet puis les fleurs d’Hibino.

« Elle aimait beaucoup le printemps. » dit Kanda, presque en murmurant. « C’était même devenu sa saison préférée. Elle aimait plus que tout voir les fleurs renaître… elle appelait cela un festival de couleur et d’odeurs. Je l’emmenais chaque année voir les cerisiers en fleur. Elle les connaissait par cœur, mais elle ne manquait jamais de s’en émerveiller… comme un enfant à Noël. Je trouvais ça… adorable. »

Ses épaules tremblèrent et Hibino n’avait pas besoin de le voir pour savoir que Kanda pleurait.

Il sentit son cœur se serrer. Il fit quelques pas dans sa direction et posa une main hésitante sur son épaule et la serra. Il n’avait pas de mots réconfortants à apporter. Il ne saurait pas trouver les mots justes sans avoir l’air maladroit, mais il espérait que ce simple geste suffirait pour dire à celui qui était devenu son ami qu’il était là.
calimera62: (Default)
From: [personal profile] calimera62
Au bout de quelques minutes, les pleurs s’estompèrent et Kanda se tourna vers Hibino en lui offrant un sourire gêné.

« Merci mon ami… et pardonne-moi. »

Lui pardonner ! Comme s’il y avait quoique ce soit à pardonner !

« Ne t’en fais pas. » répondit Hibino.

Ils gardèrent le silence pendant de longues minutes.

« Il y a un bar à chats à deux rues d’ici. Est-ce que… hem… ça te dis qu’on aille y faire un tour et boire quelque chose ? »

Ils passeraient ensuite chez lui pour emmener Marine et ils se rendraient chez Kanda pour passer du temps avec leurs chats, songea-t-il.

Oui, cela paraissait être un bon plan.

« J’en serais ravi. » lui répondit doucement Kanda.

Hibino hocha la tête, et ils se mirent en route.

La compagnie des chats était sans aucun doute un des meilleurs remèdes qui existe au monde pour remonter le moral.
flo_nelja: (Default)
From: [personal profile] flo_nelja
L'épave est à la dérive. Si jamais elle a contenu quelque chose de récupérable, cela a moisi depuis longtemps. En être trop près, alors que le soir tombe, est dangereux.

Bien sûr, Edward donne l'ordre de s'en rapprocher.

"Pourquoi ?" demande Izzy.

Edward a un sourire qui menace de se craqueler pour laisser jaillir son excitation démesurée. "J'ai entendu une voix qui m'appelait. Il y a quelque chose sur cette épave."

"Que disait-elle ?"

Edward a un sourire de triomphe d'avoir poussé Izzy à l'interroger sur ses intérêts. Toujours, même quand Izzy ne le suit qu'en grinçant des dents. "Elle avait des secrets pour moi, mais je n'ai pas entendu les détails. C'est pour cela que j'y vais."

Izzy se prépare à maintenir le navire à bonne distance, pour récupérer son Capitaine après sa petite expédition nocturne superflue. Mais Edward le regarde dans les yeux, et ordonne "Tu viens avec moi."

Et malgré l'absurdité de cette décision, Izzy ne peut pas refuser, pas même objecter. Il devrait parler du risque que l'équipage superstitieux les laisse juste là, mais qui est-il pour contester la popularité de Barbe-Noire ?

Les navires sont amarrés comme pour le plus simple et le plus effrayant des abordages, les planches jetées. Izzy et Edward traversent d'un pas sûr. Le bateau n'a pas été entretenu depuis ce qui semble une éternité ;
c'est un petit miracle qu'il soit encore à flot. Izzy analyse la possibilité d'un piège, mais non, même Edward ne pourrait si bien déguiser un vaisseau habité.

Des coquillages et des algues vertes ont grimpé le long de la coque et empoisonnent le pont. Izzy fronce le nez. Il aime la mer, comme un pirate se doit, mais seulement la surface. Ce qui se cache sous les eaux noires et lourdes, aussi profond que des sentiments enfouis, ne se manifeste qu'au moment de la noyade, ou de funérailles marines.

Edward déambule sur le pont, son pas nonchalant mais assuré, rayonnant à en pétrifier Izzy sur place s'il l'observait pleinement au lieu de voler des regards en coin. Il se penche, tend l'oreille.

"Que disent-il ?" Izzy ne croit pas aux fantômes, mais il peut parfaitement être en colère contre eux.

"Nous sommes tous mortels, Izzy," répond Edward comme si on le lui révélait pour la première fois.

"Je sais cela," grogne Izzy. Mais ce n'est pas la même chose que de vraiment le réaliser, qu'un jour Edward mourra aussi. Et les ombres sur le pont lui envoient ce message directement dans le cœur. Izzy espère mourir avant lui, dans longtemps de préférence.

Izzy ne croit pas aux fantômes, mais il peut les craindre quand même.

Edward pousse un cri ravi et tend l'oreille, écoute les révélations de quelque chose qui lui semble fascinant et qui ignore Izzy autant qu'Izzy l'ignore. Edward répond à son fantôme, semble débattre. Izzy fait semblant de ne pas entendre. Izzy reconstitue avec une parfaite clarté que le capitaine, s'il existe seulement, lui dit avoir été pris dans une zone de calme plat si cruelle que l'équipage menaçait de mourir d'ennui avant de mourir de soif. Que quand une brume sombre s'est ouverte, menaçant des les aspirer, eh bien, c'était moins terrible que ne pas bouger du tout.

"J'aurais fait la même chose !" s'exclama Edward, et Izzy sait qu'il est sincère. Heureusement que le royaume des morts n'existe pas - il n'existe pas, n'est-ce pas ? - parce qu'Izzy ne pourrait pas l'arrêter.

La voix fantôme a le bon sens d'essayer de le décourager, de lui affirmer que passer par le onde des morts leur prendra leurs corps et leurs âmes, ne laissera rien d’eux, et Edward élude cette fin d'un geste distrait.

"Tu n'est pas rien pour moi !" dit-il, à cet esprit qu'il ne connaît pas, et qui semble être nulle part et partout. Il saute sur le plat-bord, y marche avec un équilibre remarquable, malgré le risque de finir dans l'eau à tout moment. Puis il s'immobilise, songeur.

Les eaux noires sont les marques de la nuit qui tombe, pense Izzy très fort. Il n'y a rien ici qui vient du royaume des morts, rien. Si les fantômes existaient, Izzy a tellement tué qu’il serait hanté depuis longtemps.

Edward se retourne vers Izzy. "Il est parti," dit-il.

"Pas trop tôt."

Edward a un sourire satisfait qui semble venir de trop loin. "Il m'a embrassé. C’est la première fois qu’un fantôme m’embrasse."

Izzy n'a pas voulu se demander si le fantôme existait vraiment, si Edward l'imaginait, ou s'il faisait juste semblant, en un de ses jeux que son esprit crée quand le vrai monde refuse de le défier assez. Il n'a pas besoin de répondre à cette question pour bouillir de jalousie.

"Il ne devrait pas se le permettre," répond-il automatiquement.

Edward le scrute, comme si Izzy était soudainement devenu un de ces mystères qu'il aime explorer, plutôt que son fidèle second qu'il connaît par coeur. Izzy a envie de baisser les yeux, alors il les lève d'autant plus fièrement, comme un défi.

"Vraiment ?" demande Edward. "C'est tout ce que tu en retiens ?"

Je t'embrasserai quand je serai mort, murmure l'océan dans le coeur d'Izzy, comme une vague quand je serai un fantôme, si c'est ce que tu veux. Trop irrépressible pour ne pas atteindre son coeur, trop profonde pour monter à ses lèvres comme une volée de sarcasme.

La mer est très noire autour d'eux, maintenant. Izzy sait parfaitement ce qui se trouve à la surface - leur bâteau, où ils vont enfin revenir, après la petite tocade d'Edward. Une épace, qui n'a pas encore sombré pour des raisons certainement explicables.

Ce qui se trouve au fond, ou dans les brumes et les ombres, est la dernière chose qu'il a envie de voir.
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From: [personal profile] flo_nelja
Merci à toi ! Je suis contente que tu aimes, et que tu aies trouvé le temps de le lire !

J'adore les vaisseaux fantômes ^^

Je ne te demande pas de relire sur AO3 bien sûr mais un Kudos ce serait super-gentil !

Ca grouille !

Date: 2023-10-31 09:17 pm (UTC)
wilwywaylan: (Default)
From: [personal profile] wilwywaylan
Virgil atteignit le premier le bas de l'échelle. Il balaya le sol de sa torche, à la recherche d'obstacles : pierres, vieilles poutres, trous dans le sol qui ne manqueraient pas de leur briser une cheville... Mais non, le sol était propre, si un peu sablonneux.

- C'est bon, vous pouvez venir, j'ai chassé le danger ! lança-t-il vers le haut.

Un grognement lui répondit, mais il n'en attendait pas moins. Quelques secondes plus tard, la lumière venant d'en haut disparut, et Jean-Marie descendit à son tour. Il sauta les derniers barreaux et promena son regard autour de lui, sourcils froncés, comme si l'aspect de la minuscule pièce lui déplaisait.

- C'est tout ? demanda-t-il.

- Bien sûr que non, kitten, répondit Virgil tout en aidant Picarel à toucher le sol. Ce n'est que l'entrée. Le reste de la tombe est un peu plus loin. Et il faut faire attention, ajouta-t-il.

Il lâcha Picarel pour attraper Jean-Marie par le col avant qu'il ne parte en courant et se perde dans les couloirs. L'archéologue se releva, époussetant le sable de ses vêtements, et jeta un regard peu amène à Virgil, qui répondit avec un sourire d'excuse.

Une fois la petite troupe rassemblée, Virgil donna le signal du départ et avança dans le couloir, attentif à la moindre fissure des dalles, la moindre aspérité qui pourrait déclencher un piège ou au moins les faire tomber. Ce n'était certainement pas le moment de se tordre une cheville.

Ils approchaient de la seconde entrée, quelques mètres à peine après la première, quand quelque chose bougea en face d'eux. Quelque chsoe de grand, qui agitait l'obscurité comme un épais rideau. Virgil braqua sa lampe devant eux. Les ténèbres s'écartèrent dans un grand bruissement de pattes.

- Oh ! s'exclama Picarel en s'approchant.

Il se baissa pour examiner les insectes qui grouillaient par centaines sur la pierre. Avec précaution, il en attrapa un pour l'admirer dans la faible lueur, en faisant attention de ne pas écraser sa carapace.

- C'est un Scarabaeus sacer, un scarabée sacré ! Ils doivent vivre là-dedans depuis des siècles... Regardez comme il est magnifique !

Il se retourna, mais il n'y avait plus personne derrière lui. Tout au plus un petit nuage de poussière soulevé par des chaussures qui disparaissaient déjà par l'ouverture dans le plafond. Picarel s'approcha, l'insecte toujours en main.

- Ca ne va pas ? demanda-t-il vers le haut.

- Si, si, répondit la voix de Virgil. Tout est au poil.

- Vous pouvez venir, il n'y a aucun risque ! Ce ne sont que...

- Les scarabées sont encore là ? coupa Jean-Marie.

Picarel jeta un regard vers le bout du couloir, d'où le bruissement de centaines de pattes se faisait toujours entendre. Il pensa un instant leur mentir, mais ça ne servirait pas à grand-chose.

- Oui, répondit-il finalement.

- J'me casse.

Le bruit de ses pas diminua pour disparaître. La tête de Virgil apparut dans l'ouverture.

- Désolé pour ça. Mais en même temps...

- En même temps ?

- En même temps, je ne crois pas que toutt le monde s'intéresse autant que toi aux scarabées... Et c'est vrai qu'il y en avait peut-être un peu beaucoup pour nous. Alors peut-être que nous pourrions... aller voir un peu plus loin, hm ? Où il y a moins de scarabées ?

Picarel regarda un instant l'insecte qu'il tenait, puis le déposa sur le sol, où il s'empressa de rejoindre ses camarades. Lui-même escalada l'échelle avec un long soupir. Virgil l'attendait au sommet, et il l'aida à reprendre pied dans la minuscule antichambre.

- Sorry, dit-il avec un sourire peiné. Je sais que c'est fascinant, mais...

- Ce n'est pas grave, répondit Picarel avec un geste de la main. Je reviendrai plus tard pour en dessiner un ou deux.

Virgil hocha la tête et se détourna rapidement pour que Picarel ne voie pas sa grimace, mais l'archéologue n'aurait même pas eu besoin de la voir pour la dessiner. Il commençait à connaître Virgil. Celui-ci lui posa une main sur l'épaule, qu'il accueillit avec un sourire. Ils marchèrent vers la voiture, dont Jean-Marie faisait déjà grogner le moteur.

- C'est promis, dit encore Virgil au moment où ils montaient, nous irons à la bibliothèque cet après-midi pour que tu puisses de nouveau regarder les manuscrits.

Avec un sourire, Picarel s'installa sur la banquette arrière de la voiture, que Jean-Marie lança sur la piste en direction d'Alexandrie. Finalement, il n'aurait pas perdu sa journée...
javert: witch madotsuki from yume nikki sitting on a broom with a cat on her lap and smiling (yn witch madotsuki)
From: [personal profile] javert
Coucou! Voilà un petit dessin de Papa Crewmate peu rancunier!

javert: lysandre takes a bow (pkmn lysandre bow)
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Merci beaucoup!! :D Ravi que ça t'ait plu!

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