andysss: (Default)
[personal profile] andysss


Les vieux te disent que tu es jeune, que tu as de la chance. Ça ne fait même pas mal à entendre. En fait, si ça faisait mal, ça signifierait que tu peux encore ressentir quelque chose, et peut-être même que ça rendrait ton existence un peu plus constructive.

Le vide.

Tu te laisses complètement aspiré par ce vide. En te levant le matin, la seule chose dont tu as envie, c'est d'aller te recoucher. Tu te traînes dans l'appart toute la journée, du frigo à ton lit, un petit tour à la salle de bain, aux toilettes, et re-sous la couette. Tu prends ton pc sur les genoux, c'est plus pratique pour écrire. Tu te dis que ça, au moins, c'est constructif, mais c'est faux. Pourtant, quand tu écris, ça te soulage. Pas autant que la masturbation, mais plus longtemps, plus profondément. Quand tu as fini une page, tu es content, et c'est comme si les couleurs revenaient dans un univers tout en grisaille. Ton visage est tout le temps crispé, néanmoins, lorsque tu écris, ça fait du bien, alors tu te détends, tu te calme. Tu inspires.

Tu ne ressens rien, et quand tu le couches sur l'écran de ton ordinateur, ça te fait éprouver quelque chose, tu ne sais pas quoi. Ça vient comme ça. Tu expires.

Tu n'arrives plus à ouvrir un bouquin. Tu n'as pas l'envie, tu n'arrives même plus à t'évader.

Tu n'as pas d'inspiration. Tu ne trouves pas LE sujet sur lequel écrire. Alors tu écris pour ne rien dire, c'est pas grave, tu pourras toujours l'effacer plus tard si ça ne te plaît pas. C'est tellement mal rédigé, tellement maladroit, sans aucun style. Est-ce que la dépression tue le style ?

Est-ce que tu es déprimé ? Ton entourage te dit que oui, que tu vas très mal, mais tu refuses d'écouter. A une époque, tu aurais pu trouver réconfortant qu'on s'occupe de toi, mais maintenant, tu veux juste qu'on te laisse tranquille.

Pour se faire, tu t'isoles.

Tu ne sais pas où ça mènera. Tu n'as pas d'envies suicidaires, tu n'as pas spécialement envie de mourir.

Tu veux juste aller te coucher. Dormir.

Ne plus penser à rien.

Ton quotidien est monotone. Tu t'ennuies.

Alors tu passes ton temps à ne rien faire, tu deviens un professionnel de la flemmardise.

Parfois tu sors. L'air frais te fait du bien, et tu pousses le vice jusqu'à prendre des résolutions (À partir d'aujourd'hui, je ferais une demi heure de marche à pied par jour ! Ce soir, j'appelle un pote pour qu'on aille boire un verre. Dès demain, je prend rendez-vous chez un psy !...).

Sauf que c'est temporaire, et une fois rentré chez toi, tu te demandes bien à quoi ça sert de se démener. La vie est trop longue. Tu pourras toujours faire ça un autre jour.

Des fois, tu restes dans le noir pendant des heures, avant de te rendre compte qu'il fait nuit. Mais comme sortir du lit est impossible, tu n'allumes que ta lampe de chevet. Après tout, il fait nuit, pas besoin d'allumer la lumière, tu vas bientôt aller te coucher.

Parfois, tu te fais peur : tu t'ennuies tellement que tu bug. Tu fixes ton écran, les mains figées au dessus du clavier, et tu ne sais plus quoi faire. Alors tu ne fais plus rien. Tu bug.

Tu essayes d'éviter de te retrouver dans ce genre de situation. Tu ouvres frénétiquement des fenêtres qui ne servent à rien, tu lances des programmes, tu ouvres des fichiers textes. Tout plutôt que ce vide qui t'aspire irrémédiablement.

Il n'y a rien pour te sortir de la mélasse dans laquelle tu t'enfonces progressivement. Pas de porte de sortie, pas de main amicale se tendant pour te porter secours. Même s'il y en avait...la porte est cadenassée, et la main, tu n'en veux pas. Tu ne veux personne, tu ne veux rien, ni aide ni salut.

Donc tu te noies.

Les dettes s'accumulent, l'argent devient rapidement un problème. Tu préfères jouer l'autruche : un problème ? Quel problème ? Je ne vois aucun problème.

Tu te plantes devant la télé et tu regardes une comédie qui te fait rire. Une fois la télévision éteinte, tu as déjà oublié comment tu riais cinq minutes auparavant.

Tes problèmes te reviennent en pleine figure, et ta solitude. Ça ne te donne jamais envie de pleurer : tu es détaché de tout, rien ne te touche. Ou alors, tout te transperce. Tu es comme un fantôme, une ombre pâle de toi-même.

Comment en es-tu arrivé là ?


Date: 2012-11-16 10:15 pm (UTC)
From: [identity profile] banana-croco.livejournal.com
Oui, je comprends pour le tutoiement, perso j'aime bien mais parallèlement ça me met quand même vachement mal à l'aise, on a systématiquement le sentiment d'être passé au scan et/ou qu'on nous balance nos quatre vérités. Alors je peux imaginer que de l'écrire toi-même, ça a dû être encore plus éprouvant... ^^
Je pense aussi que ça a une porte universelle ce genre d'écrits ; d'ailleurs je l'ai fait lire à une amie, et elle m'a dit qu'elle s'y retrouvait énormément aussi. Mais je ne trouve pas ça forcément inquiétant, au contraire ça veut dire que je ne suis pas un cas isolé et que c'est bien humain tout simplement !

Profile

andysss: (Default)
andysss

February 2024

S M T W T F S
    123
45678910
11121314151617
18192021222324
2526272829  

Most Popular Tags

Style Credit

Expand Cut Tags

No cut tags
Page generated Mar. 12th, 2026 08:03 pm
Powered by Dreamwidth Studios